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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (3/35)

 

Portrait de Marie-Antoinette en 1769

 

 

 

LES FASTES DE LA COUR DE VIENNE - 1770

 

 

 

   

    Aux premiers jours d'Avril on vient porter, solennellement à Marie-Antoinette un portrait du Dauphin de France. Elle paraît enchantée de ce présent et fait même exposer le tableau dans sa chambre à coucher. Que lui a-t-on dit à propos de son futur époux ? Quelle description lui en a-t-on donné ? On l'ignore totalement. Ce que l'on sait bien, en revanche, c'est le portrait que les Ambassadeurs ont dressé, à plusieurs reprises, à l'Impératrice Marie-Thérèse. Le comte Mercy-Argenteau que Marie-Thérèse a envoyé à Versailles pour lui rapporter dans tous les détails les faits et gestes du Dauphin, a écrit, quelque temps plus tôt au Chancelier Kaunitz (1), qui a fidèlement rapporté ce propos à l'Impératrice :

 

 « ..La nature semble avoir tout refusé à M. le Dauphin. Le prince par sa contenance et ses propos n'annonce qu'un sens très borné, beaucoup de disgrâce et nulle sensibilité… » (2)

   

    Mais la souveraine n'a que faire de ces considérations. Elle ne songe qu'au bien de l'Empire ! ..

 

    Le 14 Avril 1770, l'Impératrice Marie-Thérèse annonce officiellement à ses ministres le mariage de Madame Antoine avec le Dauphin de France. Il fallait que la nouvelle soit officialisée rapidement car on ne veut pas perdre de temps à la Cour de Vienne et c'est le 19 Avril que le mariage par procuration doit être célébré, en grande pompe, dans la capitale autrichienne, selon la tradition.

 

    L'Impératrice reçoit la demande de mariage officielle de Louis XV le 15 Avril. Le roi de France a dépêché à Vienne, pour la circonstance, un Ambassadeur extraordinaire qui, en ce jour de Pâques, à la tête d'un cortège de quarante-huit carrosses richement décorés, traverse les rues de la capitale autrichienne pour venir demander à l'Impératrice de bien vouloir donner sa fille cadette au Dauphin de France. Marie-Antoinette est aux fenêtres de la Hofburg, comme tous les viennois d’ailleurs. 

    Le lendemain 16 avril a lieu la demande officielle au cours d’une séance publique dans laquelle l’Impératrice préside aux cotés de Joseph II. Conformément au protocole, celui-ci fait appeler l’Archiduchesse qui se présente devant l’Impératrice d’Autriche, d’Allemagne de Hongrie et de Bohème et fait une longue révérence. Suit le salut à l’Empereur et, pendant que l’orchestre joue, tous les plus hauts dignitaires de la cour de Vienne peuvent admirer la future mariée étincelante dans sa longue robe blanche.

    Marie-Thérèse s'empresse évidemment de répondre à la demande du roi de France et de lui exprimer la joie qu'elle éprouve à accorder la main de l'Archiduchesse au petit-fils de Louis XV. La date de la cérémonie est d'ores et déjà fixée au mois de Mai de l'année 1770.

    Le 17 avril a lieu la cérémonie traditionnelle de la renonciation  au cours de laquelle Marie Antoinette, devant l’Evangile renonce à tous ses droits de succession au trône d’Autriche. Nouvelle occasion pour la Cour de Vienne de déployer tous ses fastes. L’Empereur après une parade militaire préside un repas où il a convié mille cinq cents invités. Le dîner est suivi d’un bal où, cette fois ce sont plus de trois mille personnes qui ont été invitées. Marie-Antoinette s’amuse beaucoup et va danser une partie de la nuit avec les plus beaux cavaliers de la capitale autrichienne.

