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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 06:00




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Pas une semaine sans que Louis Petiet ne surprenne son petit monde. Son dernier coup en date : l'entrée en Bourse de son groupe, BKC, Bernard Krief Consulting, qui devrait être coté vendredi 19 février sur le marché libre de NYSE-Euronext. Avis aux amateurs, Petiet propose 12.500 actions (sur un total de 10 millions de titres, soit 0,1 % du capital) au prix unitaire de 4 euros. L'histoire dira s'il s'agit d'une bonne affaire ou non. Car, depuis cet été, le mystérieux Louis Petiet suscite d'innombrables questions. Et son entrée en Bourse est pour le moins audacieuse, et ceci, pour plusieurs raisons.

 


Le groupe dirigé par le "baron" Petiet (la mention figure dans sa notice du Who's Who) traverse actuellement de fortes turbulences. Plusieurs de ses sociétés connaissent actuellement de grosses difficultés de trésorerie. Il y a quelques jours, les salariés d'Isotherma, une de ses sociétés, ont même manifesté au Havre pour réclamer le paiement d'arriérés de salaires.

 

"Tapie aux petits pieds"

 

Plus embarrassant encore, Petiet a engagé depuis l'été dernier un bras de fer surréaliste avec l'État. Contrairement à ce qu'il promet depuis plusieurs mois, celui qui s'est présenté comme "le sauveur d'Heuliez" n'a jamais apporté le chèque de 15 millions d'euros qu'il avait promis lors de sa désignation comme repreneur du groupe automobile aux côtés de la région Poitou-Charente et du FSI, Fonds stratégique d'investissement (qui rassemble l'État et la Caisse des dépôts). Au point que l'État est aujourd'hui à la recherche de nouveaux partenaires pour sauver les 600 emplois de l'entreprise...

 

Signe de la tension entre l'État et Petiet : celui que le gouvernement et Ségolène Royal célébraient il y a encore quelques semaines comme un "homme providentiel" est désormais désigné comme un "Tapie aux petits pieds" (la déclaration est de Dominique Bussereau, ministre des Transports, qui connaît bien Louis Petiet).

 

Mystères

 

Reste une question. Qui est donc le mystérieux baron Petiet ? Celui qui aimerait tant que l'on croit à ses rêves industriels adore les belles histoires et la Grande Histoire, la sienne et celle de sa famille surtout. Lors de ses rencontres avec les journalistes (dont celui du Point , à la mi-janvier), il ne manque jamais une occasion d'évoquer la bataille d'Austerlitz et son aïeul, Claude-Louis, ministre de la Guerre de Napoléon dont le nom est gravé sur l'Arc de Triomphe, la locomotive Petiet, qui, à la fin du XIXe siècle, roulait sur les rails de la Compagnie des chemins de fer du Nord, et ses deux grands-oncles, signataires le premier des accords Matignon pendant le Front populaire, le second des accords de Grenelle en 1968. Dans le camp des patrons, bien sûr.

 

Proche de l'UMP

 

Petiet évoque aussi fréquemment ses jeunes années à Neuilly-sur-Seine, où il fréquentait le même cercle d'amis que Nicolas Sarkozy, ainsi que son fief de Verneuil-sur-Avre (Eure), 7.000 habitants, dont il est le maire sous l'étiquette UMP (il a aussi été candidat dissident de l'UMP aux législatives de 2007). Il met aussi fréquemment en avant son "amitié" avec Jean-Pierre Raffarin. Le tout pour bien faire comprendre à son interlocuteur que, quoi qu'on dise de lui, c'est quelqu'un de sérieux.

 

Louis Petiet qui se verrait bien, dit-il, comme "le sauveur de l'industrie française" est pourtant nettement moins disert sur un autre pan de l'histoire familiale. L'étonnant parcours d'Henri Petiet, l'un des plus grands collectionneurs français et l'un des plus grands marchands d'art du XXe siècle, qui a, en réalité, fait une partie de la fortune de la famille... Henri Petiet a en effet racheté avant la guerre une partie de la collection Vollard (qui contenait notamment des centaines d'estampes de Picasso).

 

Curieuse boulimie

 

Inconnu il y a encore six mois, Louis Petiet est pourtant sur tous les fronts. Avec la crise, il s'est senti pousser des ailes. Lui qui écume les tribunaux de commerce depuis quinze ans à la recherche d'entreprises en difficulté pour les redresser ne s'intéressait jusque-là qu'à de modestes PME. Après avoir été désigné comme repreneur d'Heuliez cet été, il s'est déclaré candidat au redressement de la maison de haute couture Christian Lacroix, en liquidation, et ceci, à la demande de Patrick Devedjian, ministre de la Relance, qui avait fait du dossier une affaire personnelle. Son offre sur Lacroix a pourtant été rejetée.

 

Ces trois dernières années, Petiet a repris une quinzaine de sociétés dans plusieurs secteurs industriels, comme l'aéronautique, la décoration (Logiconfort) ou encore le textile avec DMC, numéro un mondial du fil à broder. Dans son portefeuille, on trouve aussi Soho, un distributeur de cadeaux. Il s'est également porté candidat (sans succès) à la reprise des magasins Morgan ou des chantiers navals de luxe Couach. Avec ce résultat : ces dernières années, il a constitué un petit empire d'une myriade de sociétés et de sous-filiales aux participations croisées, dont la cohérence ne saute pas aux yeux, mais qui pèse, selon lui, près de 400 millions de chiffre d'affaires.

 

Aucun état d'âme

 

Sans aucun état d'âme, Petiet confie son secret : gérer "de façon low-cost" les entreprises qu'il reprend en bombardant à leur tête les équipes de Bernard Krief Consulting, société de conseil qu'il a reprise il y a quelques années alors qu'elle était, elle aussi, en liquidation judiciaire. "Quand j'arrive dans une société en difficulté, ma recette est simple, expliquait-il, en janvier, au Point . Je commence par virer les cadres dirigeants et couper dans les coûts de structure partout où c'est possible. Prenez DMC : ils avaient de gros salaires et deux sièges. L'un sur les quais de la Seine à Paris, l'autre à Mulhouse, baptisé la "tour infernale". Aujourd'hui, les patrons de l'entreprise sont dans des open spaces, dans l'usine, à côté de ceux qui bossent sur les machines, et c'est très bien comme ça."

 

Dans les entreprises contrôlées par Bernard Krief Consulting, l'enthousiasme est pourtant plus nuancé. Ainsi, chez Walor, une entreprise de décolletage d'une centaine de salariés, passée dans son giron il y a quelques années. "Petiet n'a respecté qu'une partie de ses promesses, confie un représentant du personnel, qui préfère garder l'anonymat. Sur l'emploi, il a à peu près tenu parole. Mais il avait promis des investissements qui ne sont jamais arrivés." Et le représentant du personnel de confier que Petiet est aussi un remarquable chasseur de subventions.

 

Fragilité financière

 

Beaucoup s'inquiètent surtout de la fragilité financière du groupe et, surtout, que les actifs des entreprises soient systématiquement placés dans des filiales différentes de celles qui en assurent l'exploitation.

 

Face à ces critiques, Petiet, botte en touche. Il affirme que la Friendly, voiture conçue par les équipes d'Heuliez sur laquelle il compte garder la main, se vendra comme des petits pains et que son entrée en Bourse est une façon de répondre à ceux qui l'accusent de manquer de transparence... Mais l'introduction en Bourse ne répondra pas aux problèmes de trésorerie : les 12.500 actions mises sur le marché ne représentent que 50.000 euros d'argent frais...


Source : lepoint.fr  Romain Gubert  18-02-2010



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