Décembre 2025 : Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky tire (à nouveau) la sonnette d'alarme expliquant que les finances de son pays ne lui permettront pas de de résister à l'agression russe en 2026. Les Etats-Unis ont quasiment cessé toute aide financière et le stock d'armes et de munitions s'épuise, l'Ukraine va devoir capituler.
L'Union européenne est alors devenue le seul soutien de Kiev. En ce mois de décembre 2025 les dirigeants européens discutent, depuis des semaines déjà, sur les moyens d'utiliser les avoirs souverains russes bloqués dans les banques de l'UE. Il y a un risque politique, diplomatique et financier à utiliser cet argent. La Belgique, qui en détient près de 80%, est foncièrement opposée à cette solution. D'autres pays comme la France et l'Italie sont du même avis alors que l'Allemagne est prête à franchir le pas. La décision sera finalement prise par le conseil européen : on ne touchera pas aux avoirs russes. Ce qui fera dire à Donald Trump que les dirigeants européens "parlent beaucoup mais ne décident rien".
Mais l'Europe, quoiqu'en pense Trump, tient à assumer ses responsabilités vis à vis de l'Ukraine: l'argent nécessaire, 90 Milliards d'euros, sera emprunté sur le marché des capitaux et prêté gratuitement à l'Ukraine. L'UE paiera les intérêts mais la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie seront exemptées de ces paiements en échange de leur accord sur la proposition. Dans ces circonstances, et alors que des efforts diplomatiques sont déployés en vue d'un éventuel cessez le feu, la décision de l'Union Européenne marque un point crucial :
- Elle démontre à Poutine et à Trump que l'Europe sait décider quand il le faut et que son influence est à considérer,
- Elle confirme à la Russie que son soutien à l'Ukraine est inébranlable malgré la défection des Etats-Unis,
- Elle rassure les autorités ukrainiennes qui, faute de moyens, auraient du accepter des conditions de paix désastreuses pour leur pays et pour l'Europe entière.
Qu'adviendra-t-il de ce prêt ? Les modalités ont été clairement définies entre l'UE et l'Ukraine : Kiev remboursera lorsqu'une paix juste et durable sera revenue et lorsque la Russie aura payé les réparations pour dommage de guerre. Si la Russie ne payait pas les dommages en question, ce qui est fort probable, alors l'UE s'autorisera à puiser dans les avoirs russes qui restent bloqués.
Poutine sait maintenant qu'il doit compter avec l'Europe et que ses conciliabules avec le Président américain ne suffiront pas à lui faire gagner une guerre qu'il a très imprudemment engagée.
Jean-Pierre Echavidre
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