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (3/35)

 

Louis XV Roi de France

    Vient le 19 avril  date de la cérémonie du mariage par procuration pour laquelle la cour de Vienne tient absolument à démontrer qu'elle sait rivaliser avec les fastes de la cour de Versailles. Au milieu d'une foule de dignitaires de l'Empire, Marie-Thérèse et son fils Joseph conduisent vers l'autel la jeune princesse Marie-Antoine. Elle a quatorze ans et cinq mois et, bien que son corps soit déjà bien formé, c'est une petite fille, assez frêle, qui prend place à côté de son frère l'Archiduc Ferdinand. Ce dernier représente, pour le temps de cette cérémonie, le petit-fils du roi de France Louis XV, auquel on unit sa sœur par procuration. L’archiduchesse porte une robe argent avec une lourde traine que soutient la comtesse Trautmanndorff. Le mariage est célébré par le nonce du pape.

 

    Le 21, après les fêtes fastueuses données en l'honneur des épousailles, la jeune Archiduchesse quitte Vienne pour Versailles en réprimant avec difficultés quelques sanglots... Une page de la vie de Marie-Antoine se tourne. Elle quitte son enfance, sa famille et son pays pour ne jamais les revoir ! ...

 

    Les larmes de Madame Antoine vont cependant être vite séchées. Le voyage, parcouru par courtes étapes, dans un équipage somptueux, donne lieu à des réceptions et à des fêtes qui la feront, cette fois, pleurer de joie.

    Le 7 Mai, le cortège arrive devant Strasbourg. C'est là que l'Archiduchesse doit être  «remise » officiellement aux Français. On a aménagé, pour la circonstance, un pavillon sur l’île aux Epis au milieu du Rhin. Il comporte deux appartements ; l'un à l'Est, côté autrichien ; l'autre à l'Ouest, côté français. Ils sont séparés par un salon. Après avoir pénétré du côté autrichien, Marie-Antoine abandonne tous ses biens en provenance de son pays d’origine. C’est un des rites de l’Ancien Régime. Elle quitte donc son costume de voyage pour revêtir une somptueuse robe de cour, brodée d'or. Elle fait ses adieux à tous les courtisans qui l'ont accompagné jusqu'ici puis, la porte s'ouvre laissant apparaître la suite française chargée d'accompagner l'épouse du Dauphin jusqu'à Compiègne où l'attend le roi de France. Elle fait la connaissance de la Duchesse de Noailles, Première dame d'honneur de Marie-Antoinette, qui lui prend la main et l'aide à contenir son émotion.

    Après cette cérémonie de la « remise », se succèdent les étapes de Strasbourg, Nancy, ancienne capitale du duché de Lorraine et ville natale de son père, puis c’est Bar-le-Duc, Châlons-sur-Marne, Reims, Soissons, qui ne sont, pour l'Archiduchesse, qu'une succession d'enchantements. Le peuple accourt pour apercevoir la jeune princesse ; elle répond aux vivats et aux acclamations par de petits gestes de la main et par des rires. Elle rayonne par sa grâce et sa beauté et tous ceux qui l'approchent son conquis par son charme. Partout elle est accueillie par les plus grands personnages du royaume ; partout on organise en son honneur des fêtes et des représentations.

 

    Prise dans le tourbillon de la fête, grisée par les applaudissements de la foule qui se presse tout au long du parcours, Marie-Antoinette, l'insouciante, ne réalise pas encore très bien qu'elle vient d'entrer dans un monde qui lui est totalement inconnu.

 

    Elle vient de quitter, sans aucun espoir de retour, le cocon doré de Schönbrunn et l'affection de sa famille pour affronter, seule, la Cour de Louis XV.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) KAUNITZ (Venceslas-Antoine, prince de) : Né en 1711, il entre dans le métier de la diplomatie. Ambassadeur d'Autriche à Turin puis à Paris, il devient Chancelier de l'Empire dont il dirige la politique durant une quarantaine d'années. Homme d'Etat compétent, diplomate avisé, il marque son époque par la qualité des décisions politiques qu'il sera amené à prendre. Il meurt en 1794.

 

(2) Cité par Evelyne LEVER  " Marie-Antoinette " Fayard, Paris, 1991, page 26.

 

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE : 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (4/35) 

 

LA DAUPHINE : MAI  1770

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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