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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (4/35)

 

Mariage du Dauphin futur Louis XVI avec Marie Antoinette 

 

 

 

LA DAUPHINE : MAI  1770

  

 

 

 

    Le merveilleux voyage de Marie-Antoinette s'achève le 14 Mai 1770 lorsque le cortège parvient en forêt de Compiègne. Une foule très dense s'est massée au bord de la route pour saluer la princesse, rendant difficile la progression des chevaux. Soudain, alors que le cortège vient de pénétrer dans une très grande clairière, Marie-Antoine aperçoit plusieurs carrosses. Son cœur se met à battre un peu plus fort, ses jambes tremblent lorsqu'elle parvient à distinguer Louis XV, ses trois filles et, bien sûr, son petit-fils Louis-Auguste, venus accueillir la future Dauphine en compagnie d'une bonne partie de la Cour. A peine le carrosse de l'Archiduchesse s'est-il immobilisé qu'elle descend précautionneusement et, ignorant l'étiquette, se précipite vers le souverain et s'agenouille dans une respectueuse révérence.

    Louis XV semble immédiatement séduit. Il se baisse pour relever la princesse et, très souriant, lui adresse quelques mots aimables de bienvenue. Le roi sait apprécier les jolies femmes, et celle-ci ne manque pas de grâce. Mesdames filles du roi, et en particulier Madame Adélaïde, qui n'a jamais vu d'un très bon œil l'alliance franco-autrichienne, réserve à Marie-Antoinette un accueil plutôt mitigé. Quant à Louis-Auguste, qui aura seize ans dans quelques mois, (1) il ne parvient pas à cacher sa timidité et rougit lorsque la Dauphine l'embrasse tendrement sur la joue au mépris, encore une fois, de l'étiquette. Ce sera, pour ce jour-là, sa seule réaction.

 

    Le lendemain, au Château de la Muette, dernière étape avant Versailles, la Dauphine rencontre les frères de Louis-Auguste : le Comte de Provence, futur Louis XVIII, qui est âgé de quinze ans et le Comte d'Artois, futur Charles X, qui n'en a que treize.

 

    Madame de Noailles, chargée d'inculquer à la Dauphine les règles complexes de l'étiquette à la Cour du Roi, n'a pas perdu de temps pour prendre en main la jeune Marie-Antoinette. L'a-t-on déjà prévenue qu'il y avait fort à faire ? C'est elle qui, au cours du dîner qui a lieu au Château de la Muette, va chuchoter à l'oreille de la Dauphine le nom de l'élégante jeune femme blonde remarquée auprès du  Roi : Madame du Barry (2). Marie-Antoinette la trouve tout de suite très charmante.

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (4/35)

 

Portrait de Louis auguste par Jean Michel Van Loo 1769

 

 

    L’Ambassadeur Mercy-Argenteau est, quant à lui, très choqué de la présence de la favorite dans ces circonstances et il en rend compte aussitôt à l’Impératrice d’Autriche :

 

« Il parait inconcevable que le Roi choisisse ce moment pour accorder à sa favorite un honneur qui lui a tété refusé jusqu’alors. » (3)

 

    Au matin du 16 Mai, c'est le départ pour Versailles où le mariage est célébré par l'archevêque de Reims dans la chapelle de Louis XIV où se pressent les courtisans. Après la cérémonie on donne une grande fête au château durant laquelle la Cour du Roi de France brille de tous ses feux. Les jardins de Versailles ont été exceptionnellement ouverts au peuple de Paris pour qu’il puisse admirer le feu d’artifice prévu en fin de soirée. Les pièces d’eau du parc sont illuminées et l’on se bouscule pour tenter d’apercevoir la Dauphine.

    C'est enfin à l'Opéra où a été installé un faux plancher au dessus des fauteuils que doit se terminer la journée par le festin de mariage. Autour de l'immense table richement décorée prennent place les vingt-deux convives qui ont le privilège d'appartenir à la famille royale. Le Roi préside, à sa droite est assis le Dauphin, à sa gauche la Dauphine. Le reste de la Cour, près de six mille invités, se tient en retrait, debout, et regarde !

    Comme à son habitude, Louis-Auguste dévore tous les mets qui lui sont servis provoquant ainsi la remarque ironique de Louis XV :

 

«  Ne vous chargez pas trop l'estomac pour cette nuit ».  

 

 Le marié rit et répond sans se troubler :

 

«  Pourquoi donc ? Je dors toujours mieux quand j'ai bien soupé ! » (4)

 

     Alors que le repas s’achève un terrible orage éclate à Versailles. Coups de tonnerre, pluie violente et vent tempétueux qui empêchent de tirer le feu d’artifice et trempe jusqu’aux os les pauvres parisiens qui doivent rentrer à pied sans même avoir pu apercevoir la Dauphine. Certains y verront un mauvais présage.  

