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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 09:00

Nicolas-Sarkozy-15-avril-la-Concorde-Paris

 

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Il n’est rien de plus beau en démocratie que l’amour de son pays dont témoigne chaque bulletin de vote glissé dans l’urne le jour d’une élection. C’est avec l’amour de la France gravé au plus profond de votre cœur que vous vous rendrez dans les bureaux de vote les 22 avril et 6 mai prochains, conscients de l’importance de votre choix. C’est avec ce même amour de la France chevillé au corps que je veux vous parler de ma vision de l’avenir de notre pays, des défis qu’il doit à mon sens relever, et de la manière dont il peut réussir à le faire.

 

Je veux m’adresser à vous sans aucun intermédiaire.

Quelques jours avant l’élection, je veux m’adresser à chacun de vous. Je veux le faire le plus directement possible, sans aucun intermédiaire. Je veux le faire par écrit, car l’écrit demeure, l’écrit engage.

 

A l’heure de la domination de l’image, de la surinformation permanente, de la communication instantanée, j’ai voulu prendre le temps d’écrire cette lettre avec l’espérance que vous prendrez le temps de la lire. Je veux vous parler de convictions et de valeurs. Je veux vous dire ce que m’ont appris de la France, de l’Europe et du monde, ces cinq années d’une grande intensité à la tête de notre pays. Je veux vous indiquer la direction dans laquelle je mettrai toute mon énergie à le conduire si vous m’accordez votre confiance. Je veux partager avec vous une vision de la France et de son avenir.

 

Un monde nouveau est en train de naître.

J’ai longuement réfléchi avant de prendre la décision de me présenter à l’élection présidentielle. J’ai conscience de l’honneur que vous m’avez déjà fait en m’accordant vos suffrages en mai 2007. Je sais la détermination, l’imagination, l’engagement de chaque instant qu’exige l’exercice de cette fonction. Agir est la seule justification de l’engagement politique. Me présenter à nouveau n’avait donc de sens à mes yeux que pour vous proposer un projet que je crois nécessaire à notre pays et susceptible de vous rassembler.

 

Ce qui a le plus compté dans ma décision est la complexité de la situation que connaissent aujourd’hui simultanément le monde, l’Europe, et, bien sûr, la France. Jamais sans doute, depuis la Seconde Guerre mondiale, notre pays en particulier, et le monde occidental en général, n’ont eu autant de défis à relever au même moment.

   

Pendant des siècles, et jusqu’à encore récemment, l’Occident a dominé le monde sur les plans politique, économique, culturel, intellectuel. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Des puissances nouvelles ont émergé qui pèsent autant que nous, et parfois davantage.

 

Pendant des siècles, le sort de notre pays a dépendu pour l’essentiel des choix que nous faisions nous-mêmes, chez nous. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La grande leçon des crises qui n’ont cessé de se succéder depuis 2008 est que notre avenir se joue chaque jour autant à l’autre bout du monde qu’ici en France.

 

Un monde ancien disparaît, un monde nouveau est en train de naître dont nous ne discernons pas encore les contours. Nous pouvons choisir de laisser ce monde décider à notre place. Ou nous pouvons choisir de rester maître de notre destin.

 

Je crois en la France. Je crois dans son talent. Je crois dans son histoire singulière. Je crois dans son génie. La France est une nation qui peut tout à la fois se réclamer d’une identité vieille de plusieurs siècles et continuer à pouvoir prétendre jouer un rôle dans le nouvel ordre mondial. Elle peut rester un pays libre et souverain. Elle peut préserver ses valeurs, son identité, son mode de vie. Mais si nous voulons continuer à faire vivre cette France que nous aimons, il nous faut reconstruire, redéfinir, réinventer nos politiques, sans rien ignorer des difficultés de la tâche et de l’ampleur des enjeux.

 

Dans ce monde nouveau, si la France ne veut pas subir, la France doit être forte : forte pour garder la maîtrise de son destin, forte pour agir et pour peser, forte pour donner sa chance à sa jeunesse, forte pour permettre à chacun de vous de garder la maîtrise de sa vie. Je sais que c’est possible. Je veux vous en convaincre.

