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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 08:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  DANTON (26 / 52)

 

Jean Marie Roland de la Platière

 

 

 

AVEC ROBESPIERRE CONTRE ROLAND :

OCTOBRE 1792

 

 

 

 

    Danton, attaqué de plus en plus violemment par les Girondins, n'a pourtant pas renoncé totalement à prendre des initiatives destinées à favoriser la conciliation au sein de la Convention. Dans le même temps, il ne cesse de se rapprocher des Montagnards à qui il s'est efforcé de donner des gages de sa loyauté. D'ailleurs, le camp d'extrême gauche se resserre : Brissot est exclu des Jacobins le 10 Octobre. Danton, le même jour, est élu à la Présidence du Club. C'est lui qui accueille, en grande pompe, le général Dumouriez, le général patriote, venu à Paris se réconcilier avec les Girondins et savourer les fruits de ses récentes victoires notamment la victoire de Valmy du 20 septembre 1792 qui, à l’époque, avait été la première victoire remportée par les troupes de la révolution.

    Danton ne tarit pas d'éloges pour ce héros qui s'apprête à « sauver les peuples de la tyrannie ».

 

« Revenez vite parmi nous ! » s'écrie Danton à l'adresse du général, « et votre nom figurera dans les plus belles pages de notre histoire.. »  (1)

 

    Avec Dumouriez, le tribun a conduit beaucoup de tractations secrètes, notamment avec la Prusse. Ils auraient bien voulu amener les prussiens à signer un traité de paix séparé avec la République. Et l'on n'était d'ailleurs pas loin d'aboutir lorsque la Prusse avait effectué un revirement brutal et imposé comme condition de traiter avec le Roi de France!.... Malgré l'échec de ces négociations, Danton et Dumouriez s'apprécient mutuellement et font preuve d'une grande complicité. La confiance de Danton envers le général ne faillira jamais, même quand ce dernier sera soupçonné de trahison.

 

    De plus en plus lié à la Montagne, tendant cependant la main à la Gironde mais sans manquer de rendre coup pour coup quand on l'attaque, Danton a certainement cru sincèrement qu'un rapprochement était possible et que ce rapprochement était dans l'intérêt de la République. C'est le 29 Octobre, à la Convention, qu'il va faire une ultime tentative. Ce jour là, Roland présente le rapport, demandé par l'Assemblée, sur la situation des autorités de la capitale. Le Ministre de l'Intérieur accuse la Commune et certains membres de la Montagne d'entretenir l'anarchie qui règne dans Paris. Plusieurs députés Girondins s'en prennent à Robespierre*, l'accusant à nouveau d'aspirer à la dictature, et demandent l'envoi du rapport de Roland dans les départements. L'espoir secret de la Gironde est toujours de dresser les départements de province contre la capitale. Robespierre* répond; puis Danton, également mis en cause, monte à la tribune :

 

«  J'ai peine à concevoir comment l'Assemblée hésiterait à fixer décidément à un jour prochain la discussion que nécessite le rapport du ministre. Il est temps enfin que nous sachions de qui nous sommes les collègues; il est temps que nos collègues sachent ce qu'ils doivent penser de nous. On ne peut se dissimuler qu'il existe dans l'Assemblée un grand germe de défiance entre ceux qui la composent (..) »

«  Si j'ai dit une vérité que vous sentez tous, laissez m'en tirer les conséquences. Eh bien, ces défiances, il faut qu'elles cessent; et s'il y a un coupable parmi nous, il faut que vous en fassiez justice. Je déclare à la Convention et à la nation entière que je n'aime point l'individu Marat*; je dis avec franchise que j'ai fait l'expérience de son tempérament : non seulement il est volcanique et acariâtre, mais insociable. »

«  Après un tel aveu, qu'il me soit permis de dire que, moi aussi, je suis sans parti et sans faction. Si quelqu'un peut prouver que je tiens à une faction qu'il me confonde à l'instant ..... » (2)

 

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  DANTON (26 / 52)

 

Charles François du Périer dit Dumouriez

 

 

Déjà le 25 Septembre dernier, Danton avait cru bon de se désolidariser de « l'individu Marat* » qui, effectivement, est de plus en plus isolé au sein de la Montagne. Cette fois-ci, il le fait encore plus clairement. Puis, il en vient au rapport présenté par Roland :

