Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 15:00

Pierre-Moscovici-et-Benoit-Hamon-prix-essence.jpg

 

 

C’est le type même de l’opération ratée sur tous les tableaux : communication disproportionnée avec les enjeux, promesses intenables, mauvaise connaissance du dossier. Pierre Moscovici et benoit Hamon se sont bel et bien « plantés » dans cette affaire de baisse du prix de l’essence. Le gouvernement s'est engagé à faire baisser dès cette semaine les prix des carburants. Outre sa propre participation, sous la forme d’une baisse des taxes, il comptait sur une participation des professionnels, distributeurs comme industriels, pour partager l’effort. Si de nombreux acteurs ont répondu favorablement à cette demande, tous évoquent des marges de manœuvre limitées et se renvoient la balle. Dans les faits, cette baisse ne peut être dans l'immédiat que marginale. Explications des points de vue de chacun.

L'Etat

Un effort "modeste" et provisoire". La semaine dernière, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé que les taxes sur les carburants perçues par l'Etat baisseront légèrement. Une solution facile à appliquer mais bien moins radicale que le gel temporaire des prix, promis par le président François Hollande avant son élection. Si le gouvernement devrait préciser ses intentions à l'issue des rencontres avec les industriels prévues mardi, l'option la plus viable serait de jouer sur la TICPE (la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, ex-TIPP), qui représente en moyenne 61 centimes par litre d'essence et 43 centimes pour le gazole.

Problème : une réduction d'un seul centime ferait baisser les recettes de l'Etat 1,4 million d'euros par jour, soit plus de 500 millions d'euros sur une année. Selon Le Parisien, la baisse envisagée par le gouvernement ne serait donc que de deux à trois centimes. Alors que l'exécutif doit boucler son budget 2013 dans un mois, la marge de manœuvre reste donc très limitée. En outre, cette mesure ne peut être prise que dans le cadre du projet de loi des finances. Elle n'est donc pas applicable immédiatement. Par cette annonce, l'exécutif cherche donc avant tout à inciter les professionnels du secteur à faire, eux aussi, un effort. C'est ce que réclament également les associations de consommateurs. "On ne va pas demander à l'Etat de se saigner pour entretenir les surmarges des producteurs" qui "s'en mettent plein les poches", a ainsi estimé lundi Alain Bazot, le président de l'UFC-Que choisir, contacté par Europe1.fr. De même, selon un communiqué de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), cette baisse prévue par le gouvernement est "une mesure coûteuse", qui n'aurait qu'un "effet marginal" sur les prix.

Les distributeurs

Une partie du secteur de la distribution a d'ores et déjà promis de participer à cet "effort". Michel-Edouard Leclerc, président des hypermarchés et supermarchés éponymes, a promis lundi 27 août sur RTL que ses 555 stations-service allaient vendre les carburants à prix coûtant jusqu'à la fin du mois de septembre, c'est-à-dire sans en dégager le moindre bénéfice. "Cela veut dire que probablement on va descendre nos prix de l'ordre de deux, trois centimes du litre", a-t-il estimé. Le président de Leclerc a précisé plus tard sur RMC que cette mesure aurait un coût de 20 millions d'euros pour son groupe, qui serait compensé par "un regain d'activité sur d'autres produits". De même, les magasins U ont annoncé par communiqué une décision identique, estimant également son "impact de l'ordre de deux à trois centimes de moins sur le prix du litre de carburant", pour un coût deux fois moindre, soit environ 10 millions d'euros.

La veille, l'Union française des industries pétrolières (Ufip) avait indiqué que "la flexibilité au niveau de la distribution" était "très, très faible". "Après avoir payé huit ou neuf centimes de frais pour distribuer les produits pétroliers, il reste aux distributeurs de l'ordre d'un centime d'euro du litre", a affirmé Jean-Louis Schilansky, son président, sur RTL. Un rapport de la direction de la concurrence (DGCCRF), publié dimanche soir par le site de La Tribune, lui donne raison. Ce document mentionne en effet une "marge commerciale nette d'un centime par litre, très comprimée par une forte concurrence de la grande distribution".

Du côté de l'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP) - qui représente les stations-service sous enseignes Auchan, Carrefour, Casino et Cora - on se voulait plus prudent. "Ce qui est sûr, c'est que nous n'avons quasiment pas de marge de manoeuvre", a déclaré à l'AFP Alexandre de Benoist, son délégué général. L'UFC - Que choisir partage cet avis, estimant que ce n'est pas sur ces marges que les distributeurs "gagnent de l'argent". "Ils font des marges hallucinantes sur les produits peu transformés comme la viande ou le lait, mais pas sur le carburant", a expliqué Alain Bazot sur Europe1.fr. De plus, pour l'UIP, "les déclarations de l'Ufip ou de certains distributeurs sont tout à fait prématurées". Avant cela, "nous suggérons que les compagnies pétrolières membres de l'Ufip (dont Total, Shell, Esso, Ndlr) auxquelles nous achetons le carburant, baissent leurs prix de façon à ce que nous puissions répercuter cette baisse dans nos stations-service", a encore précisé Alexandre de Benoist.