 

Vivre en sécurité dans un monde ouvert

Nous avons tous été bouleversés par la tragédie de Toulouse et de Montauban.

Parce que la France a été attaquée, son armée a été frappée, son école a été meurtrie, des enfants, nos enfants ont été assassinés ; sur la terre de France, des hommes et des enfants ont été tués parce qu’ils étaient juifs ; des hommes ont été abattus parce que leur mission était de combattre, à l’autre bout du monde, le fondamentalisme, la haine, l’esclavage de la femme, le terrorisme.

 

La France n’a pas cédé à la terreur. Elle n’a pas plié devant l’intimidation. Les Français se sont sentis solidaires des familles, de notre armée, des forces de l’ordre, dans une profonde émotion nationale. Les autorités religieuses juives et musulmanes ont appelé ensemble au refus de tout amalgame. Nous nous sommes retrouvés dans cette aspiration à l’unité nationale contre l’intolérance et le fondamentalisme.

 

Pour autant, ce drame pose nécessairement des questions sur l’organisation de notre société. Nous vivons dans un monde ouvert et tolérant. Les communications sont libres ; grâce à Internet, les idées circulent d’un bout à l’autre de la planète, sans filtre, sans intermédiaire ; voyager est devenu un acte banal, y compris dans des pays dans lesquels nous n’aurions même pas imaginé pouvoir aller il y a 20 ans. C’est évidemment une grande chance.

 

Mais ce monde doit rester sûr. Sûr pour nous, sûr pour nos enfants à l’égard desquels nous avons un devoir de protection.

 

Une des grandes questions que notre époque pose aux démocraties est de concilier les libertés individuelles auxquelles nous sommes attachés, liberté de circulation, de communication, d’expression, avec la protection de notre territoire, de l’intégrité physique de la population, et au-delà, de nos valeurs et de notre manière de vivre. Entre laxisme et obsession sécuritaire, entre aveuglement coupable et Etat policier, il faut trouver le bon équilibre. Mais il ne faut pas être naïf. Il y a une idéologie extrémiste qui travaille à la destruction des valeurs occidentales. Nous devons être sans faiblesse à son égard. Il y a des filières criminelles qui profitent de notre ouverture et des libertés reconnues- dans notre société pour faire prospérer leurs trafics en tous genres, armes, drogue, êtres humains, contrefaçon, etc.

 

Depuis 2002, le gouvernement a agi pour réduire l’insécurité dans notre pays. Le parti socialiste n’a voté aucune des lois que nous avons fait adopter pour combattre la délinquance, ni les peines planchers pour les récidivistes, ni le renforcement de la vidéo-protection, ni la rétention de sûreté qui permet de protéger la société contre des personnes qui ne peuvent réprimer des pulsions sexuelles et criminelles, ni le renforcement des fichiers des empreintes digitales et génétiques alors que ces fichiers ont permis de multiplier par deux le taux d’élucidation des crimes et des délits.

Le parti socialiste prétend que les mesures que j’ai annoncées à la suite du drame de Toulouse et de Montauban sont inutiles parce que la législation antiterroriste a déjà été renforcée ces dernières années et qu’elle est suffisante : mais il n’a voté aucune de ces mesures, ni en 2006, ni en 2011.

 

Aucune idéologie de haine ne peut être tolérée dans notre pays.

Nous devons être intraitables contre le fondamentalisme. Il faut combattre les manifestations criminelles de cette idéologie de haine par le renseignement, la surveillance des réseaux, la coopération policière internationale. Mais il faut aussi la combattre à sa racine intellectuelle, dans les prisons, dans les prêches de certains prédicateurs extrémistes, ou encore sur les sites Internet.

