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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 05:39








Le président est rentré précipitamment dans son pays en raison d'un risque d'embrasement du Nord-Ouest musulman chinois.

 

Sur les marches occidentales du pays, la situation est jugée assez grave pour que «l'Empereur» rentre précipitamment d'outre-mer. Les émeutiers d'Urumqi peuvent déjà revendiquer ce fait d'armes inédit, avoir forcé le président chinois à renoncer à une réunion des grands de la planète, puisque Hu Jintao a fait une croix sur le G8 qui s'ouvrait mercredi pour reprendre les rênes de la crise du Xinjiang.  

La situation inquiète au plus haut point les dirigeants communistes. Non seulement les émeutes de dimanche, qui ont fait plus de 156 morts et 1 000 blessés, sont les plus violentes qu'a connues la Chine depuis bien longtemps, mais la fièvre est loin de retomber. Pékin craint par-dessus tout un embrasement de toute la grande province du Nord-Ouest musulman chinois. Mercredi 8 juillet, des informations non confirmées faisaient état de manifestations et de deux morts même dans la ville de Kachgar. Et les organisations ouïgoures en exil parlent de 400 morts, essentiellement de leur communauté.

 

À l'hôpital général d'Urumqi, les 3e et 7e étages débordent de blessés, au nombre de 200. La géographie des lieux dit la folie qui s'est emparée de la ville. Il y a trois lits par chambre, et chaque pièce est soit han, soit ouïgoure. Seul le couloir où sont alignés les blessés en surnombre est «intercommunautaire». Un père han veille sur son fils de 14 ans, blessé grièvement à la tête dimanche soir. Il avait eu la malchance de se trouver sur le chemin des émeutiers ouïgours, alors qu'il rentrait chez lui après avoir dîné chez des amis. Les sales blessures des patients hans en disent long sur le déchaînement des émeutiers ouïgours de dimanche. Mais la «riposte» a été aussi aveuglément violente. Jeune ouïgour de 28 ans, manutentionnaire dans un centre commercial, Amati gît sur un lit sous l'œil de son frère cadet. Son visage est lardé de vilaines cicatrices rougeâtres et il souffre d'une grave fracture du crâne, après avoir été attaqué mardi soir par plusieurs dizaines de Hans. 
 

Terreur dans la ville

Dans les rues, la tension est encore vive, la ville connaissant scènes de lynchage et mouvements de foule des deux communautés, malgré un écrasant dispositif militaro-policier. Sur la grande avenue Xinhua-Nanlu, séparant grossièrement les quartiers hans et ouïgours, des dizaines de blindés et des centaines de policiers ou de soldats sont déployés. Plus de 20 000 hommes ont été acheminés en renfort, et on peut voir au hasard des rues des unités militaires arrivées de la province du Gansu ou des escouades de policiers venus de la province du Liaoning.

Non loin de la place du Peuple, des forces anti-émeutes s'emploient à disperser une foule d'un millier de manifestants hans, protestant contre l'arrestation de deux personnes impliquées dans les vengeances anti-ouïgoures. Dans une ruelle du quartier ouïgour d'Erdaoqiao, Abdullah raconte la terreur de la veille, quand des centaines de Hans armés de barres de fer, de couteaux et de hachoirs ont déferlé. «Ils sont venus à quatre reprises, raconte Abdullah, et la police les a laissés faire. Un enfant a été tué.»

Un peu plus loin, c'est une foule de 200 Ouïgours, certains armés de bâtons, qui se livrent à un long et tendu face-à-face avec la police à qui ils reprochent de ne pas les avoir protégés. Plusieurs membres de la communauté ont été victimes de terribles passages à tabac hier, malgré l'intervention rapide des forces de l'ordre.

Le retour du président Hu Jintao montre que lui seul peut arbitrer les décisions entre les différents acteurs politiques et des forces de sécurité. L'affaire s'annonce délicate. Les soubresauts d'Urumqi sont un sérieux coup de canif dans le tableau idéalisé de la société harmonieuse, et leur poursuite serait désastreuse à quelques semaines de la célébration des 60 ans de la République populaire. Dans le même temps, comme sur le dossier du Tibet, le clan conservateur du régime est en embuscade et toute faiblesse ou faux pas lui donnerait des armes pour déstabiliser le tandem au pouvoir, Hu Jintao-Wen Jiabao.






Source : lefigaro.fr  09-07-2009 

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Published by jp echavidre - dans Le MONDE en marche..
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