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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 15:00

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Angela Merkel a remporté un triomphe historique dimanche 22 septembre dernier aux élections législatives allemandes et un troisième mandat d'affilée de chancelière, frôlant la majorité absolue au Bundestag, selon les résultats officiels provisoires.

A 59 ans, Angela Merkel a confirmé son statut de femme la plus puissante du monde, en devenant le premier dirigeant européen d'un grand pays à être reconduit depuis la crise financière et monétaire qui a secoué l'Union européenne. Dimanche 22 septembre dernier, elle a obtenu l'assurance de conduire un troisième mandat d'affilée de chancelière en Allemagne. Elle a offert à son parti, la CDU, son score le plus élevé depuis la Réunification du pays en 1990 avec 41,5% des voix, en hausse de 7,8 points par rapport à la dernière élection de 2009.

Recul des Sociaux Démocrates et des Verts

Le parti conservateur est arrivé très loin devant le parti social-démocrate (SPD) à 25,7% (+2,7), qui reste proche de son plus bas historique d'il y a quatre ans. Mais l'allié libéral d'Angela Merkel, le FDP, a été éjecté du parlement pour la première fois depuis l'après-guerre, avec son plus faible score jamais enregistré (4,8%). Les Verts sont en baisse sensible à 8,4% (-2,3 points), victimes d'une mauvaise stratégie de campagne et d'une polémique sur la tolérance passée du mouvement envers la pédophilie. La gauche radicale, « Die Linke », a baissé de 3,3 points, à 8,6%. Un nouveau mouvement anti-euro, créé au printemps, a réussi un bon score, à 4,7%, sans atteindre les 5% nécessaires pour avoir des députés. L'AFD ("Alternative für Deutschland") espérait peser davantage en rassemblant un vote protestataire et en surfant sur l'hostilité de nombreux Allemands aux plans de sauvetage des pays européens en crise.

Et maintenant quelles alliances?

Angela Merkel est apparue rayonnante devant ses supporters pour se féliciter d'un résultat "super" et promettre "quatre nouvelles années de succès". Elle a jugé qu'il était "trop tôt" pour se prononcer sur la démarche à suivre en termes d'alliances. Prudente, elle a déclaré qu'il fallait "attendre les résultats définitifs", tout en soulignant qu'on avait "déjà le droit de faire la fête". "La République Merkel", titrait l'édition en ligne du Spiegel, ajoutant: "Deutschland est définitivement Angela-Merkel-Land".

Les Allemands "n'ont pas offert à la chancelière une victoire, mais un triomphe", renchérissait le quotidien de centre-gauche « Süddeutsche Zeitung », évoquant le "Merkelisme". Jamais, depuis le chancelier Konrad Adenauer en 1957, les conservateurs (CDU/CSU) n'ont obtenu la majorité absolue des sièges au Bundestag (chambre basse du parlement). Mais Merkel a échoué de deux sièges sur 598 à rééditer cet exploit, selon les calculs des médias allemands. Elle sera donc en position de force pour négocier une coalition, probablement avec les sociaux démocrates (SPD) -comme lors de son premier mandat (2005-2009)-, ou hypothétiquement avec les Verts.

A gauche, "nous n'avons pas obtenu le résultat que nous voulions"

Dans une telle configuration, elle pourrait sans problème continuer de mener sa politique de sauvetage de l'euro, selon son principe : "solidarité" en échange de "politiques de rigueur". Le SPD et les Verts ont jusqu'ici approuvé au Bundestag avec les conservateurs toutes les mesures d'aides aux pays en difficulté. "L'Europe n'a pas de souci à se faire (...) nous allons continuer à jouer notre rôle de façon fiable", a commenté dimanche soir le ministre des Finances Wolfgang Schäuble. Avec son deuxième plus mauvais score de l'après-guerre, le SPD semble avoir souffert de la campagne ratée de son candidat Peer Steinbrück qui a enchaîné les gaffes et polémiques : tout récemment un doigt d'honneur du candidat en Une du magazine « Süddeutsche Zeitung » a fait de l'ombre au parti.

"Nous n'avons pas obtenu le résultat que nous voulions", a reconnu Peer Steinbrück. Outre la CDU/CSU, trois partis de gauche seraient représentés au Bundestag : le SPD, « Die Linke », et les « Verts », qui pourraient même disposer d'une majorité ensemble. Peer Steinbrück a cependant exclu que son parti noue une alliance avec Die Linke. Angela Merkel a donc été plébiscitée par les 62 millions d'électeurs allemands, qui la créditent d'avoir bien géré la crise de l'euro et d'avoir su protéger la première économie européenne. Elle a vanté durant la campagne la bonne tenue des finances publiques et la baisse du chômage, à seulement 6,8% de la population active, quand ce même indicateur explosait dans beaucoup de pays européens. Aucun de ses homologues en Espagne, en France, en Italie ou au Royaume-Uni, ne s'est fait réélire depuis le début de la crise financière. Seules la Suède et la Pologne sont parvenues à garder les mêmes dirigeants. Dans l'Allemagne d'après-guerre, seuls Konrad Adenauer et le chancelier de la Réunification Helmut Kohl ont réussi à remporter trois mandats de chancelier.

 

Source : leJDD.fr  23-09-2013

 

 

 

 

 

 

 

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