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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 11:19









Il s'éloigne le temps du « consensus mou » version François Hollande au PS. Face aux coups de boutoir répétés du député-maire socialiste Manuel Valls à l'encontre de son parti, la première secrétaire Martine Aubry a décidé de réagir par la manière forte, en envoyant lundi un courrier, que s'est procuré mardi Le Parisien, lui intimant de choisir son camp :


« Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste. »

 

La réponse de l'intéressé a d'abord été laconique : « Je ne quitterai pas le PS, pas plus que je ne vais me taire », a-t-il assuré ce mercredi au Monde. Avant qu' Europe 1 ne rapporte également des propos de l'élu d'Evry (Essonne) : « C'est du jamais vu, ça augure mal de la suite. Moi qui pensais me calmer, ils ne vont pas être déçus. »


Le député-maire socialiste a cependant répondu plus longuement, par un courrier dont l'AFP a obtenu copie et qui a ensuite été envoyé à toutes les rédactions (alors même que son entourage déplorait que « Le Parisien ait eu connaissance de la lettre de Martine Aubry avant Manuel Valls lui-même »). Pas question pour lui de quitter le parti… ni de désarmer :

« A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti. (…) Ma chère Martine, tu l'auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l'ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche. (…) Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t'informe que j'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs. »


Autant dire que le bras de fer engagé entre les deux têtes d'affiche socialistes ne devrait pas prendre fin rapidement, tant les divergences demeurent fortes entre une Martine Aubry qui souhaite faire parler le PS d'une seule voix et un Manuel Valls qui veut jouer sa propre partition. Une stratégie qu'il a lancée au pas de course depuis maintenant plus d'un an.


 

La disparition du nom du Parti socialiste


 

La première banderille de la série est la plus symbolique. Pour lui donner plus de solennité encore, Manuel Valls l'a plantée dans un livre publié en avril 2008, « Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche ! » (éd. Robert Laffont). Le député-maire d'Evry dit espérer pouvoir « tout remettre en cause », jusqu'au nom du parti :


« Parti socialiste, c'est daté. Ça ne signifie plus rien. Le socialisme, ça a été une merveilleuse idée, une splendide utopie. Mais c'était une utopie inventée contre le capitalisme du XIXe siècle ! »

 

 

L'idée est devenue une marotte pour le représentant de l'aile droite du PS, trop heureux d'être parvenu à secouer le Landerneau socialiste. « Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti socialiste », lui confie également Martine Aubry dans sa missive.


Depuis, pas une interview ou presque ne paraît sans mention du projet. Encore dans Paris Match, début juillet, il réfléchissait à haute voix au nom qu'il souhaiterait pour une nouvelle formation politique, réunissant socialistes, écologistes et centristes :


« On ne peut pas abandonner le mot “gauche” tant il correspond à un choix différent de celui proposé par la droite. Il peut s'appeler le “Parti démocrate de gauche” ou le “Parti de la gauche démocratique”. Mais on peut aussi être imaginatif… J'y travaille et, à terme, on fera peut-être appel à des agences. »

 

 

Les accusations contre Aubry et le parti


 

Si Manuel Valls estime que la lettre de Martine Aubry « est du jamais vu », il est également l'auteur d'une première dans l'histoire socialiste : menacer de porter plainte contre son propre parti. Porte-parole de Ségolène Royal lors de l'élection du premier secrétaire à l'automne dernier, il a violemment pris à parti ses adversaires aubrystes au soir de la victoire de la maire de Lille :


« Je le dis aux militants qui sont là et qui croient, et ils ont bien raison, en la victoire de Ségolène Royal : (…) on veut nous voler cette victoire. (…) Qui plus est, de nombreux observateurs de notre candidate contestent les résultats tels qu'ils ont été proclamés dans la fédération du Nord. (…) Ce qui est en train de se passer ce soir est scandaleux. »


