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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 19:00

 

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Ce vendredi 7 janvier, nouvelle journée d’émeutes à Alger, à Oran, à Tizi-Ouzou… Le gouvernement assure que les prix des produits de base, dont l’augmentation est à l’origine du mouvement, vont baisser. Le pouvoir semble n’avoir pourtant qu’une seule préoccupation : faire cesser les émeutes. Quant aux jeunes qui sont dans la rue, encadrés par aucun syndicat ni aucune formation politique ou religieuse, ils clament leur ras le bol d’une société qui ne leur offre aucune perspective !..

 

L'Algérie s'embrase. Et rien ni personne ne semble en mesure d’éteindre le feu qui s’étend peu à peu dans le pays. Depuis le début de la semaine et davantage encore depuis trois jours, Alger, Oran, Tizi-Ouzou vivent au rythme quotidien des émeutes populaires, nées après une hausse subite des prix de produits de première nécessité, comme l’huile ou le sucre. Hier 7 janvier, le mouvement de révolte, inorganisé et ultraviolent selon plusieurs témoins, a pris une nouvelle ampleur, rappelant celui d’octobre 1988, qui avait fait des centaines de victimes. Ni les messages d’apaisement délivrés par plusieurs imams lors de la traditionnelle prière du vendredi, ni les appels au calme lancés par les autorités hier matin n’auront donc été entendus.

 

Dans la capitale algérienne, qui avait déjà connu jeudi de très sérieux affrontements, plusieurs quartiers se sont à nouveau enflammés. En début de soirée, à Bordj El Bahri, banlieue est de la ville, des affrontements opposaient encore par intermittence les émeutiers aux forces de sécurité et une colonne de fumée noire s’élevait dans le ciel.

 

"Le pouvoir ne comprend que la casse et l’émeute"

 

Ces mêmes scènes, que la télévision nationale a présentées hier soir comme des actes de vandalisme isolés, se sont répétées un peu partout dans le pays: une dizaine de départements sont désormais touchés par la colère sociale. A Annaba, ville à l’est du pays jusqu’ici épargnée par la contestation, les manifestants ont lancé une pluie de pierres sur les policiers avant de couper l’accès à une route conduisant à l’hôpital. Des heurts se sont également produits à Oran. La Kabylie elle aussi est touchée. Des barricades ont été dressées dans le centre-ville de Tizi-Ouzou. Enfin selon El Watan, à M’Sila, au sud d’Alger, des centaines de manifestants ont saccagé magasins et édifices publics; 50 personnes ont été blessées et une centaine d’émeutiers auraient été interpellés. Lors du rassemblement, la foule a demandé à Abdelaziz Bouteflika, le président algérien, de procéder à la dissolution des deux assemblées et au limogeage du ministre du Commerce. A leurs yeux, ces trois institutions ont fait preuve d’incompétence devant la détérioration des conditions de vie.

 

Car si aucune formation politique ou religieuse n’encadre les manifestants, et alors qu’un certain nombre d’émeutiers s’avèrent n’être que de simples casseurs, le mouvement actuel se fonde tout de même sur des motivations politiques et sociales. Il exprime le ras-le-bol généralisé d’une société totalement verrouillée, tenue par un pouvoir vieillissant et autoritaire, et où l’ascenseur social est tombé en panne il y a de longues années. "Le pouvoir ne comprend que la violence, la casse et l’émeute. Tu peux gueuler toute ta vie, aucune autorité ne te prendra au sérieux", grogne Farid, un vendeur de Bab-el-Oued, le quartier d’Alger qui a lui aussi connu de graves incidents ces derniers jours. "Le gouvernement n’offre pas de travail. Comment peut-on gagner notre vie?" Le chômage touche au moins un quart des jeunes de moins de 30 ans (75 % de la population) et la plupart des salaires ne sont pas en accord avec la cherté de la vie. Pour beaucoup de jeunes, trouver un logement reste une mission impossible. Une large partie des Algériens comprend ainsi le désarroi de la jeunesse du pays. Même si certains ne cautionnent pas la violence de ces derniers jours. "Je suis contre la casse, explique un commerçant de Bouzareah, près de Bab-el-Oued. C’est le peuple qui paiera les réparations. Le pouvoir va ponctionner les salaires et augmenter les impôts."

 

Pour l’heure, le pouvoir semble davantage occupé à mettre un terme aux émeutes. Le ministre du Commerce Mustapha Benbada a annoncé la tenue aujourd’hui d’une réunion interministérielle pour tenter de juguler les hausses de prix. Selon lui, ses services "commencent à maîtriser la crise" et sa "résolution" serait "visible dès la semaine prochaine". Plus tôt dans la journée, le ministre de la Jeunesse et des Sports Hachemi Djiar, a appelé les jeunes manifestants à "dialoguer de façon pacifique". En leur demandant de "réfléchir et à voir tout ce qui a été réalisé en Algérie en un laps de temps quand même record". Grâce à la manne pétrolière, le pays a, il est vrai, engrangé des profits importants. Il dispose actuellement de 90 milliards d’euros de réserve de change. La majorité des Algériens attend encore de pouvoir en profiter.

 

 

 

Source : lejdd.fr  08-01-2011

 

 

 

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Published by jp echavidre - dans Le MONDE en marche..
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