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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 07:00

 

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Après les 82 manifestants tués vendredi 22 avril dernier, 13 personnes ont été assassinées le lendemain samedi alors qu’elles assistaient aux funérailles des victimes. La répression ne faiblit pas en Syrie et tout porte à croire que le Président El-Assad s’est engagé dans une voie irréversible. D’ailleurs la condamnation de la communauté internationale est unanime !..

 

Jour après jour, la Syrie plonge un peu plus dans le chaos, l’agitation et le deuil. Vendredi et samedi ont été deux journées d’horreur, alors que le pays aurait dû passer un weekend de célébration pour la communauté chrétienne syrienne. Une fois encore, les forces gouvernementales ont tiré sur la foule, à balles réelles. Après les 82 morts de vendredi, le massacre s’est poursuivi samedi: au moins 13 personnes ont été tuées lors des funérailles des manifestants décédés la veille; 5 personnes ont été abattues par les forces de sécurité dans la région de Deraa (à 100 km au sud de Damas); 5 également à Douma (à 15 km au nord de Damas) par des tireurs embusqués, au moment où passait le cortège funèbre; 3 autres dans la capitale.

"Nous sommes tous en larmes. Notre communauté est mortifiée", confie un habitant d’Ezra, une ville située au sud de Damas où au moins 10 personnes ont été assassinées vendredi. Si Ezra s’est soulevée, comme tant d’autres cités avant elle à travers le pays, c’est pour exiger davantage de liberté et affirmer sa solidarité à l’égard de Deraa, la ville poussiéreuse du Sud d’où est partie la tentative de révolution syrienne, le 18 mars dernier. En près de deux mois, combien de personnes sont mortes en Syrie? Plusieurs organisations des droits de l’homme évoquent le nombre de 300, voire davantage. Recueillis oralement ou filmés, les témoignages font froid dans le dos: dans une vidéo postée sur Internet, un homme raconte comment son fils a été laissé pour mort; dans une autre, un autre père de famille évoque son fils Ammar, poursuivi par les policiers et abattu froidement.

La condamnation internationale

Samedi, de nombreux États ont condamné le jusqu’au-boutisme du pouvoir syrien. "Une répression aveugle et brutale" pour Alain Juppé. "Un recours révoltant à la violence" pour Barack Obama. Qui a ajouté vendredi soir: "Au lieu d’écouter son propre peuple, le président Assad accuse l’étranger, tout en cherchant à obtenir l’aide iranienne pour réprimer les Syriens avec les mêmes tactiques brutales que celles qui sont utilisées par ses alliés iraniens." À travers le monde, la condamnation de la Syrie est unanime. L’ONU a également dénoncé "la violence récurrente" du gouvernement syrien "contre les manifestants pacifiques". Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a réitéré sa demande "d’une enquête indépendante, transparente et efficace sur les raisons des tueries". Même la Russie, interlocuteur privilégié de Damas, a appelé à une accélération des réformes en Syrie.

Deux députés démissionnent en signe de protestation

À l’intérieur du pays aussi, des voix s’élèvent: samedi, en direct sur Al-Jazira, deux députés "indépendants", Nasser Hariri et Khalil Rifaï, ont affirmé avoir démissionné du Parlement pour protester contre la répression sanglante des manifestations. Tous deux sont élus de la région de Deraa.  

Et pourtant: malgré ces condamnations, malgré les dizaines de milliers de personnes dans les rues, Bachar al-Assad ne plie pas. Au point de faire craindre que la tentative de soulèvement syrien ne connaisse pas la même issue que les révolutions tunisienne et égyptienne. À la différence de Tunis et du Caire, Damas n’a pas vu déferler une foule massive, et la population syrienne demeure divisée quant au bienfondé du soulèvement: quand certains appellent à la révolution, d’autres se lamentent de la détérioration de la situation économique.  

 Le peuple a peur

"Je ne soutiens pas ce régime, mais je le préfère encore à un plongeon dans l’inconnu, explique ce marchand de primeurs du centre de Damas. On a la stabilité et la stabilité, ça n’a pas de prix." Rime Allaf, analyste syrien basé à Londres et membre du think tank Chatham House, se montre pessimiste: "Plus le temps passera, plus les gens mourront, et plus il va devenir difficile de renverser le régime." De guerre lasse, peut-être les Syriens se contenteront-ils d’une simple réforme du régime, sans exiger le départ de leur président. De fait, Assad a récemment donné des gages… tout en réprimant son peuple avec une violence inouïe. L’état d’urgence, en vigueur depuis quarante-huit ans, a été levé jeudi et la Cour de sûreté de l’État abolie. Que peut-il faire de plus? "Pas grand-chose, redoute un analyste syrien réclamant l’anonymat. Dissoudre les services de sécurité lui est impossible. Sa survie est entre leurs mains." Fataliste, un habitant d’Hassakeh soupire: "Plus ça va, moins je crois à une issue heureuse. Nous sommes tous plongés dans la peur. Comment savoir ce qu’il va advenir de nous?" Un discours qui met en rage l’un des marcheurs de Damas de vendredi. "Se retirer maintenant signifierait oublier nos martyrs. Je manifeste pour exiger la liberté et le droit à mieux vivre. Mon cousin est mort à Douma il y a deux semaines. Sa disparition a renforcé ma détermination. Il n’y a pas d’autre choix: ce régime est allé trop loin dans la violence."

 

 

Source : leJDD.fr  25-04-2011

 

 

 

 

 

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Published by jp echavidre - dans Le MONDE en marche..
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