 

Faire l’apologie du terrorisme et de la violence sur Internet n’a rien à voir avec la liberté d’expression et de communication. La liberté d’Internet est précieuse, mais Internet n’est pas une zone de non-droit dans laquelle on peut impunément déverser des messages de haine, faire circuler des images pédophiles, piller le droit d’auteur. La société a le devoir de se protéger contre ceux qui attaquent ses valeurs. Rester inertes face à ceux qui se radicalisent dans la haine et la violence par la consultation de sites Internet illicites serait une faute morale.

 

La délinquance n’est pas de la faute de la société.

Expliquer l’acte de ce fanatique par un climat social est non seulement absurde, mais c’est inacceptable car cela revient à le justifier. C’est la même erreur que celle qui consiste à justifier la délinquance en culpabilisant la République qui ne serait pas assez généreuse. Comment peut-on reprocher à la France de ne pas être assez généreuse ? La France est un des pays les plus ouverts et les plus tolérants du monde. Elle offre à tous l’éducation et la santé. Son niveau de redistribution sociale est parmi les plus élevés du monde.

 

C’est en refusant de reconnaître les efforts de ceux qui travaillent et qui partagent, que l’on divise la République. C’est en donnant uniquement des droits aux uns et exclusivement des devoirs aux autres, que l’on dresse les Français les uns contre les autres. C’est en justifiant la délinquance par la pauvreté et les difficultés de l’intégration que l’on crée des amalgames entre pauvreté, immigration et délinquance.

 

L’Europe est un continent ouvert. Elle ne doit pas être un continent passoire.

C’est un formidable avantage pour les Français de pouvoir circuler librement- en Europe. Avec l’euro, avec les programmes Erasmus et Leonardo, qui permettent aux jeunes d’effectuer une partie de leurs études dans un autre pays d’Europe, la suppression des postes de douane est une des manifestations les plus concrètes et les plus positives de la construction européenne. Mais l’Europe ne pourra pas garder ses frontières intérieures ouvertes si elle n’est pas capable de maîtriser ses frontières extérieures.

 

L’Europe est un continent ouvert. Elle ne doit pas être un continent passoire. L’Europe est un continent tolérant. Elle ne peut pas être le continent de l’amalgame insipide de toutes les cultures. L’Europe a une identité. Ses racines plongent dans la culture gréco-latine d’abord, judéo-chrétienne ensuite, dans celle des Lumières et du rationalisme enfin. Son histoire est faite de guerres et de haines douloureuses, mais surmontées entre ses peuples. Les traumatismes des deux grands conflits mondiaux, de la décolonisation puis de la guerre froide sont encore présents dans les mémoires. Nous respectons le besoin d’identité et d’apaisement des peuples avec lesquels nous avons été en conflit. La culture des peuples européens et leur demande d’identité doivent aussi être respectées.

 

Aucun individu, aucune collectivité ne peut vivre sans frontières. Chacun est libre d’ouvrir sa porte aussi souvent qu’il le souhaite, mais personne ne peut vivre dans une maison sans porte ouverte à tous les vents. Les frontières du cadastre sont ce qui permet à deux voisins de respecter le territoire de chacun et de se serrer la main de part et d’autre. Les frontières des Etats fixent le cadre nécessaire d’exercice de la démocratie et de la solidarité nationale. Un enfant sans frontières est un enfant sans éducation. Une société sans frontières est une société sans respect. Un pays sans frontières est un pays sans identité. Un continent sans frontières est un continent qui finit par élever des murs pour se protéger.

 

Il faut protéger les frontières extérieures de l’Europe. D’abord contre la criminalité organisée qui profite de la porosité de certaines de nos frontières pour déployer tous ses trafics. Ensuite pour maîtriser l’immigration parce qu’il y a une limite à nos capacités d’accueil. La France a suffisamment agi pour construire l’Europe, et récemment pour lui éviter d’imploser : elle n’a pas à s’excuser ou à se justifier de demander des changements profonds dans la manière de contrôler les frontières extérieures de l’Europe. Beaucoup d’autres pays le réclament également.

