Conséquence de la politique de rigueur que souhaite mettre en place le gouvernement, les collectivités locales et les ténors du BTP sont contraints de geler leurs projets. Des projets qui auraient pu faciliter la reprise de la croissance mais qui, mis à l’arrêt, risque de plomber encore un peu plus le chômage.
Adieu musées, TGV et tribunaux… La rigueur douche les rêves des élus locaux et des géants du BTP. Les grands travaux sont gelés en attendant des jours meilleurs. Seuls survivent quatre tronçons de lignes à grande vitesse dont les chantiers sont en cours ou signés. L’objectif du gouvernement est une économie globale de 10 milliards d’euros, les investissements et la défense représentent un tiers de cette enveloppe.
Il ne s’agit toutefois pas de coupes au sens strict : la plupart des sommes n’avaient pas été engagées. Aurélie Filippetti (Culture), Christiane Taubira (Justice) ou Frédéric Cuvillier (Transports) ont pointé les "promesses non financées" de leurs prédécesseurs. Les mauvaises nouvelles restent délicates à assumer. "Je ne veux pas être le ministre du renoncement", soupirait un membre du gouvernement parmi les plus touchés.
Le Grand Paris au point mort
Cela ne change pas le résultat. Partagé entre Duflot (Territoires) et Cuvillier, l’emblématique Grand Paris est au point mort. Une enveloppe d’un milliard d’euros de crédits était nécessaire pour accélérer les études. Elle ne viendra pas. Le métro de banlieue ou la liaison CDG Express reliant Paris à l’aéroport Charles-de-Gaulle attendront. Le ministère des Transports est l’une des principales victimes des temps mauvais. À 30 millions d’euros le kilomètre de TGV, l’arbitrage a été rapide. Exit les lignes PACA, Normandie, Limoges, etc. Le canal Seine-Nord est comme d’autres plans renvoyé aux cartons d’une commission d’évaluation. L’ensemble des projets issus du Grenelle devait s’élever à 245 milliards d’euros sur vingt-cinq ans. Or les moyens annuels sont limités à 2 milliards d’euros. Cuvillier se recentre sur "les chantiers de proximité". Il sauve des contournements routiers et des lignes ferroviaires comme le Paris-Belfort.
Justice et pénitentiaire revoient leurs objectifs
Taubira, elle, a tiré un trait sur le nouveau tribunal de Perpignan et sur celui de Lille, qui étaient financés en partenariat avec des investisseurs privés, un montage coûteux à long terme. "Martine Aubry comprend très bien", assure-t-on place Vendôme. Les élus devront trouver d’autres ressources. De même, les 80.000 places de prison promises par Sarkozy sont effacées. La ministre ramène l’objectif à 63.500 (contre 57.000 aujourd’hui), en cohérence avec sa politique de peines alternatives à l’incarcération. Du coup, de nombreux établissements pénitentiaires ne verront pas le jour. Le ministère privilégie le remplacement de prisons vétustes et la rénovation.
Réduction de l’armement
Le Drian (Défense) passe aussi au rabot. Son ministère accuse la plus forte baisse d’effectifs de l’État : 7.200 suppressions d’emploi. Hollande a certes tenu à maintenir les achats de matériels militaires pour ne pas pénaliser l’industrie. Mais cette stabilité conduit les gradés à renoncer à 4,5 milliards d’euros d’armements supplémentaires en 2012 et 2013. La loi de programmation est amputée en attendant un livre blanc qui fixera de nouvelles priorités.
Suite de la rigueur ce lundi 1er octobre. Ayrault invite tout le gouvernement à un séminaire sur la "modernisation de l’action de l’État". Plusieurs ministres devront d’ici l’an prochain proposer des coupes claires. Bercy a programmé pour 2015 des baisses de crédits à l’Emploi, la Culture, l’Écologie, aux Anciens Combattants, à l’Agriculture et aux Affaires étrangères.
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