 

    Le repas terminé, les jeunes mariés sont alors accompagnés par le Roi et les dignitaires de la Cour jusqu'à leur chambre. Là, l'archevêque de Reims procède à la traditionnelle cérémonie du coucher : il bénit le lit nuptial puis on aide les jeunes époux à se dévêtir et à passer leur chemise. Ils se couchent et, après que Louis XV ait murmuré quelques recommandations, dont on imagine aisément la teneur, à l'oreille de son petit-fils on tire le rideau qui entoure le lit royal. Toute la cour demeure debout dans la chambre et, après quelques instants, on ouvre à nouveau le rideau pour que chacun puisse constater que le Dauphin de France et sa jeune épouse partagent bien la même couche. Tout le monde se retire alors en silence laissant les deux jeunes gens à leur intimité. C'est alors que le Dauphin.... s'endort... Il ne se passera "rien" dans la nuit du 16 au 17 Mai  (5) ; rien à nouveau dans la nuit du 17 au 18 Mai : le Dauphin dort d'un sommeil profond...

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (4/35)

 

Bal masqué donné à l’occasion du mariage de Louis-Auguste et de Marie-Antoinette dans la galerie des glaces du château de Versailles 

   

 

    Les festivités du mariage vont se poursuivre jusqu'au 30 Mai, date à laquelle Paris accueille les jeunes époux. Un feu d'artifice est tiré en leur honneur sur la Place Louis XV (6) ; une foule serrée a occupé la totalité de la Place et même les rues avoisinantes. A peine le spectacle est-il terminé qu'un incendie éclate dans les échafaudages qui ont été dressés autour de la statue du Roi, au centre de la Place : la panique se répand et il s'ensuit une énorme bousculade. Les Parisiens, massés sur la Place, veulent s'enfuir par les rues avoisinantes ; on se piétine, on écrase pour s'échapper plus vite. Le calme étant enfin revenu, on relève cent trente-deux morts et plusieurs centaines de blessés. Marie-Antoinette qui avait, au moment du drame, déjà pris le chemin du retour fait rebrousser chemin au carrosse qui les emporte. Elle est émue jusqu'aux larmes et demande que l'on remette sa bourse au Lieutenant de Police afin de porter secours aux familles des victimes.

    Le lendemain Louis Auguste, après avoir pris connaissance du rapport établi par le Préfet de police M. de Sartine (7) fait parvenir six mille livres à l’Hôtel de Ville de Paris avec cette lettre :

 

« J’ai appris les malheurs arrivés à mon occasion ; j’en suis pénétré. On m’apporte en ce moment ce que le Roi me donne tous les mois pour mes menus plaisirs Je ne puis disposer que de cela. Je vous l’envoie ; secourez les plus malheureux. J’ai beaucoup d’estime pour vous. » (8)

 

    Ce premier geste vaudra aux jeunes époux, et en particulier à la Dauphine, une reconnaissance durable de la part des parisiens.

 

 

 

 

 

 

 

(1)   Le 24 Août 1790

 

(2)  Jeanne Becu, fille d'Anne Becu et de père inconnu.

 

(3)  Cité par Hortense Dufour « Marie-Antoinette la mal-aimée » op. cit. Page 89

 

(4)   cité par André CASTELOT  "Marie-Antoinette". Librairie Ac. Perrin, Paris, 1962, page 56

 

(5)   C'est le seul commentaire que le Dauphin écrit à cette date dans son carnet intime. On retrouvera ce fameux "rien" pendant de  nombreux mois, sans avoir d'ailleurs la preuve que Louis-Auguste fasse allusion, dans ses notes, à ses rapports avec Marie-Antoinette. Il est beaucoup plus probable que le roi, dans ses carnets, ne consigne que son tableau de chasse du jour.

 

(6)   Actuellement Place de la Concorde.

 

(7) SARTINE (Antoine Raymond Juan Gualbert Gabriel de Sartine (ou Sartines), comte d’Alby) : Né à Barcelone le 12 juillet 1729 mort à Tarragone le 7 septembre 1801.  Homme politique français, conseiller (1752), puis lieutenant criminel du Châtelet (1755), il est lieutenant général de police (1759–1774), et enfin ministre de la Marine sous Louis XVI.

 

(8) Cité par Hortense DUFOUR « Marie-Antoinette la mal-aimée » op. cit. Page 106

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE :

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (5/35)

 

LA COUR DE VERSAILLES : 1770 - 1772

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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