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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 05:00

 

Angela-Merkel-Nicolas-Sarkozy.jpg

 

Merkel reçoit Sarkozy lundi 14 juin, après un report qui a trahi la mésentente – relative – du couple Paris-Berlin.

 

C’est comme un raccourci du malentendu franco-allemand: chacun a sa version sur le report du dîner entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, initialement prévu lundi dernier et qui doit finalement avoir lieu lundi. Présenté par les Français comme une initiative de la chancelière, et abondamment commenté par la presse hexagonale comme un coup de semonce de Berlin à Paris, le report aurait été une demande de l’Elysée, affirment au contraire plusieurs sources gouvernementales allemandes. La semaine dernière, Angela Merkel, accaparée par les affaires intérieures, était en retard de plusieurs heures sur son agenda; la rencontre aurait eu lieu trop tard pour Nicolas Sarkozy, qui aurait préféré annuler. Le Président français aurait aussi estimé ne pas avoir suffisamment d’informations sur le plan de rigueur annoncé quelques heures plus tôt outre-Rhin – et aurait donc décalé l’entrevue pour mieux aborder la question une semaine plus tard.

 

Les deux dirigeants ont donc eu sept jours de plus pour affiner leur position, qu’ils prétendent commune. Mais il ne suffit pas de s’entendre sur le principe d’un gouvernement économique européen – concession de l’Allemagne à la France et présentée comme une victoire de Nicolas Sarkozy – pour partager les mêmes vues, souligne, ironique, un commentateur avisé proche des milieux d’affaires de Francfort: "Je pense au contraire que c’est l’Allemagne qui a gagné: quand il s’agira de définir les grandes lignes de cette politique commune, Berlin, avec son poids économique et sa meilleure santé budgétaire, imposera plus facilement sa vision."

 

Une période noire dans les relations franco-allemandes?

 

Berlin veut rendre l’Europe plus allemande, traduiront les autres pays du continent. Et déjà à Paris, comme à Athènes cet hiver, on s’irrite de cette arrogante Allemagne, "qui pense que tout irait mieux si tous faisaient comme elle". Qui n’hésite pas également à faire cavalier seul si les partenaires ne suivent pas. Une Allemagne distante, en repli sur elle-même, dirigée par une coalition en difficulté qui cherche à reconquérir son électorat, quitte à geler sa consommation intérieure et à freiner la croissance européenne. Des fissures idéologiques se font jour. Hans-Dietrich Genscher, ancien vice-chancelier, ministre d’Helmut Kohl au moment de la réunification et de la mise en place des critères de Maastricht, s’en alarme: "Par le passé, ça n’a jamais été comme si la France et l’Allemagne avaient toujours été d’accord. Mais la conscience d’une responsabilité commune a toujours rendu possible une action conjointe." Aujourd’hui, cette "raison d’Etat" manquerait cruellement.

 

Entrerait-on alors dans la période la plus noire des relations franco-allemandes d’après-guerre? Si l’on excepte les semaines de froid qui conduisirent au violent accrochage Chirac-Schröder lors du sommet de Nice, en décembre 2000, difficile de trouver période plus tendue. A Berlin, on déplore depuis des années l’absence d’un bon connaisseur de l’Allemagne dans l’entourage de Nicolas Sarkozy: Bruno Le Maire, germanophone et germanophile, aurait pu jouer ce rôle; les Allemands n’ont pas caché leur déception de le voir quitter l’an dernier le secrétariat d’Etat aux Affaires européennes, qu’il n’avait occupé que six mois. Le député CDU Gunther Krichbaum, qui siège à la commission Europe du Bundestag, n’a pas cette vision. Pour ce francophile, il faut savoir entre amis se dire des vérités, même désagréables. Ce serait tout au plus la situation actuelle.

 

Dans un numéro d’équilibriste vocal, il semble s’interdire toute critique vis-à-vis de la France, comme son collègue Andreas Schockenhoff, président du groupe parlementaire franco-allemand, que cette attitude rend parfois plus sarkozyste que merkelien. A la chancellerie, on précise aussi qu’au moment d’envisager un report du dîner, lundi dernier, on a jugé qu’une telle entorse aux règles internationales ne pouvait avoir lieu que dans un contexte de grande confiance. En réalité, l’Allemagne a besoin de la France, d’où ces amabilités. Seule, elle ne pourra rénover l’Eurozone à son goût. Au nom de la défense de l’orthodoxie budgétaire, Berlin veut proposer des sanctions politiques radicales pour les pays qui ne font pas d’efforts pour réduire leur déficit : ils pourraient être suspendus de droit de vote à Bruxelles pendant un an. La fronde des PIGS (*) ou autres pays en difficulté semble inévitable. L’Allemagne va devoir trouver des soutiens.

 

(*) Acronyme désignant, en anglais, le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne.

 

Source : lejdd.fr  14-06-2010 

 

 

 

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