 

«  Sans doute il est beau que la philanthropie, qu'un sentiment d'humanité fasse gémir le ministre de l'Intérieur et tous les grands citoyens sur les malheurs inséparables d'une grande révolution, sans doute on a le droit de réclamer toute la rigueur de la justice nationale contre ceux qui auraient évidemment servi leurs passions particulières au lieu de servir la Révolution et la liberté (..) »

«  Si chacun de nous, si tout républicain a le droit d'invoquer la justice contre ceux qui n'auraient excité des troubles révolutionnaires que pour assouvir des vengeances particulières, je dis qu'on ne peut pas se dissimuler que jamais trône n'a été fracassé sans que ses éclats ne blessassent quelques bons citoyens; que jamais révolution complète n'a été opérée sans que cette vaste démolition de l'ordre des choses existant n'ait été funeste à quelqu'un; qu'il ne faut donc pas imputer, ni à la cité de Paris, ni à celles qui auraient pu présenter les mêmes désastres, ce qui est peut être l'effet de quelques vengeances particulières, dont je ne nie pas l'existence; mais ce qui est plus probablement la suite de cette commotion générale, de cette fièvre nationale qui a produit les miracles dont s'étonnera la postérité. »  (3)

 

    L'évocation des massacres de Septembre est très habile de la part du tribun. Certes, il reconnaît qu'il y a eu des excès mais il en minimise l'importance et surtout il les explique comme étant indissociable de cette « commotion générale »  qui a permis de renverser le trône et de faire triompher la liberté.

 

« Pénétrez vous de cette vérité qu'il ne peut exister de factions dans une République; il y a des passions qui se cachent; il y a des crimes particuliers; mais il n'y a pas de ces complots vastes et particuliers qui puissent porter atteinte à la liberté. Et où sont donc ces hommes que l'on accuse comme des conjurés, comme des prétendants à la dictature ou au triumvirat ? Qu'on les nomme ? Oui, nous devons réunir nos efforts pour faire cesser l'agitation de quelques ressentiments et de quelques prétentions personnelles; plutôt que de nous effrayer par de vains et chimériques complots dont on serait bien embarrassés d'avoir à prouver l'existence. »

« Je provoque donc une explication franche sur les défiances qui nous divisent, je demande que la discussion sur le mémoire du ministre soit ajournée à jour fixe, parce que je désire que les faits soient approfondis, et que la Convention prenne des mesures contre ceux qui sont coupables. »

« J'observe que c'est avec raison qu'on a réclamé contre l'envoi aux départements de lettres qui inculpent indirectement les membres de cette Assemblée, et je déclare que tous ceux qui parlent de la faction Robespierre* sont à mes yeux ou des hommes prévenus ou de mauvais citoyens. Que tous ceux qui ne partagent pas mon opinion me la laisse établir avant de la juger. Je n'ai accusé personne et je suis prêt à repousser toutes les accusations. C'est parce que je m'en sens la force et que je suis inattaquable que je demande la discussion pour Lundi prochain (..) »

« Ainsi, les bons citoyens qui ne cherchent que la lumière, qui veulent connaître les choses et les hommes, sauront bientôt à qui ils doivent leur haine, ou la fraternité qui seule peut donner à la Convention cette marche sublime qui marquera sa carrière.. »  (4)

 

 

    Danton ne pouvait guère aller plus loin dans son ultime tentative de réconciliation avec la Gironde. Cette main tendue à l'adversaire lui sera d'ailleurs reprochée dans le rapport établi par Saint-Just* lors de son arrestation.

 

    Malgré des efforts méritoires, il ne sera pas entendu. La lutte engagée entre les deux groupes dominants de la Convention ne cessera de s'exacerber. Une lutte sans merci pour le pouvoir....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)   cité par Frédéric BLUCHE  "Danton"  op. cit. Page 241

 

(2)   cité par Hector FLEISCHMANN  "Discours civiques de Danton" op. cit. Pages 28 à 32

 

(3)   idem

 

(4)   idem

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE :

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : DANTON (27/52)

 

LA LIBERTE RELIGIEUSE : NOVEMBRE 1792

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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