La menace perdurera quelques jours encore, avant que les socialistes s'accordent à ne plus discuter la victoire discutable de Martine Aubry. L'élu de l'Essonne continue toutefois de marteler à qui veut l'entendre que « le Parti socialiste parle une langue morte », et n'a de cesse de s'en prendre frontalement à la première secrétaire. Partout où il peut s'exprimer, y compris sur son blog :


« Martine Aubry nous dit que le Parti socialiste est en ordre de marche pour affronter de nouvelles défaites. Tel le chef d'orchestre sur le pont du Titanic, elle convie les socialistes à bien lire leur partition tout en leur cachant la vérité sur l'ampleur des voies d'eau constatées sur le navire. (…)

Ce n'est pas en réinventant l'eau tiède des valeurs de la gauche que celle-ci a la moindre chance de reconquérir le pouvoir. Martine Aubry se présente comme un adversaire résolu de Nicolas Sarkozy. Pourtant en la lisant, je crains que ce dernier ne se dise : avec une gauche comme celle-là, la droite a de beaux jours devant elle ! »

 

 

La déclaration de candidature aux primaires


 

Autre sujet et autre opposition à Martine Aubry. En se déclarant favorable à des primaires à gauche, Manuel Valls prend le contrepied de la première secrétaire peu favorable à ce processus de désignation du candidat du parti et de toute la gauche à la présidentielle de 2012.


Mais il ne s'est pas arrêté là et a profité de l'affichage de sa position pour aller plus loin encore, en annonçant le premier sa candidature à ces primaires, dès la mi-juin dans les colonnes du Journal du dimanche :


« Si on ne me prouve pas qu'un autre socialiste peut mieux que moi porter le renouvellement -et pour l'instant, je ne vois pas- je porterai ces idées moi-même. Clairement, je serai candidat à des primaires pour représenter les socialistes et la gauche à la présidentielle. »


Martine Aubry peut continuer à fustiger les « initiatives solitaires », Manuel Valls n'en a cure. Au point d'avoir également créé son propre courant, « A gauche, besoin d'optimisme », après avoir refusé d'intégrer la direction du Parti socialiste. La fondation de ce courant, pour l'heure peu étoffé, lui a donné une nouvelle occasion de faire connaître ses ambitions :


« Il ne serait pas absurde et il serait même logique -et quel beau projet pour la gauche- que ce soit le maire d'Evry qui succède en 2012 -en 2012 parce que je ne veux pas attendre 2017- au maire de Neuilly ! »

 

 

L'adhésion à des idées sarkozystes


 

L'adversaire est désormais tout désigné : Nicolas Sarkozy. Mais ce n'est pas à l'homme que Manuel Valls en veut, c'est sa fonction qu'il rêve donc d'occuper. Concernant la politique de l'actuel chef de l'Etat, il critique à l'inverse « l'anti-sarkozysme » ambiant chez ses camarades socialistes… qui le lui rendent bien, en regrettant les points d'accord entre le maire d'Evry et l'ex-édile de Neuilly.


Tous deux aiment les positions hétéroclites, quitte à bousculer jusqu'au au sein de leur propre camp. Sujets de prédilection : la laïcité et la sécurité. Les deux hommes se sont accordés depuis longtemps sur la nécessité de réformer la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

 

Plus récemment, alors que la proposition de loi de lutte contre les bandes venait d'être déposée par celui qui était alors député-maire de Nice, Christian Estrosi, et se retrouvait aussitôt sous le feu roulant des socialistes, le député-maire d'Evry affirmait tranquillement qu'il « voterait en faveur ».


Il n'en faut pas plus pour que Manuel Valls soit continuellement soupçonné d'être au bord de céder aux sirènes de l'ouverture sarkozyste. Ce qu'il ne manque pas d'alimenter, notamment en participant ce 14 juillet à la garden-party de l'Elysée.


S'il reconnaît avoir été sollicité, il a cependant toujours refusé de participer à cette « entreprise de débauchage ». Au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, il confiait déjà la nécessité démocratique d'avoir « une force de droite et une force de gauche clairement identifiées ».

 

 

 

 

Source : Rue89  15-07-2009

 

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Published by jp echavidre - dans FRANCE Politique
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