Au coté de Nicolas Sarkozy, dans un entretien croisé retransmis lundi 6 février au soir dans le 20 heures de France 2 ainsi que sur ZDF, Angela Merkel a soutenu le président français, critiquant frontalement, mais sans le nommer, François Hollande.
Lundi après-midi, lors d'une conférence de presse commune, Angela Merkel déclarait déjà qu'il était "normal" de "soutenir des partis amis" et donc Nicolas Sarkozy. L'entretien qu'elle a consacré, avec le président français, à France 2 et à la chaîne allemande ZDF, retransmis dans la soirée, lui a permis de mettre en pratique son propos. Pendant 25 minutes, alors que Nicolas Sarkozy défendait l'action du tandem franco-allemand, la chancelière a justifié son positionnement dans la campagne présidentielle française : "Il est naturel que je soutienne Nicolas Sarkozy, dans la mesure où il m'a soutenu par le passé." Le locataire de l'Elysée s'était en effet déplacé en 2009, participant à un meeting du CDU/CSU, le parti d'Angela Merkel qui a remporté les élections fédérales cette année.
« Je soutiendrai Nicolas Sarkozy quoi qu’il fasse »
"Nous sommes de la même famille politique", a ajouté la chancelière, qui a toutefois refusé de dire si elle participera à un meeting de campagne de l'UMP. "Je soutiendrai quoi qu'il fasse" Nicolas Sarkozy, a-t-elle conclu, soulignant par cette formule que le chef d'Etat français n'avait pas encore officialisé sa candidature. Sur ce point, l'intéressé a d'ailleurs insisté sur le fait qu'il n'était pas encore en campagne. "J'observe que tout ceux qui entouraient François Mitterrand jusqu'en mars 88 n'étaient pas choqués qu'il ne soit pas candidat", a rappelé le président, oubliant de préciser que le chef d'Etat socialiste était alors en situation de cohabitation.
Une rencontre Hollande-Merkel ? "Rien n'est décidé"
Entre deux échanges de compliments, les deux responsables politiques ont pilonné François Hollande sans le nommer – seuls les journalistes ont prononcé son nom. Ségolène Royal avait été reçue à Berlin pendant la campagne présidentielle de 2007. Rien n'est moins sûr pour François Hollande, a révélé Angela Merkel, lançant un laconique "rien n'est décidé".
A été ensuite évoquée la proposition choc du socialiste : renégocier le traité européen entériné il y a une semaine par Paris et Berlin. Nicolas Sarkozy a été le premier à dégainer : une remise en cause du traité "n'a pas de sens", car "cela engage 350 millions d'européens". Son invitée a abondé en ce sens, en déclarant que l'accord signé par 25 pays membres de l'UE – Royaume-Uni et République tchèque ont refusé – "n'est pas fait que de rigueur mais aborde aussi les questions de croissance". Pour mieux faire comprendre sa pensée, Angela Merkel a fait référence à la Turquie : "Quand je suis arrivé à la chancellerie, je ne voulais pas poursuivre les pourparlers avec la Turquie sur l'adhésion à l'Union européenne, défendus par mon prédécesseur [Gerhard Schröder, Ndlr] (…) Mais les 26 chefs d'Etat se sont mis d'accord sur un dialogue. J'ai donc accepté." A François Hollande de suivre l'exemple. Nicolas Sarkozy, lui, a de quoi jubiler.
Source : leJDD.fr 06-02-2012
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