Christian Jacob a qualifié mardi 9 avril dernier "d'anciens repris de justice" Jean-Marc Ayrault et le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, en raison de leurs condamnations dans le passé. Les socialistes renvoient le chef de file des députés UMP à son passé.
Les tensions sont de plus en plus grandes dans la classe politique après l'affaire Cahuzac. Et les attaques de plus en plus virulentes. Mardi 9 avril, le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a qualifié "d'anciens repris de justice" Jean-Marc Ayrault et le premier secrétaire du PS, Harlem Désir. Devant les caméras dans les couloirs de l'Assemblée nationale, Christian Jacob était alors interrogé sur le rapport Sauvé sur les conflits d'intérêts (janvier 2011) que l'ancienne majorité a par la suite créé "une sanction pénale contre les déclarations de patrimoine erronées", a-t-il ajouté. "Ce rapport, nous l'avons demandé, et moi contrairement à M. Ayrault, je ne suis pas un ancien repris de justice, moi je n'ai pas a été condamné à six mois de prison, ou comme M. Harlem Désir, à 18 mois", a-t-il dit.
A quelles condamnations faisait-il référence? En 1997, Jean-Marc Ayrault avait été condamné à six mois de prison avec sursis et 30.000 francs d'amende (4.600 euros) pour favoritisme dans l'attribution d'un marché public, en l'occurrence le journal municipal de la ville de Nantes, dont il était maire. Dix ans plus tard, il a bénéficié d'une réhabilitation pour cette condamnation, comme le prévoit le Code pénal. Harlem Désir avait été lui condamné en 1998 à dix-huit mois avec sursis pour avoir reçu des salaires fictifs d'une association.
"Des propos de comptoirs détestables"
La sortie de Christian Jacob a provoqué une certaine colère dans les rangs socialistes. "Ces propos de comptoirs sont détestables venant du président d’un groupe qui n’a jamais rien fait pour moraliser la vie publique", écrit Bruno Le Roux dans un communiqué. "Pire, Monsieur Jacob a, personnellement, fait voter fin 2010 un amendement exonérant de toute peine de prison les parlementaires coupables de mensonge sur leur déclaration de patrimoine", rappelle aussi le chef de file des députés socialistes.
Christian Jacob avait alors dû renoncer à déposer un amendement qui prévoyait la suppression de l'incrimination pénale pour les députés qui omettraient sciemment de déclarer une partie de leur patrimoine. Il avait toutefois obtenu que le dispositif soit amputé de la peine de deux ans de prison. Une démarche qui avait alors suscité la colère de la gauche et provoqué un malaise à droite.
Plus récemment, avant que Jérôme Cahuzac ne passe aux aveux, plusieurs députés UMP avaient déposé un amendement proposant un dispositif visant à faciliter le rapatriement les capitaux placés illégalement à l'étranger. Et qui s'apparente pour les socialistes à de "l'amnistie fiscale". Christian Jacob n'apparaît pas cette fois dans la liste des signataires.
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