Donald Trump avec sa politique commerciale irresponsable basée sur l’augmentation des droits de douane pour tous les pays exportant aux Etats-Unis aura atteint ses deux principaux objectifs : contrer la Chine et affaiblir l’Europe. La Chine, comme elle a toujours su le faire, a réagi très rapidement. L’Europe qui doit composer avec ses 27 composantes est plus longue à mettre en oeuvre une riposte.
Pekin connait bien les difficultés que rencontre l’Europe pour adopter des mesures de protections. Empêché d’écouler ses productions aux Etats-Unis, la Chine a battu le rappel de ses entreprises de e-commerce telles que Temu, Ali Baba ou Sheim et organisé un véritable déluge de produits de toutes sortes sur l’Europe occidentale en particulier sur la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique. La principale faille dans laquelle les chinois se sont engouffrés : les « petits colis » dont la valeur est inférieure à 150 Euros et pour lesquels l’Europe n’impose aucun droit de douane et qui sont expédiés directement de la Chine..
Les chiffres sont vertigineux (**)
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4,6 Milliards de petits colis importés dans l’Union Européenne en 2024
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91% viennent directement de Chine
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80% des entrées se font en France, Allemagne, Belgique et Pays Bas
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82 produits sur 1 Million sont contrôlés en moyenne
Pour ce qui concerne la France qui aurait laissé entrer près de 800 Millions de petits colis l’an dernier, le service des douanes a reçu 189 millions de déclarations liées au seul commerce en ligne. Impossible donc de traiter, avec les moyens actuels, un tel volume. Alors, les petits colis entrent sans problème. Ils ne sont contrôlés que pour une infime minorité et pour ceux qui subissent le contrôle on constate souvent que les rapports de conformité sont inexistants ou même qu’ils sont faux.
La Commission européenne a bien voté une taxe de 3 euros par colis pour tenter de ralentir le flux. Mais cela sera-t-il suffisant ? On peut en douter car les prix que pratiquent les plate formes de e-commerce chinoises sont tellement bas que les acheteurs européens continueront a y trouver leur compte.
Alors quelle pourrait être la solution ? Créer une autorité douanière commune au niveau européen. C’est ce que vient de décider Bruxelles. On pourrait ainsi augmenter de façon notable le nombre des contrôles et ainsi refuser tous les produits non conformes à notre législation. Des produits qui souvent sont soit des contrefaçons, soit des produits de mauvaise qualité, voire dangereux, en particulier pour les enfants. Problème une telle autorité ne pourrait voir le jour qu’au début de 2028 ! Et pourtant, le temps presse...
Jean-Pierre ECHAVIDRE
(**) Source :Commission européenne. Rapport parlementaire sur le contrôle des produits importés.
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