Pour des raisons culturelles, linguistiques, historiques, sociales, la France est l’un des pays les plus attractifs en matière d’immigration. La problématique est simple : une fois passée une frontière extérieure de l’Europe, un migrant circule librement dans tout l’espace Schengen. La France ne peut pas subir à la fois l’insuffisance des contrôles aux frontières extérieures de l’Europe et les différences de législation entre les pays qui font que les faiblesses et les failles s’additionnent alors qu’ensemble, nous devrions être plus forts.

 

Les solutions dont je veux la mise en œuvre sont des solutions de bon sens. L’Europe doit s’organiser pour aider les pays qui ont du mal à sécuriser leurs frontières. Elle doit adopter une législation commune en matière d’asile et d’immigration. Si cela n’était pas mis en œuvre dans un délai d’un an, la France rétablirait des contrôles ciblés à ses frontières et suspendrait sa participation à la zone Schengen.

 

Décider qui a le droit de s’installer sur notre territoire fait partie de notre souveraineté.

Une fois les frontières extérieures de l’Europe mieux protégées, nous devons retrouver le droit de décider qui a le droit d’entrer et de se maintenir sur notre territoire. C’est un élément essentiel de la souveraineté. Cela ne veut pas dire qu’il faut fermer les frontières, cela veut dire que ce sont les Français qui doivent décider qui a le droit de s’installer en France.

 

Je suis profondément attaché à ce que la France reste un pays ouvert. Mais nous ne pouvons accueillir que dans les limites de nos capacités d’accueil. Un enfant qui vient d’arriver sur le territoire a besoin de beaucoup plus d’attention de la part de ses maîtres qu’un enfant d’une famille installée depuis longtemps en France. Notre régime de protection sociale est soumis à de lourdes contraintes financières, il ne peut plus assumer de nouvelles charges. Il y a des milliers de Français et d’étrangers vivant déjà en France qui attendent de pouvoir se loger mieux, et des quartiers où s’installent chaque année plus de familles étrangères que nous ne pouvons en intégrer.

 

Il faut réduire de moitié les flux actuels d’immigration dans notre pays. L’accès à notre territoire sera donné en priorité aux réfugiés politiques, à une immigration économique limitée aux compétences dont nous avons besoin, et à une immigration familiale dont le rythme doit être maîtrisé.

 

Seuls peuvent s’installer en France ceux qui partagent les valeurs de la République.

Nous devons mettre un certain nombre de conditions économiques et morales à l’installation sur notre territoire, y compris pour ceux qui viennent par le biais du rapprochement familial. Pour tout étranger qui a été autorisé à s’installer en France, c’est évidemment un droit d’y vivre avec sa famille. Ce serait inhumain qu’il en soit autrement. Mais c’est aussi un droit et un devoir pour la France de subordonner l’installation de toute nouvelle personne à un certain nombre de conditions : des ressources suffisantes pour que les besoins de la famille ne pèsent pas sur la solidarité nationale, déjà fortement sollicitée par ailleurs, un logement décent, la connaissance de la langue française, sans laquelle aucune intégration n’est possible, et l’adhésion aux valeurs de la République.

 

Toute personne qui veut venir s’installer en France, qu’elle soit un homme ou une femme, doit savoir qu’il y a chez nous des règles qui s’imposent à tous : la laïcité, l’interdiction de la burqa dans l’espace public, du voile dans les services publics, l’école obligatoire, le caractère non négociable des programmes scolaires, l’égalité entre l’homme et la femme, le droit des femmes de travailler, l’interdiction absolue de la polygamie et de l’excision ; en France, les horaires dans les piscines sont les mêmes pour tous, les médecins sont les mêmes, les menus dans les cantines sont les mêmes. Personne n’est obligé de venir vivre en France. Ceux qui veulent venir doivent savoir quelles sont nos valeurs et être convaincus que nous les ferons respecter.

 

Donner le droit de vote aux étrangers ne réglera aucun des problèmes de l’intégration et est contraire à la conception française de la nation.

