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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 16:19

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C’est assez tardivement après son élection que François Hollande a pris conscience de la question du coût du travail en France. On n’est d’ailleurs pas persuadé qu’il considère aujourd’hui que c’est un vrai problème. En tous cas son Premier Ministre considère, lui, que ce n’est pas prioritaire. Alors, François Hollande qui avait commandé un rapport à Louis Gallois, ex-patron de gauche dont personne ne conteste la compétence, a pris ses distances avec les mesures préconisées par le rapport Gallois. Un autre rapport sera commandé pour janvier. Une autre manière de gagner encore un peu de temps. Mais pendant ce temps les plans sociaux s’accumulent, les PME croulent sous les dettes et nos exportations continuent à dégringoler. A tant tarder, les décisions quelles qu’elles soient, risquent d’arriver après la bataille !...

Le feuilleton est loin d’être terminé. Le gouvernement rendra ses arbitrages sur le dossier politiquement explosif de la compétitivité en février. Les positions de l’Élysée et de plusieurs ministres – en désaccord – sont publiques, les grandes lignes du rapport de Louis Gallois sont dévoilées, mais les décisions seront prises l’an prochain. L’exécutif entend se donner le temps d’expertiser toutes les pistes et de mettre le gouvernement au diapason. Il va commander pour fin janvier un rapport au Haut Conseil du financement de la protection sociale, chargé d’évaluer plusieurs scénarios.

Le principe est connu. Il s’agit de réduire les charges sur les salaires pour baisser le coût du travail. En contrepartie, la Sécu serait financée par des impôts. François Hollande a développé ce schéma devant plusieurs visiteurs. Or sa mise en œuvre divise le gouvernement.

Divisions à l’intérieur du gouvernement

S’agissant des cotisations sociales, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, veut concentrer les ristournes sur les bas salaires. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, souhaite les accorder à condition que les entreprises s’engagent à investir. D’autres privilégient un ciblage sur les revenus des catégories intermédiaires et cadres. Le sujet est compliqué à défendre dans la majorité, où le salaire n’est traditionnellement pas conçu comme une charge. "En acceptant de parler de coût du travail, nous sommes tombés dans le piège sémantique du patronat", déplore un ministre concerné par le dossier.

Quels impôts augmenter ?

La bataille fait aussi rage sur les impôts à augmenter. Plusieurs membres du gouvernement font obstacle à la CSG, au motif qu’elle va peser sur le pouvoir d’achat. "Cette idée de bon sens est largement partagée", assure l’un d’entre eux. Bercy a fait assaut de simulations peu engageantes. Le même handicap pesait sur la TVA sociale. Forte de calculs similaires, Christine Lagarde avait, à son époque, prévenu Nicolas Sarkozy de risques inflationnistes.

Le rapport Gallois, qui doit être remis à Ayrault le 5 novembre, fait les frais de ces débats. Il devait préconiser un "choc de compétitivité" : une baisse immédiate et massive des charges. Ce scénario n’a plus cours. "C’est un rapport qui engage son auteur, qui n’engage pas le gouvernement, pas le président de la République", a tranché François Hollande vendredi. "C’est un élément du paysage. Il ne faut pas se focaliser sur un seul point de vue", renchérit un influent ministre. Peut être que de prendre plusieurs points de vue est une position prudente mais l’équation est maintenant parfaitement connue : il faut baisser les charges qui mettent à mal la compétitivité de nos entreprises et donc il faut récupérer « ailleurs » les crédits correspondant. Ailleurs c’est soit des économies de fonctionnement (Louis Gallois a préconisé un plan sévère d’économies), soit l’impôt !.. Il ne faut pas encore trois mois pour trouver une solution !...

Ayrault réunit ses ministres lundi sur la compétitivité

Dans le même temps, début novembre, le Haut Conseil du financement de la protection sociale présentera un état des lieux sur le système français de Sécurité sociale. "Les deux documents ne seront pas forcément convergents", insiste un proche du dossier.

Quelle sera l’ampleur du dispositif? Le chiffre de 40 milliards d’euros a "fuité" de l’Élysée. Le rapport Gallois évoque 30 milliards, selon « Le Figaro ». "Il n’est même pas sûr qu’on aille jusque-là", tempère-t-on au gouvernement. L’effort devra être mesuré au regard des cotisations obligatoires sur les salaires en France, à savoir 230 milliards d’euros dont 80 % pour la part patronale.

Reste que le débat sur le coût du travail occulte les autres déterminants de la compétitivité : les choix stratégiques publics et privés, la recherche, la formation des salariés, les contraintes réglementaires, etc. Jean-Marc Ayrault tient une réunion de ministres lundi 22 octobre à Matignon sur ces sujets, préalable à des décisions attendues le 6 novembre. Et beaucoup moins conflictuelles.

 

 

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