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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 09:00

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LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (1/35)

 

Château de Schönbrunn - Vienne

 

    L'ENFANT DE SCHONBRUNN : 1755 - 1766   

 

 

 

    En ce 2 Novembre 1755, le jour des Morts, une enfant vient de naître à la Cour de Vienne au Palais de la Hofburg. La famille impériale compte un membre de plus et pourtant la ville ne connaît aucune manifestation de joie : on n'entend pas carillonner les cloches de la cathédrale ; pas de liesse populaire, pas de Te deum. Les viennois, eux, savent parfaitement les raisons de cette discrétion : d'abord la date n'est pas propice aux réjouissances ; ensuite, et surtout, la mère du nouveau-né, Marie-Thérèse, Impératrice d'Autriche, Reine de Bohème et de Hongrie, qui n'a pourtant que quarante ans, accouche pour la quinzième.. ou seizième fois ; on ne sait plus très bien ! ...

    Pendant que se déroulait l’accouchement, sans grande difficulté d’ailleurs car la mère a l’habitude, son époux François 1er  de Lorraine et son fils ainé, l’Archiduc Joseph, assistaient à l’office des morts.

 

    L'enfant, est baptisée le lendemain sous les prénoms de Maria, Antonia, Josepha, Johannaa, Marie-Antoinette-Josèphe-Jeanne de Loraine. Ses parrain et marraine sont respectivement le Roi Joseph 1er du Portugal et son épouse la Reine Marie Anne Victoire d’Espagne. Elle est le douzième enfant de la famille. Quatre frères : Joseph, l'héritier du trône d'Autriche ; Léopold, Charles et Ferdinand. Sept sœurs : Marie-Anne, Marie-Christine, Marie-Elisabeth, Marie-Amélie, Marie-Jeanne, Marie-Josèphe et Marie-Caroline. Quatre des enfants de l'Impératrice sont morts en bas âge.

 

    Bien que très absorbée, ce que l'on imagine aisément, par ses couches répétées et par sa nombreuse famille, Marie-Thérèse est avant tout la souveraine qui règne sur ses états de façon tyrannique. Elle exige de ses ministres qu'ils lui montrent tout sur tous les sujets, qu’ils l’informent de tout et qu’elle puisse décider de tout.  Rien d'étonnant donc à ce que l'essentiel de son temps soit consacré aux affaires du pays. Le dernier accouchement qu'elle vient de subir n'interrompt que quelques heures seulement le travail de l'Impératrice. L'enfantement est devenu, pour elle, presque une habitude : elle n'en redoute plus les douleurs et un bref repos lui suffit, après chaque naissance, pour récupérer ses forces. Le lendemain elle est déjà replongée dans ses dossiers et signe à nouveau des décrets.

    Montée sur le trône alors qu'elle n'avait que vingt-trois ans, elle a su déjouer tous les complots, faire face à toutes les intrigues, déclencher les guerres nécessaires quand il le fallait, conclure les alliances utiles aux moments opportuns. Femme de tête, dure au travail, de santé robuste, l'Impératrice, durant toute sa vie va régner sur sa nombreuse famille comme sur ses sujets : chacun devra se plier à ses volontés. Elle n'admettra pas, venant de ses enfants, petits ou grands, garçons ou filles, la moindre contestation. Si elle délègue totalement leur éducation à des gouvernantes et des précepteurs, pour se consacrer entièrement aux affaires de l'Etat, elle exerce une surveillance de tous les instants sur sa famille et sur son personnel. Elle exige qu'on lui rende compte du moindre incident. L'Impératrice règne sur sa maison comme elle règne sur ses états : avec une exigence sans relâche. Marie-Antoine, même lorsqu'elle sera devenue reine de France, sera écrasée, comme ses frères et sœurs, par cette mère abusive, qui dirige tout, contrôle tout et décide de tout.

 

    Son mari, François de Lorraine est, lui aussi, on s'en doute, bien effacé à côté de cette épouse Impératrice dont la personnalité est si forte. Il est d'une grande bonté naturelle et ne manifeste que bien peu de goût pour la chose politique. Il a, évidemment, compris, une fois pour toutes, que son impératrice d'épouse ne lui laisserait pas, dans ce domaine, beaucoup d'initiatives ! Ses seules passions sont la musique, les fêtes, les bals. Accessoirement, il prend plaisir à la compagnie des jolies femmes de la cour. On lui prête même quelques liaisons à propos desquelles l'Impératrice, qui n'est pas dupe, ferme les yeux.