La liste est longue des imbrications entre notre histoire et l’immigration. La France, qui est sortie traumatisée de la saignée démographique de la Première Guerre mondiale, sait ce qu’elle doit aux vagues successives d’immigration qui lui ont permis de retrouver une puissance démographique, économique, industrielle. Mais quelles que soient les vagues d’immigration qui se sont succédé sur le territoire, il y a une chose qui n’a jamais changé, c’est le modèle républicain d’intégration et d’assimilation.

 

La France respecte l’identité et la culture de ceux qu’elle accueille : personne ne peut vivre coupé de ses racines. Elle estime que chaque culture apporte sa contribution à la culture de tous. Il suffit de regarder notre peuple et nos territoires : la France est diversité, comme aimait à le rappeler le grand historien Fernand Braudel.

 

Mais ce qui fait la cohésion de la nation française, c’est notre capacité, au-delà de nos différences multiples, à nous rassembler dans le même amour de la patrie et de ses valeurs : Français de toutes provinces, Français des campagnes et des villes, de métropole et d’outre-mer, Français de toutes religions et sans religion, enfants d’agriculteurs, d’ouvriers, d’enseignants, d’intellectuels, enfants de familles françaises et enfants d’immigrés… Nous ne sommes pas des communautés vivant les unes à côté des autres. Nous sommes une seule et même nation, capable de s’unir dans l’adversité et de se rassembler sur les choses essentielles.

 

Nul ne l’a dit mieux que Renan : «Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir». Il parlait de la France.

 

C’est pour cela que le droit de vote ne peut être donné qu’aux citoyens français, parce qu’il y a un lien indéfectible et particulier entre pouvoir participer au destin de la nation au travers de ce droit essentiel qu’est le droit de vote, et adhérer du fond de son cœur à ce qu’est l’identité de la France. En France, voter est d’abord une appartenance, l’appartenance à une nation qui a une histoire, une certaine manière de concevoir la vie commune, une unité de points de vue sur certaines valeurs essentielles. Voter est un attachement, le même que celui qui a conduit des millions de Français à se battre pour défendre notre territoire, ou qui conduit aujourd’hui des millions de Français à se dépenser sans compter pour que notre pays soit fort. Nous avons fait une exception, pour les ressortissants européens. Mais c’est en contrepartie d’une réciprocité et surtout parce que, justement, nous avons choisi de lier notre destin avec celui des autres peuples européens. C’est la seule exception possible.

 

L’accès à la nationalité française est largement ouvert à ceux qui aiment notre pays, qui ont envie de le servir, qui se reconnaissent dans ses valeurs. La France admet la double nationalité, elle n’exige pas le renoncement à ses origines, elle demande seulement une adhésion sincère à la France. C’est tout le sens du mot assimilation, qui désigne le fait de s’approprier nos valeurs, tandis que l’intégration vise l’insertion économique et sociale. Dans ces conditions, à quel besoin répond le souhait de donner le droit de vote à des personnes qui pourraient faire le choix de la nationalité française, mais ne le veulent pas ?

Cela ne facilitera en rien le règlement des problèmes de l’intégration, qui sont des problèmes d’emploi, de logement, d’école, et parfois, justement, d’adhésion aux valeurs de la République, et va à l’encontre du modèle français de la nation.

 

Quant au fait de payer des impôts en France, il ne peut en aucun cas justifier l’octroi du droit de vote. Voter deviendrait la simple contrepartie du fait de payer des impôts. Demain, il faudrait d’autres droits spécifiques, d’autres contreparties. Et ce qui serait valable pour les élections locales le serait aussi pour les élections nationales. C’est le début du communautarisme.

 

Je veux rétablir le sens de la responsabilité.

A l’inverse, je souhaite mettre un terme à l’exil fiscal de citoyens français. Payer des impôts ne suffit pas pour avoir le droit de vote. Mais être citoyen français ne dispense pas d’assumer la plénitude de ses responsabilités. On ne peut pas vouloir tous les droits associés au fait d’être français, le droit de vote, la protection consulaire, la qualité du système de soins, et aucun des devoirs. Si on ne veut plus payer d’impôts en France, parce que les impôts sont trop lourds, on change de nationalité.

