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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 05:07


























Jacques ATTALI se veut brasseur d'idées. Et des idées, il n'en manque pas !.. Il est parfois irritant, déroutant ou même un peu provocateur mais on ne peut pas contester qu'il est un analiste brillant. Sa chronique parue dans l'EXPRESS du 6 Août sous le titre "LE COACH OBESE" met le doigt sue une question qui, depuis quelques mois, met le doute dans l'esprit de bon nombre de Français..




Si l'envie vous prenait, en ces temps de vacances, de suivre les cours d'un coach qui vous promettrait d'affiner votre silhouette, de vous remettre en forme et de vous rendre plus agile, accepteriez-vous de suivre aveuglément ses prescriptions exigeantes, ses exercices pénibles et ses pénitences austères s'il était obèse ? Non, évidemment : vous lui demanderiez de s'appliquer d'abord ses propres conseils avant de les prodiguer à d'autres.

 

C'est pourtant ce que l'Etat nous demande aujourd'hui, qui n'est pas avare d'impérieux conseils aux contribuables, consommateurs, salariés, électeurs, citoyens : épargnez plus, achetez mieux, ne fumez plus, réduisez votre consommation d'alcool, de pétrole ; acceptez, pour sauver votre entreprise ou votre retraite, de travailler plus longtemps, de voir freinée la progression de votre salaire, de déménager ; supportez même la flexibilité, la fluidité, la précarité, la vulnérabilité. C'est une question, nous dit-on, de survie pour le pays.

 

Fort bien. Certains de ces conseils méritent d'être suivis. Mais que fait, pour se réformer lui-même, celui qui prétend diriger la vie des autres ? Peu de choses. Bien trop peu. Et, quand il les fait, elles sont mal faites. Par exemple, le remplacement, souvent justifié, de 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite et la réduction du nombre de directions dans les administrations centrales pénalisent parfois trop les ministères sociaux ; cela serait mieux perçu et plus efficace dans le cadre d'une réforme d'ensemble des tâches de l'Etat, qui éviterait aussi l'actuelle hémorragie des talents dans la haute fonction publique.

 

Pour le reste, rien ne progresse : la nécessaire fusion des organismes publics est très peu avancée dans certaines structures (chambres de commerce, 1 % logement, tribunaux, organismes de formation professionnelle) et pas du tout dans d'autres (offices d'HLM, administrations communales et départementales). Rien n'est lancé non plus pour mettre en place une informatisation des services publics digne de ce qui se fait ailleurs. Et si ces réformes n'avancent pas, ce n'est pas, comme on l'entend dire, parce qu'il faut maintenir la qualité du service public, qui se dégrade, mais parce que l'on ne veut pas toucher à des privilèges et à des rentes dont seuls bénéficient quelques notables.

 

Enfin, audace suprême, on parle en plus, pour financer la prolongation de ces gaspillages, d'un nouvel emprunt, qui sera naturellement payé, au bout du compte, par ceux à qui l'on demande aujourd'hui d'accepter la réforme de leur train de vie et la réduction de leur pouvoir d'achat !

 

C'est évidemment inacceptable. Et la moindre des choses serait que l'Etat s'engageât, en signe de bonne volonté, à rembourser cet emprunt nouveau et à servir les intérêts de sa dette grâce à des économies sur son train de vie. Les réformes à faire sont connues. Elles ont déjà été étudiées en détail et l'on sait ce que peut rapporter une meilleure gestion des services publics.

 

C'est pendant l'été, au moment où se fixe le budget de l'année prochaine, que tout peut encore se décider. Si rien n'est fait, les citoyens pourraient un jour licencier leur coach. Et se prendre en main.

 


Jacques ATTALI  L'EXPRESS du 06-08-2009      

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