    Marie-Thérèse, pendant très longtemps, va se désoler de constater que sa plus jeune fille Marie-Antoine, à qui elle promet une haute destinée, a hérité davantage du caractère de son père que de celui de sa mère ! .. Car, en fait, Marie-Thérèse n'est pas loin de penser que son époux n'a pas de caractère du tout ! ..

   

    Evincé définitivement des affaires politiques par sa maîtresse femme, François 1er se consacre donc pleinement à l'éducation de ses nombreux enfants. Les Archiducs, en particulier, sont l'objet de toutes ses attentions. Catholique fervent, il leur inculque les principes de sa religion. Il rédige même, à l'attention de l'héritier du trône, une très longue « instruction morale » qui a pour but d'inspirer aussi bien la vie privée que la vie de monarque du jeune homme. Une longue liste de recommandations généreuses qui font quelque peu sourire tant elles contrastent, parfois, avec les pratiques de la souveraine ! ...

 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE (1/35)

 

Château de Schönbrunn - Vienne

 

 

    Car Si Marie-Thérèse ne voit pas ses enfants tous les jours, elle se tient informée très régulièrement de leur éducation et ne manque pas une occasion de prodiguer ses conseils moralisateurs ! 

 

« La vertu est de savoir maitriser son corps. Enfants, soyez conscients de votre rang. Vos ayas (1) doivent à tout prix vous enseigner la distance. Les plus jeunes d’entre vous ne doivent pas être divertis par des grimaces de bouffons, cela est abaissant. Les berceuses si niaises ne mènent qu’à un fâcheux amollissement. Il est à bannir les bouffonnades, les jeux de mains et tout ce qui sent une familiarité déplacée. » (2)

 

    François aura tout juste le temps d'achever ce qu'il se plait à appeler son testament : le 18 Août 1765, il est frappé d'apoplexie alors qu'il vient d'assister au mariage de son fils Léopold. Pour la première fois de son existence, on voit l'Impératrice affectée par la douleur. Elle pense même, pendant quelques jours, se retirer au couvent pour se consacrer à la prière. Mais l'abattement de Marie-Thérèse est de courte durée ; elle décide finalement de poursuivre sa tâche à la tête de l'Etat. Son fils Joseph II succède à son père. En fait, il prend des fonctions de « co-régent » ; les mêmes que celles qu'occupait François 1er aux cotés de sa femme. Joseph qui a vingt-quatre ans rêve, depuis quelques années déjà, de s'asseoir sur le trône d'Autriche, mais il ne lui vient même pas à l'idée de contester la décision de sa mère. L'Impératrice ne change donc en rien ses habitudes : elle conserve entre ses mains tous les pouvoirs. Joseph lorsqu'il était enfant a été éduqué, comme tous les autres membres de la famille impériale, dans le respect et l'obéissance ; Joseph empereur continuera à exécuter les volontés de sa mère.

 

    Marie-Antoine, d'abord élevée, comme il était d'usage, par une nourrice, est confiée à une gouvernante. L'enfant est douce, moqueuse ; elle aime à rire et révèle assez tôt plus de goût pour le jeu, dans l'immense parc de Schönbrunn, que pour les études.

    La vie de la famille impériale est partagée entre le palais de la Hofburg à Vienne, résidence d’hiver qui compte plus de 2600 pièces réparties sur 18 ailes et le château de Schönbrunn que la famille régnante autrichienne a voulu aussi somptueux que le château de Versailles. C’est là que la jeune Marie-Antoinette se sent le mieux car elle peut faire de longues promenades, rêver au bord des pièces d’eau ou courir dans les allées du parc.

    L’enfant reçoit une éducation très stricte : danse, musique, maintien, présentation en société mais également allemand, français et italien qui sont les trois langues parlées couramment dans la famille impériale. Autant de disciplines qui la rebute et pour lesquelles elle ne manifeste aucune attirance. Tant et si bien qu’à l’approche de ses dix ans la jeune princesse a encore du mal à lire et à écrire en Allemand et qu’elle parle très mal les deux autres langues que sont le Français et l’italien.

 

    Sa mère la trouve même paresseuse ce qui, aux yeux de l'Impératrice d'Autriche, représente le plus grand des défauts.

 

 

 

(1)  Ayas : Ce sont les gouvernantes de la famille impériale.

(2)  Cité par Hortense DUFOUR, « Marie-Antoinette la mal-aimée », Flammarion, 2001, page 51

 

 

 

 

 

A SUIVRE : 

 

 

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE  (2/35)

 

LE MARIAGE AU SERVICE DE LA DIPLOMATIEAUTRICHIENNE 1766-1769

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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