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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 18:30

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Élections locales ce dimanche 13 mai en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Le Land le plus peuplé d’Allemagne vit au rythme des emplois précaires, de la rigueur et des salaires bloqués.

Depuis l’élection de François Hollande, il se dit qu’un vent nouveau soufflerait sur l’Europe. Il semble pourtant qu’il ne soit pas arrivé jusqu’à cette tribune vers laquelle Angela Merkel s’avance. Vendredi 11 mai dernier, la chancelière est venue à Düsseldorf prêter mainforte à son ministre Norbert Röttgen, en difficulté dans les sondages. Celui-ci conduit la liste CDU, le parti de Merkel, aux élections régionales de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (NRW), qui se déroule dimanche 13 mai.

Dans son discours, "Mutti", qui joue pourtant gros sur cette élection, est aussi grise et austère que le ciel qui recouvre la ville : "Je sais que ce n’est pas facile mais il faut continuer à faire des économies. La situation européenne l’a prouvé : on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on gagne. Mettre un frein à la dette, c’est s’assurer de solides finances dans le futur."

Rigueur et soutien indéfectible au secteur privé

Que les mesures favorisant la croissance prônées par le nouveau président français semblent loin! Rien d’étonnant pour Christian Wey, économiste à l’université de Düsseldorf : "Les premières mesures annoncées par Hollande ne convainquent pas vraiment les Allemands. Bloquer les prix à la pompe, augmenter les aides sociales. Ça ne semble pas très réaliste chez nous." Pas réaliste mais peut-être nécessaire, surtout ici en NRW, traditionnelle terre de gauche.

Le Land le plus peuplé d’Allemagne cumule 180 milliards d’euros de dettes. À 8,5%, le taux de chômage est plus élevé que la moyenne nationale de 7%. Et pour ceux qui travaillent, les dernières années de croissance n’ont pas été vraiment profitables : pour favoriser le dynamisme des entreprises, les salaires ont été bloqués. Aujourd’hui, les salariés de plusieurs branches voudraient gagner plus. IG Metall, le puissant syndicat national de la métallurgie, a entamé un bras de fer avec le patronat pour une augmentation de salaires de 6,5%. Très pragmatique, le gouvernement a concédé qu’une hausse des salaires était peut-être souhaitable. Merkel a aussi accepté l’idée de créer un salaire minimum qui n’existe pas de façon généralisée. Mais sur le fond, elle campe sur ses fondamentaux, ceux qui font sa popularité : rigueur et soutien indéfectible au secteur privé. En clair, la conservation du fameux modèle allemand, où l’entreprise et sa productivité restent la priorité, où l'"économie prime sur le politique", selon les termes d’Isabelle Bourgeois, chercheuse au Centre d’information et de recherche sur l’Allemagne contemporaine.

Un vrai dialogue avec les syndicats

Erndtebrück, petite commune perdue dans un vallon de pins, au sud-est du Land. C’est ici qu’en 1936 est née EEW. Cette entreprise produit des tuyaux en acier principalement pour le secteur pétrolier. L’archétype de l’entreprise qui porte la croissance outre- Rhin depuis deux ans : une PME familiale, tournée à 99% vers l’export, où l’on insiste sur la haute qualité de ses produits, où l’on forme des apprentis et l’on consacre beaucoup d’argent à l’innovation. La compagnie (1.400 employés) affiche un chiffre d’affaires 2011-2012 de plus de 800 millions d’euros, en hausse de 23 % par rapport à l’exercice précédent. Christoph Schorge, troisième du nom, qui succèdera un jour à son père, a le triomphe modeste: "Ce succès, nous le devons surtout à nos employés et aux bonnes relations que nous avons avec les syndicats." Rüdiger Mettbach, représentant d’IG Metall, acquiesce : "C’est vrai qu’il y a un vrai dialogue ici, les choses se passent bien."

En avril dernier, le patron a concédé une augmentation de 4,2 % à ses ouvriers, plutôt bien payés: au minimum 2.000 euros par mois net. En échange, ils se doivent d’être flexibles. "Nous avons eu dernièrement une commande exceptionnelle, raconte le directeur technique en déambulant dans les unités de fabrication. Avec l’accord des syndicats, nous avons demandé aux ouvriers de travailler plus, notamment le week-end. Certains nous ont dit qu’ils étaient crevés... Mais ils sont disciplinés et savent que ce qui est bon pour l’entreprise est bon pour eux." Christoph Schorge dit aussi refuser de faire appel à un trop grand nombre d’intérimaires. "Il s’arrange un peu avec la réalité, corrige en privé le syndicaliste. Il y a six ans, on a fait une grève. Une de nos revendications était de limiter le nombre d’intérimaires à 20..."

75 % des embauches sont des emplois précaires

Au cours des dernières années, le modèle allemand s’est aussi construit sur une réforme radicale du marché du travail. À l’ancien système, très protecteur pour le salarié, s’est greffé un autre, plus souple pour les entreprises, où se concentre une main-d'œuvre volatile. "La grande malice a été d’affaiblir les syndicats en créant ce second marché, basé sur l’intérim, le temps partiel et l’externalisation", souligne l’économiste Christian Wey.

Selon lui, 75 % des emplois en 1996 étaient des emplois stables en CDI. Ils ne représentaient plus que 56% en 2009 (38 % dans l’est du pays). "Depuis la crise de 2008, 75% des embauches sont des emplois précaires", explique Achim Vanselow, de la confédération syndicale allemande. À côté de cela, les mini-jobs, ces boulots à 400 euros par mois, créés lorsque le pays connaissait un fort taux de chômage, se sont développés. Conséquence de cette nouvelle politique : les inégalités se sont creusées, 15% des Allemands sont considérés comme travailleurs pauvres et beaucoup de ces nouveaux précaires cumulent plusieurs emplois pour pouvoir boucler leur fin de mois.

À l’image d’une partie de la gauche allemande, Sylvia Löhrmann, actuelle vice-présidente de NRW et candidate du parti Vert à l’élection d’aujourd’hui, estime que l’Allemagne ne pourra pas continuer sur la pente libérale et se dit persuadée que l’élection française a changé la donne. Un espoir qu’elle résume ainsi : "Le système Merkozy, c’est bien fini."

 

Source : Le Journal du Dimanche – 13-05-2012

 

 

 

 

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