Les pétroliers

L'Ufip s'est dite dimanche prête "à accompagner l'effort du gouvernement". Mais "il n'y a pas de miracle", a affirmé Jean-Louis Schilansky. "Le prix du pétrole, c'est le prix du pétrole en France, en Angleterre, en Allemagne, c'est le même partout", a-t-il ajouté. Il a donc de son côté renvoyé l'Etat à ses responsabilités en indiquant que la clé était le "montant de la diminution de la taxe".

Les associations de consommateurs, elles, estiment pourtant que les marges se situent plus en amont, auprès des pétroliers, notamment pour le raffinage. Elles dénoncent ainsi une hausse continue du prix de l'essence, hors taxes. Et en effet, selon l'UFIP, les marges en Europe en 2012 n'ont jamais été aussi élevées. "On doit aller sur des mesures structurelles et jouer sur l'ensemble des composantes du prix", affirme ainsi le délégué général de l'association de consommateurs CLCV, Thierry Saniez, interrogé par l'AFP. Mais le problème serait donc, selon ces associations, à échelle européenne, voire mondial. Pour le résoudre, les marges de manœuvre des professionnels, comme du gouvernement, seraient donc limitées. Dans l'immédiat, en cas de baisse de deux à trois centimes d'euros, le bénéfice pour le consommateur serait, pour un plein de 50 litres, de 1 à 1,5 euro.

 

 

 

 

Informations  MONTESQUIEU-VOLVESTRE, FRANCE, MONDE : Vous souhaitez être informé régulièrement sur les nouveautés mise en ligne sur ce Blog, inscrivez vous à la Newsletter (voir dans la colonne ci-contre)

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Xav 25/09/2012 10:55

Bjr jean Pierre.

Je prends connaissance de votre article juste après avoir lu l’édito de G Facon qui évoque la même chose, en moins complet.
Oui, mais je me souviens aussi des cris d'orfraie poussés ça et là par l'ancienne opposition et certains usagers alors que Christophe de Margerie annonçait le glissement du prix du litre de
carburant vers la barre des 2 Euros d'ici quelques années. On s'y approche et plus tôt que prévu, pour des raisons géopolitiques, à cause de la baisse du court de l'Euro et plus globalement, en
raison de la diminution à terme des ressources.
C'est dans ce contexte qu'on constate l'impréparation de ce gouvernement de stars autoproclamées pendant la campagne des présidentielles qui malgré son réseau hégémonique de hauts fonctionnaires,
de francs maçonneries et autres lobbys et son occupation du terrain pré électoral, est contraint de jouer à "cache tampon" pour assurer des promesses démagogiques annoncées avant le scrutin.
La preuve en est de l’augmentation des impôts pour une frange de contribuables décidée par le précédent gouvernement qui aurait pu être démantelée au même titre que tout ce qui a été entrepris sous
N Sarkosy. C'était tellement facile, surtout à coups de décrets ! Mais elle représente une manne opportune pour assurer le financement de ce qui devait au départ une mesure de blocage des prix
mutée en baisse aussi ridicule qu'éphémère du prix du carburant au litre.
Pourquoi une si courte vue ? Se poser la question serait pour le chef de l’Etat l’occasion de se renier davantage.
Alors oui, dans les livres d’Histoire, on pourra reconnaître que les promesses ont été tenues... dans la pure lignée démagogique de ce gouvernement tantôt social démocrate, tantôt socialiste à la
mode Zola. La conduite des affaires de la France n’en est que plus erratique.
Cordialement.

Présentation

  • : VICTOR ASSOCIATION
  • : Le BLOG de Jean-Pierre ECHAVIDRE, Président de VICTOR ASSOCIATION Association d'information et de défense des intérêts des habitants de MONTESQUIEU-VOLVESTRE
  • Contact

Texte Libre

L'objet de ce blog est d'apporter aux habitants de Montesquieu-Volvestre une information régulière sur la vie de la cité, et de décrypter l'essentiel de l'actualité. Mais il a aussi pour but d'ouvrir un dialogue,  de discuter, de contester, ou de râler au besoin. Il faut que nous retrouvions dans notre village une convivialité, une solidarité qui sont en train de se perdre.

Rechercher

Pages

Liens