Madame Aubry et son amie de trois mois Ségolène Royale ont toutes deux juré craché que si le Parti Socialiste revenait au pouvoir en 2012, ce qu’elles souhaitent évidemment, elles reviendraient sur la réforme des retraites qui fait tellement débat depuis plusieurs mois. En particulier elles se sont engagées à remettre l’âge de départ à 60 ans !.. Pressées de questions depuis lors, et notamment lors de son passage sur France 2, la semaine dernière, Martine Aubry a bien été obligée de donner quelques compléments d’explications. Pour ne pas paraître comme complètement fantaisiste elle a bien été obligée de dire que, bien sur, elle n’était pas opposée à l’allongement de la durée de cotisation.
Mais alors là, ça coince beaucoup à la gauche du PS : il y a des engagements qu'on n'est pas prêt à prendre. Et en tout premier lieu d’accepter sans rien dire l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans et demi pour financer le système de retraites. Alors, lorsque Martine Aubry a cherché à clarifier la position du Parti socialiste sur la réforme des retraites, jeudi dernier sur France 2, en précisant que les socialistes y étaient favorables, la première secrétaire en a inquiété plus d'un. Les Benoit Hamon et Henri Emmanuelli ne sont pas franchement d’accord avec cette proposition !..
À les entendre, le message est mal perçu en pleine mobilisation sociale. «Avant, dans les manifestations, on n'entendait qu'un “Non à Dominique Strauss-Kahn”. Maintenant, on entend aussi “Non aux 41 ans et demi”», rapporte un membre du courant de Benoît Hamon. Cela grincerait donc. «L'électorat s'interroge sur notre volonté réelle à faire une autre réforme des retraites» que celle du gouvernement, poursuit-on. Le retour à un âge de départ à 60 ans serait une promesse inaccessible pour le plus grand nombre. Et en l’occurrence, le plus grand nombre a raison : car si l’on revient au fameux 60 ans sans allonger la durée de cotisation on condamne le système par répartition et cela tout le monde l’a bien compris. Si par contre on allonge la durée des cotisations alors l’âge de 60 ans devient purement symbolique car personne n’aura plus 41 ans et demi de cotisation à soixante ans. Donc cela revient à baisser les pensions !..
«Martine Aubry va dans le mur», s'alarme donc le maire du XIVe arrondissement de Paris, Pascal Cherki. «Affirmer une position sur les 41 ans et demi, c'est nous mettre en décalage avec la mobilisation sociale. Au moment du contrat première embauche, est-ce qu'on a dit qu'on était d'accord avec une partie du projet du gouvernement?» Dimanche 17 octobre dernier, il a publié sur son blog un message éloquent à destination de la première secrétaire, intitulé: «J'ai un doute». Dans l'entourage de Benoît Hamon, Razzy Hammadi, secrétaire national aux services publics, s'interroge aussi: «La différence avec la droite ne peut pas être une question de curseur.»
Aujourd'hui, la gauche du parti voudrait cependant voir le tir corrigé. Tenu par sa position de porte-parole, Benoît Hamon évite de s'engager. Si le PS a critiqué «l'absence de négociation» du gouvernement, il ne peut pas dire que sa propre réforme ne sera pas discutée, explique-t-il en substance. L'ancien ministre Henri Emmanuelli est plus explicite: «La durée de cotisation doit faire partie de la négociation avec les syndicats» en 2012, affirme-t-il. «Nous n'avons pas à décréter que ce sera comme ceci ou comme cela.» Pour le député des Landes, le PS doit rester en phase avec «les classes moyennes et les classes populaires».
Pour la Première secrétaire du Parti Socialiste qui nous annonçait, il y a quelques semaines, une avalanche de propositions constructives, l’affaire semble un peu ratée. Cela lui apprendra à être un peu plus claire sans ses « propositions » !.. Pour le PS qui veut donner des leçons de concertation à tout le monde cela fait tout de même vraiment désordre !...
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