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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 18:30

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A la suite de sa victoire en 1908 lors du Grand Prix de France, Mercedes suspend son programme de compétition. Au lieu de cela, l'équipe d'ingénierie dirigée par Paul Daimler se concentre sur le développement de moteurs d'avions. Pendant cette période qui va durer plusieurs années, de précieuses leçons sont tirées en particulier sur les matériaux légers et leur mise en œuvre. Toutes ces nouvelles technologies sont appliquées lorsque le constructeur allemand décide de préparer de nouvelles voitures que Mercedes compte engager dans le Grand Prix de France de 1914, couru cette année là à Lyon..

Le retour à la compétition pour Mercedes ne peut être un échec et par conséquent rien n’est laissé au hasard. Mercedes construit plusieurs voitures à moteur six cylindres pour les engager dans le Grand Prix 1913 de la Sarthe. Mais, compte tenu de la nouvelle règlementation pour 1914 qui impose une cylindrée inférieure ou égale à 4,5 litres et un poids maximum de 1100 kg, Mercedes a tendance à privilégier une version quatre cylindres. Autre problème, et pas des moindres qui se pose à Mercedes c’est que pendant sa longue absence des circuits, les concurrents ont beaucoup progressé. Peugeot, en particulier a développé un moteur très sophistiqué avec double arbre à cames et quatre soupapes par cylindre. Les voitures Peugeot sont devenues des concurrentes très sérieuses et d’ailleurs elles ont remporté le Grand Prix de France tant convoité en 1912 et 1913. Ce sera donc, pour Mercedes, les voitures à battre pour la saison 1914.

Utilisant la technologie de moteurs d'avion, un tout nouveau moteur quatre cylindres en ligne est développé. Il a été construit sur ​​la base d’un carter en aluminium. Soucieux de faire les choses à leur manière, les ingénieurs motoristes de Mercedes utilisent un seul arbre à cames pour actionner les soupapes. L'arbre à cames est entraîné par le vilebrequin et par un autre arbre qui a été monté à l'arrière du moteur. Le vilebrequin lui-même a été équilibré  et forgé dans l'acier autrichien de la plus haute qualité.

Conçu pour fonctionner à deux fois la vitesse d'un moteur Mercedes traditionnel, le système de lubrification du nouveau moteur  «quatre» revêt une importance capitale. Un système complexe est imaginé qui combine un carter humide avec une pompe haute pression.

Le moteur «M 93654» dont la cylindrée est de 4 483 cc est alimentée par un seul carburateur de fabrication Mercedes. C’est le premier moteur de compétition dont la rotation dépasse  3000 t/mn, le «quatre» produit sa puissance maximale de 106 ch à 3100 tours par minute. C’est tout un exploit compte tenu qu’aucun autre moteur Mercedes / Daimler construit jusqu'à ce jour ne pouvait tourner en toute sécurité à plus de 1500 t/mn. Une boîte de vitesses à quatre rapports est accouplée au moteur. La voiture qui atteint un poids à vide de 1082 kg est donnée pour 182 km/heure de vitesse de pointe.

 

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Le châssis de la nouvelle voiture de Grand Prix est réalisé de manière conventionnelle  avec un cadre en acier embouti. La suspension est à ressorts à lames semi-elliptiques et essieux rigides. Une des innovations reconduite des voitures expérimentales de 1913 est le radiateur en forme de V et corps en aluminium. Contrairement à la plupart des rivaux la « Mercedes 18/100 » ne dispose de freins que sur l'essieu arrière et un frein de transmission supplémentaire.

Présentée comme l’une des courses les plus importantes de l’époque, les participants du Grand Prix de France non seulement représentent les fabricants respectifs, mais aussi leur pays d'origine. Compte tenu de la tension politique qui s’est rapidement installée en Europe, les sentiments nationalistes ont atteint un point d'ébullition. Mercedes engage cinq voitures et en plus de trois Peugeot engagées d’autres constructeurs tels que Fiat, Opel et Sunbeam représentent une concurrence qu’il faut prendre au sérieux.. Parmi les pilotes Mercedes était le pilote d'essai de l'entreprise Christian Lautenschlager, qui avait étonnamment remporté le Grand Prix 1908 de Mercedes.

La Mercedes de Max Sailer prend une avance confortable très tôt dans la course, mais sa « Mercedes 18/100 » n'a pu tenir que six des vingt tours prévus. Dans son sillage Peugeot avec son pilote vedette Georges Boillot a donné la chasse dès le début de la course mais son style de conduite et quelques blocages de ses freins avant rendent nécessaires un changement de pneus supplémentaire. La Mercedes très efficace était beaucoup moins agressive au niveau de ses pneus et seulement deux trains de pneus pourront faire toute la course. Déjà dépassé par Lautenschlager, la Peugeot de Boillot doit abandonner  dans le dernier tour. Cet événement ouvre la  voie à une spectaculaire victoire 1-2-3 pour la nouvelle Mercedes. Lautenschlager est de nouveau le vainqueur. La cinquième Mercedes avait du abandonner dans la première partie de la course suite à des problèmes de boîte de boite de vitesses.

Très peu de temps après le Grand Prix de France la guerre se répand sur tout le continent européen et toutes les compétitions automobiles sont suspendues. L’une des voitures est expatriée rapidement vers les Etats-Unis où Ralph DePalma va l’engager en compétition. Il va remporter quelques courses et en particulier la célèbre Indy 500 en 1915.

Ayant besoin d’argent, Mercedes vends, dès la fin de la guerre, plusieurs de ses voitures de courses à des particuliers. Réactualisée en permanence par leurs propriétaire elles vont apparaitre dans de nombreuses courses automobiles jusqu’en 1920. Parmi les plus prestigieuses victoires remportées on note la « Targa Florio »

Ayant ainsi remporté le « Grand Prix de France », la course « Indy 500 » et la « Targa Florio » la Mercedes 18/100 de 1914 se place dans les meilleures voitures de courses jamais construites. Des six exemplaires sortis des ateliers de Mercedes au moins trois ont survécus et sont présentés dans des Grands Prix de voitures classiques ou dans des Concours d’Elégance.

 

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Je recommande à tous les passionnés de l'automobile et de son histoire les remarquables sites (en anglais) cités ci-dessous. Ils présentent, outre des commentaires et données techniques très complètes, de magnifiques photos sur la production automobile mondiale

ultimatecarpage.com

supercar.net

swisscarsighting.com

mais il y a aussi un site en Hongrois sur lequel il faut se contenter de regarder les photos :

autogaleria.hu

 

Vous pouvez retrouver d'autres véhicules,  tout aussi exceptionnels,  dans la rubrique "VOITURES DE   LEGENDE" de ce blog  ou en vous inscrivant à la Newsletter (voir ci-contre)

 

 

 

 

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