 

Les rémunérations exorbitantes des traders et de quelques grands dirigeants d’entreprise vous ont profondément choqués. Elles m’ont choqué également, en raison de leur montant bien sûr, mais aussi en raison de ce qu’elles signifient en termes de symbole et de perte du sens des responsabilités de la part de ceux qui sont censés incarner l’élite de la nation. Ils ont trahi le vrai visage de ces milliers d’entrepreneurs passionnés par leurs sociétés, préoccupés du sort de leurs salariés, ne comptant pas leurs heures de travail et prêts à investir leur argent personnel pour assurer la pérennité de leurs entreprises. Nous avons encadré les bonus des traders, alourdi la fiscalité des retraites chapeaux et des stock-options. Le message n’a semble-t-il pas été compris par tous : je pense donc qu’il faut aller plus loin. Je propose que les rémunérations des dirigeants soient désormais fixées par l’assemblée générale des actionnaires, qu’elles fassent l’objet d’une publication assortie d’éléments sur l’évolution globale des salaires dans l’entreprise afin de permettre des comparaisons, et qu’un représentant des salariés siège dans les comités des rémunérations.

Les parachutes dorés et les retraites chapeaux doivent être interdits.

A l’élève auquel l’Etat donne un enseignement, on demande de travailler et de respecter ses professeurs. A l’immigré accueilli en France, on demande de s’intégrer. A celui qui perçoit une allocation sociale, on demande de faire des efforts de réinsertion. Je suis pour la réaffirmation du principe selon lequel il ne peut pas y avoir de droits sans devoirs ; mais cela vaut aussi pour ceux qui sont au sommet de la société.

 

Un nouvel élan « Jules Ferry » pour l’école

Des trois mots qui forment la devise de la République, celui de fraternité est très peu utilisé. Nous l’avons remplacé par la solidarité. Nous lui avons fait perdre, c’est un peu dommage, ce supplément d’âme qui résulte du beau mot de « fraternel ». Au-delà de la sémantique, ce qui compte, c’est que la solidarité fait partie du cœur de notre pacte social et donc de notre identité.

 

Je suis hostile à l’assistanat, pas seulement parce que l’assistanat dévalorise le travail en permettant à ceux qui vivent de l’assistance d’avoir de meilleures conditions de vie que ceux qui travaillent. Je suis contre l’assistanat parce qu’il maintient dans la dépendance. C’est le contraire de la solidarité. Le but de toute politique sociale, c’est de permettre l’accès ou le retour à l’autonomie de ceux qui sont en difficulté, pas l’enfermement dans l’assistance.

 

Pendant des générations, l’école a été le pivot de cet idéal républicain. Elle apprenait à tous les enfants, quelle que soit leur condition sociale, à lire, écrire, compter, pour leur permettre d’être autonomes. A ceux qui en avaient les facultés, elle permettait d’accéder au secondaire, puis à l’université et aux grandes écoles. Elle donnait à tous les enfants une chance égale de s’élever socialement. C’était aussi une manière de renforcer notre pays, en augmentant le niveau des connaissances. Pas une richesse humaine ne devait être perdue.

 

Tout cela ne s’est pas fait par hasard. Il a fallu beaucoup de volontarisme, comme en témoignent les mots de Jules Ferry qui a inventé le modèle républicain de l’école : « Entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j’en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j’ai d’intelligence, tout ce que j’ai d’âme, de cœur, de puissance physique et morale, c’est le problème de l’éducation du peuple ».

Aujourd’hui, nous avons du mal à tenir la promesse de Jules Ferry. Il est injuste d’avoir sur l’école des jugements à l’emporte-pièce. Il y a des millions d’enfants qui suivent un parcours scolaire normal et efficace. Ce qui compte est d’identifier les raisons pour lesquelles, à certains moments, certains enfants décrochent, alors que ce n’était pas le cas autrefois.

