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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 23:30

 

 

 

 

 

 

 

Comme sans doute des millions de Français, et en particulier les parents d'élèves, j'avoue très sincèrement que je n'y comprend plus grand chose dans ce qui agite l'éducation nationale. Le conflit semble s'intensifier. Les protagonistes, ministères, enseignants, syndicats, politiques,.. apportent chacun leur lot d'informations souvent contradictoires, très polémiques, parfois même mensongères. Tant et si bien que même ceux qui ont vraiment envie de comprendre, et je fais partie de ceux là, ont vraiment des difficultés. 

La lecture attentive de la presse apporte quelques réponses mais pas toutes.

 

 

LES FAITS :

 

- La journée du 20 novembre aura réuni probablement beaucoup plus de grévistes que les deux ou trois mouvements précédents. Ce qui semble montrer que le malaise est profond. Mais pourquoi les grévistes, ou leurs syndicats, ne présentent-ils pas clairement, et éventuellement par catégorie (maternelles, primaires, collèges lycées...), d'abord les raisons de leur grève, ensuite leurs revendications.

 

 - Trente trois journées de grève depuis le début 2000 à compté le ministre; 4 jours de grève par an. Je n'ai pas vérifié, mais en tout cas cela montre bien que, de gauche ou de droite, le ministre de l'Education Nationale a bien du mal à faire passer des réformes. Rappelons nous de Claude Allègre dont on ne pouvait mettre en doute les compétences et qui n'avait pas que de mauvaises idées.  

 

 - Tout le monde, et principalement les parents d'élèves, est d'accord pour constater que l'enseignement en France ne rend pas les services que l'on attend de lui. Un pourcentage de quasi "illettrisme" effarant, des formations inadaptées aux emplois, des jeunes qui arrivent à l'Université sans avoir le niveau requis, des jeunes enfants en grande difficulté pour lesquels on ne sait pas trop quoi faire,..

 

 - Donc la nécessité des réformes semble évidente pour tout le monde. Les mêmes sont également d'accord pour dire qu'il y a urgence. Et pourtant la plupart des syndicats enseignants semblent freiner des quatre fers dès que l'on parle de changer quoi que ce soit.  Comment sortir de ce labyrinthe  ?..

 

 - L'urgence  sur laquelle tout le monde s'accorde, a induit un nombre important de réformes, probablement mal expliquées aux intéressés, mises en place sans grande concertation, et avec un peu trop d'empressement et de confusion. Le ministre a sans doute eu tort de ce côté là.

 

- On est bien obligé de croire, comme le ministre, que les "moyens" accordés à l'école ne font pas tout. S'il suffisait d'y mettre des moyens cela se saurait depuis longtemps puisque l'enseignement, primaire et secondaire, au moins, sont la priorité des tous les gouvernements depuis plus de vingt ans et que les résultats produits par le "système scolaire" ne s'améliorent pas.

 

LES PROBLEMES :

 

 

 

 

 

1/ La suppression de postes :

 

C'est un des thèmes principaux de revendication des enseignants toutes catégories confondues.

Ces suppressions de postes concerne, pour l'Education Nationale, 8 500 en 2007, 11 200 en 2008, et 13 500 en 2009. Et notamment parmi les "Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté" (Rased) 3 000 des 11 000 postes seraient supprimés.

 

Pour les syndicats ces mesures traduisent " une dégradation des conditions de travail et annoncent un recours massif à la précarité"

"Pour la première fois dans le premier degré", prétendent-ils, une augmentation de près de 20 000 élèves s'accompagnera de la suppression de 5 500 postes.."

 

Ce que ne disent pas les syndicats c'est que parmi les suppressions de postes à l'Education Nationale beaucoup (mais combien ?) ne sont pas des postes d'enseignants mais d'administratifs. Ce qu'ils oublient également de nous dire c'est que 20 000 élèves en plus dans le premier degré s'accompagnent, en 2008, de 3 heures en moins par semaine (le samedi matin)

Ce qu'ils oublient volontairement de dire c'est que les 3 000 postes Rased ne sont pas purement et simplement supprimés mais les titulaires de ces postes sont remis dans les classes.

Lorsque l'on cessera de se jeter des chiffres à la figure sans avoir, d'un côté comme de l'autre, l'honnêteté de jouer la transparence totale, le dialogue semble difficile.

 

Il faut également rappeler que le ministre, Xavier Darcos, a promis qu'une partie des économies dégagées par les suppressions de postes devait être affectée à la revalorisation des enseignants. 

 

 

 2/ L'absence de dialogue social :

 

D'après le syndicat SE-UNSA : "Les collègues sont excédés de la façon dont le ministre les traite, de la mise en cause de leur professionnalisme, des pressions administratives quotidiennes."

Quant à SNIipp-FSU, il prétend que " c'est le métier et l'engagement professionnel des enseignants des écoles au service des élèves qui sont dévalorisés, critiqués et remis en cause en permanence.."

