La polémique sur les conditions des gardes à vue et leur inflation ne risque pas de s'éteindre. France Info révèle mardi matin qu'une collégienne de 14 ans a été placée en garde à vue pendant onze heures. La préfecture de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête administrative mardi 9 février.
En plein débat sur la garde à vue, France Info diffuse le témoignage d'une jeune fille de 14 ans ayant eu à subir cette procédure. En milieu de semaine passée, une bagarre éclate devant un collège du 20e arrondissement. Anne dit s'être interposée pour séparer deux filles. Surprise, le lendemain, des policiers viennent la "cueillir" au saut du lit, à 10h30, pour la placer en garde à vue dans le commissariat du 20e arrondissement.
En pyjama, l'adolescente demande alors à la policière à pouvoir se changer, ce qui lui est refusé. Elle aurait également été menottée. Et l'officier de police, mécontent des réponses que la jeune fille lui aurait apporté, lui aurait lancé: "Tu vas arrêter de te foutre de ma gueule, sinon je te prolonge de 24 heures". Un traitement qui a choqué la mère d'Anne qui, à 14 ans, est convoquée au tribunal dans un mois pour "coups portés en réunion".
Elle aurait avoué les faits
Contactée par la radio, la préfecture de police n'a ni confirmée ni infirmée les faits. Toujours est-il que les policiers ont respecté la procédure pour les gardes à vue des mineures de treize ans et plus*: les parents ont été prévenus, l'adolescente a été interrogée sous la surveillance d'une caméra et un examen médical a bien été réalisé. Malgré tout, la garde à vue est "disproportionnée", juge la mère de la jeune fille et son avocate dénonce "le manque total de discernement" des fonctionnaires de police.
La préfecture de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête administrative, confiée à l'Inspection générale des services (IGS, la "police des polices"). Mohammed Douhane, un représentant du syndicat policier Synergie, a quant à lui confirmé que la garde à vue avait duré six heures et demi. Il a également expliqué qu'elle s'était passée dans le respect de la procédure car elle faisait suite à une plainte et nie que le jeune fille ait été menottée et emmenée en pyjama. Pour lui, c'est une "non-affaire" car Anne, qui dit-il a reconnu les faits, a "plaisanté" avec les fonctionnaires. Cette "non-affaire" est pourtant une insulte à la démocratie, assure le député PS Claude Bartolone.
*: Avant dix ans, un mineur ne peut être retenu. Entre dix et treize ans, un mineur peut être retenu mais non placé en garde à vue.
Source : lejdd.fr 09-02-2010
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