 

Depuis 2007, nous avons consacré des milliards d’euros à l’université. Elle en avait besoin. Si j’avais la conviction que l’école a également besoin de moyens supplémentaires, je les lui procurerais, car aucun investissement n’est plus important à mes yeux pour l’avenir d’un pays que l’investissement dans l’éducation. Mais le problème de l’école en France ne relève ni des moyens, ni des effectifs. On peut recruter 60 000 enseignants supplémentaires, on n’aura pas résolu le problème. Entre 1990 et 2007, le nombre d’élèves a baissé de 600 000 et le nombre d’enseignants a augmenté de 85 000, mais les performances de l’école ne se sont pas améliorées et surtout le moral des enseignants est resté morose. Le problème est structurel : les enfants ont beaucoup changé, les familles sont plus hétérogènes, mais l’école n’a pas vraiment changé.

 

Environ 100 000 enfants sortent chaque année de l’école primaire sans maîtriser réellement les savoirs fondamentaux que sont la lecture, l’écriture et le calcul. Ce que l’école de Jules Ferry faisait dans tous les villages de France, nous ne savons plus le faire. Ce sont eux qui forment l’essentiel de la cohorte de ceux qui ensuite redoublent, sortent du système scolaire sans qualification et sans diplôme, auront d’immenses difficultés à trouver un emploi, vivront des aides sociales ou basculent dans la délinquance. Ce qui n’est pas acceptable, c’est que ces enfants, nous les connaissons pour la plupart dès la fin de la maternelle. Leur difficulté à se concentrer, leur hyperactivité, leurs lacunes de vocabulaire essentiel pour apprendre à lire, leurs problèmes de santé ou de vue, le fait que l’on ne voit jamais leurs parents, tous ces signes permettent aux instituteurs de prédire que ces enfants vont avoir de grandes difficultés.

 

Avec 2 000 euros par enfant, on pourrait pourtant résoudre la plupart de leurs problèmes et transformer l’avenir de ces enfants : dès que l’enseignant, en dernière année de maternelle ou au CP, aurait donné le signal, le chef d’établissement enclencherait avec le maire, la communauté éducative, les nombreuses associations compétentes, un suivi particulier de l’enfant en lien avec sa famille. Ce suivi comprendrait si besoin l’aide spécifique de professionnels, du secteur de la santé notamment. Cet investissement, nous le retrouverons plus tard au centuple. L’acquisition des savoirs fondamentaux par tous les élèves sans exception a été la grande œuvre de Jules Ferry : il faut que nous retrouvions la même ambition.

 

Les filières de l’enseignement professionnel doivent donner accès à l’emploi.

Les jeunes qui sortent diplômés de l’enseignement supérieur trouvent en général un emploi dans les mois qui suivent la fin de leurs études, même si le délai peut varier selon les aléas de la conjoncture. C’est moins souvent le cas pour les jeunes qui sortent de l’enseignement professionnel. Or, sans travail, pas d’émancipation, pas de logement, pas de possibilité de fonder une famille. L’idéal républicain exige que toutes les filières de l’enseignement permettent aux jeunes de démarrer dans l’existence. Les filières professionnelles seront attractives lorsqu’elles donneront accès à l’emploi.

 

Pour cela, il faut que la formation en alternance soit systématique en dernière année de baccalauréat professionnel et de CAP. Prenons exemple sur notre filière hôtelière, qui n’a jamais abandonné le principe de la formation en alternance : ses diplômés sont demandés dans le monde entier. L’alternance a deux avantages : elle donne aux élèves un premier réseau de contacts dans le monde professionnel, ce qui est très utile pour la suite ; elle leur donne également une première expérience, ce qui permet de compenser le caractère élevé du coût du travail des jeunes pour l’entreprise rapporté à leur inexpérience.

 

Les entreprises auront pour leur part l’obligation d’accueillir plus de jeunes en alternance, y compris le secteur tertiaire comme les banques et les assurances, et nos trois fonctions publiques devront également s’ouvrir à l’alternance.

 

La fonction publique exerce des centaines de métiers à l’apprentissage desquels elle peut contribuer. Elle a aussi des valeurs à transmettre.

 

 

 

 

VOIR la suite.....

 

 

 

 

 

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