 

Sans être au coeur du problème on a bien le sentiment que Xavier Darcos n'est pas animé par un sens aigu du dialogue. Il a même avoué, mais d'autres avant lui avaient tenté de le faire sans le dire, qu'il ne voulait pas "co-gérer" avec les syndicats. C'est vrai aussi qu'il semble confondre souvent urgence et précipitation. Il y a des urgences mais toutes les réformes ne l'étaient pas. Sans doute aurait-il d'abord fallu négocier un calendrier.

A sa décharge, il est quand même difficile de dialoguer avec des interlocuteurs qui refusent quasiment toujours tout, critiquent tout et ne proposent rien, sauf "d'augmenter les moyens".

 

Et puis, enfin, dans une entreprise, ce ne sont ni les salariés, ni les syndicats qui définissent la stratégie et il n'y a personne pour s'en offusquer !..

 

 

3/ La réforme du collège et du lycée :

 

Le syndicat des Lycées et des collèges, prétend qu'il ne connait pas les détails de la réforme, tout au moins pour ce qui concerne la classe de seconde des lycées, réforme qui doit entrer en aplication dès la rentée 2009. Et pourtant il dénonce pêle mêle "la mise à l'acart du tronc commun de seconde des enseignements scientifiques, la menace sur les mathématiques et l'histoire-géographie en cycle terminal, la mise en concurrence des disciplines par le jeu des modules, la dispatition programmée des options les moins rentable, la baisse conséquente des horaires du tronc commun en rapport avec l'obligation de mettre en place des activités d'accompagnement dont la pertinence pédagogique reste à démontrer."

 

Là encore, les syndicats ont sans doute partiellement raison. Dans une réforme de cette ampleur, dont, une fois de plus personne ne conteste la nécessité, il y surement des points à corriger. Là encore, le dialogue devrait permettre de rapprocher les points de vue. Mais poser au préalable que tout est mauvais et qu'il ne faut rien changer à ce qui existe, ce n'est pas le meilleur moyen d'engager la discussion !..

 

 

4/ La modification de la carte scolaire :

 

Pour le syndicat SNES-FSU, "l'assouplissement de la carte scolaire renforce la ghettoïsation des établissement scolaires défavorisés."

 

C'est sanns doute vrai. Encore que, tout le monde sait bien qu'avant cet assouplissement de la carte scolaire, les parents d'élèves qui ne souhaitaient pas envoyer leur enfant dans tel ou tel établissement, trouvaient toutes les bonnes excuses pour l'inscrire ailleurs. On a fait bien souvent que régulariser une situation dans laquelle la dérogation faisait loi !..

 

 

5/ Le Service Minimum d'accueil (SMA)

 

Il s'agit, rappelons le, du service de "garderie" qui doit être mis en place par les Mairies, lors des jours de greve des enseignants. Ce service étaient demandé par bon nombre de parents d'élèves, notamment dans les grandes villes. La mise en place a été décidée, la loi a été votée par un parlement démocratiquement élu et, surprise, certaines villes (dont Paris et Toulouse) prétendent qu'elles n'ont pas les moyens d'organiser ce service.

 

On s'aperçoit vite que toutes les villes qui refusent d'appliquer la loi, pour des raisons diverses, sont toutes des villes dont les maires sont de gauche. Un mauvais point pour ces maires car ils sont en train de démontrer ce qu'ils nient depuis des décennies : la politique est entrée dans les affaires scolaires. C'est dommage pour les parents, c'est dommage aussi pour les enseignants, et c'est triste pour les enfants !...

 

 

6/ Les classes maternelles :

 

Le ministre semble vouloir revenir sur l'âge minimum d'admission dans les écoles maternelles. Trois ans pour la maternelle et un "autre système" d'acceuil pour les enfants plus petits. Ce système d'acceuil (à définir) n'étant plus au sein de l'éducation nationale.

 

Le principe en lui même n'est pas totalement stupide. On sait très bien qu'il n'y a pas si longtemps, les enfants n'étaient acceuillis à la maternelle que lorsqu'ils "étaient propres". Et, du fait des difficultés de garde dans les crêches, on a dérivé lentement vers des acceuils à deux ans et demi puis deux ans. Ce n'est pas le même métier que de garder des enfants de deux ans ou d'occuper des enfants de quatre ans.

 

Mais, si l'idée n'est pas mauvaise, il faudra veiller à ce que la garde soit assurée pour tous les enfants. Que le prix à payer pour cette garde ne lèse pas les familles les plus défavorisées. Que si les problèmes de gardes retombent sur les communes, on leur donne les moyens de les assumer correctement.

 

Il faut réfléchir, discuter et surtout ne pas se précipiter. Mais il ne faut pas , dès maintenant, hurler que l'on va vers une "privatisation" de l'éducation nationale.

 

 

 

Voilà les quelques remarques d'un citoyen qui ne souhaite qu'une chose : comprendre. Ce que je voudrais bien aussi c'est que ce soit les enseignants eux-mêmes qui jouent la transparence sur tous ces problèmes. Quoiqu'en pensent certains d'entre eux, les Français dans leur grande majorité, ne leur font pas de procès d'intention. Ils les respectent, ils leur font confiance, ils attendent d'eux la vérité sur bon nombre de questions qui touchent à l'avenir de leurs enfants.

 

 

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Published by jean pierre echavidre - dans FRANCE Politique
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