Le président des Etats-Unis a estimé jeudi 6 octobre dernier, lors d’une conférence de presse, que les dirigeants européens n’agissaient pas assez rapidement contre la crise de la dette. Il a par ailleurs accusé la Chine de fausser les échanges commerciaux. Des attitudes qui, selon Barack Obama, nuisent à son pays alors que le président doit faire valider un nouveau plan pour l’emploi.
S’inquiéter du reste du monde pour convaincre du bienfondé de sa politique. Telle semblait être la stratégie de Barack Obama jeudi, lors d’une conférence de presse donnée à la Maison-Blanche. En dressant une situation d’urgence, le président des Etats-Unis a demandé une nouvelle fois au Congrès d’adopter le plus rapidement possible son plan de 447 milliards de dollars pour l’emploi. "Les problèmes que l'Europe traverse aujourd'hui pourraient avoir un effet très réel sur notre économie, au moment où elle est déjà fragilisée", a estimé le dirigeant américain, arguant que son plan aidera "à prémunir contre un nouveau repli de l’activité si la situation européenne devait s’aggraver". Il a ainsi appelé les dirigeants de l’Union Européenne à "agir vite" contre la crise de la dette qui la secoue.
Barack Obama a été plus incisif contre la Chine. Il a notamment accusé son gouvernement de "fausser le système des échanges commerciaux à son avantage et aux dépens d'autres pays, en particulier les Etats-Unis". Et ce, parce que le pays asiatique intervient sur le marché des changes pour dévaluer sa monnaie, le yuan.
Un plan "contre un retour de la récession"
Face à ces "offensives" de l’étranger, il est donc capital, selon lui, d’entériner son projet. "Il soutiendra la croissance économique, il remettra les gens au travail", a indiqué le président, alors que le Sénat – à majorité républicaine – doit se prononcer dans une semaine. "J'espère que tous les sénateurs réfléchiront bien à l'enjeu lorsqu'ils voteront ", a-t-il averti, qualifiant son plan "d'assurance contre un retour de la récession".
Barack Obama n’a pas hésité non plus à prendre en exemple les manifestations de protestation qui se multiplient devant Wall Street, à New York. Elles sont la preuve pour le président d’un "mécontentement" face aux pratiques des banques.
La situation économique des Etats-Unis s’annonce comme l’enjeu prioritaire de la présidentielle de 2012. Si Barack Obama, candidat à sa succession dans le camp démocrate, a reconnu jeudi que l’activité était actuellement en berne dans son pays, il joue peut-être son va-tout dans ce plan. Les mesures qui y sont proposées permettront de créer, selon lui, près de 2 millions d’emplois et de faire baisser le taux de chômage d’un point, alors qu’il est actuellement de 9,1%. Comme pour l’accord sur le plafond de la dette en août dernier, l’adoption de ce projet promet un nouveau bras de fer institutionnel à Washington.
Source : leJDD.fr 06-10-2011
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