Les parlementaires députés et sénateurs voulaient un « vrai » débat. Le Premier Ministre a tenu parole : le débat a bien eu lieu et il est allé jusqu’au bout. Résultat : chaque composante politique est restée sur ses positions apportant ainsi la démonstration que les affaires de la France ne sont pas prioritaires par rapport à leurs préoccupations doctrinales ou électorales. Le parti socialiste a accepté de ne pas voter le censure du gouvernement contre une promesse de report de la réforme des retraites alors que tout le monde sait que cette réforme, même si elle peut être amendée, est indispensable.
Le Rassemblement National, par la voix de Marine Le Pen ou de son dauphin Jordan Bardella qui, il y a peu, demandaient avec force le retour à la retraite à 60 ans, a voté avec la gauche, le report de la réforme. Leurs contributions au débat sont des propositions d’économies totalement démagogiques : réduction de la contribution de la France à l’Union européenne et, bien sur, coupes dans les dépenses liées à l’immigration !...
La gauche et ses extrêmes de LFI ont leur recette miracle : faire payer les riches, taxer à tout va et... augmenter les impôts. Incapables de se sortir des préoccupations électorales, ils s’imaginent pouvoir revenir au temps de F. Mitterand quand la gauche triomphante décidait la semaine de travail à 35 heures, la retraite à 60 ans, la 5ème semaine de congés payés et la prétendue justice sociale.
Au cours de cette cacophonie budgétaire durant laquelle les Français n’ont rien compris, tous ont menti et devront s’en expliquer lors de la prochaine élection présidentielle. Si l’on veut maintenir notre modèle social avec la situation démographique que l’on connait, il faudra travailler plus pour réduire notre dette et retrouver notre compétitivité.
Les solutions ne sont pas simples mais les pistes sont évidentes et il est urgent de les explorer : on ne peut plus augmenter les recettes par l’impôt alors il faut diminuer les dépenses. Et nous venons encore de perdre une année.
Quelle est la situation actuelle de notre pays?
Si l’on examine de près la répartition des dépenses de notre pays on est quelque peu surpris. Le premier poste de dépenses (et de loin) est le paiement des retraites de la fonction publique. Trois fois le budget de l’enseignement, 8 fois celui de la défense !.. Qui aura le courage de regarder cette question ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les comparaisons avec nos voisins européens sont également éloquentes
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Retraites | 407 Milliards |
| Santé, maladie, invalidité | 324 | |
| Reste de la protection sociale | 171 | |
| Enseignement | 141 | |
| Fonctionnement des administrations | 76 | |
| Transports | 62 | |
| Autres interventions économiques | 61 | |
| Défense | 52 | |
| Charge de la dette | 51 | |
| Recherche et déviloppement | 47 | |
| Loisirs, culture et cultes | 42 | |
| Infrastructures | 36 | |
| Police, pompiers | 36 | |
| Protection de l'environnement | 29 | |
| Energie | 26 | |
| Contribution au budget de l'UE | 25 | |
| Justice | 13 | |
| Agriculture | 7 | |
| Aide économique extérieure | 6 |
Messieurs les parlementaires cessez de dévaluer votre fonction. Prenez vos responsabilités. L’expérience de nos voisins européens, les rapports de la Cour des Comptes, les quelques propositions sérieuses faites par certains de vos collègues,etc.. Tout est sur la table pour mettre en oeuvre des solutions durant les trois ou quatre prochaines années. C’est urgent
Jean-Pierre ECHAVIDRE
Sources : Institut Montaigne à partir des données 2023 Eurostat Comptes Nationaux COFOG
Publié par l'EXPRESS du 04/12/2025
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