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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 15:00

Rebelles-libyens-prise-de-Tripoli.jpg

 

 

Les rebelles sont entrés dans Tripoli beaucoup plus facilement que prévu. Sans doute l’opération avait-elle été soigneusement préparée pour éviter un bain de sang. Alors que la chute de Mouammar Kadhafi ne semble plus être qu'une question d'heures, le Conseil national de transition (CNT), pourtant divisé, essaye de préparer le terrain. Mais les négociations s'annoncent tendues.

Alors que les rebelles avançaient à marche forcée vers la résidence où se trouverait Mouammar Kadhafi, à Tripoli, un représentant du Conseil national de transition (CNT) a annoncé lundi 22 août que le siège de cet organe, qui a tenté d'unifier l'ensemble des mouvances rebelles, va être transféré dans la capitale libyenne. Une façon de s'approprier définitivement le fief de l'ancien pouvoir, de mettre fin à la guerre et aussi de faire la démonstration que le pouvoir libyen n’est pas la simple émanation du groupe de rebelles de Benghazi.

Et après? Pour répondre aux demandes insistantes de la communauté internationale –des occidentaux surtout–, la rébellion libyenne a défini une nouvelle feuille de route pour "l'après-Kadhafi" : une "déclaration constitutionnelle" qui prévoit de remettre le pouvoir à une assemblée élue dans un délai de huit mois maximum et l'adoption d'une nouvelle Constitution. Dans son document, le CNT réaffirme être "la plus haute autorité de l'État […], il est le seul représentant légitime du peuple libyen, et tire sa légitimité de la révolution du 17 février".

Dissensions au sein du CNT

Problème de taille, cette autorité est elle-même divisée. "Après l'assassinat d'Abdel Fattah Younès [un chef militaire qui a rallié le CNT après le début de la révolution, Ndlr], l'instance exécutive du CNT a été dissoute [le 9 août dernier] et n'a pas été réformée depuis", rappelle au JDD.fr Patrick Haimzadeh, haut diplomate en poste au nom de la France à Tripoli de 2001 à 2004 (*). Le "Premier ministre" rebelle, Mahmoud Djibril, a été chargé de former un nouveau gouvernement mais les négociations n'ont pas abouties.

"Les dissensions au sein du CNT sont politiques (monarchistes, républicains...), religieuses (musulmans, laïcs...) mais aussi géographiques", analyse Patrick Haimzadeh avant de développer : "Les forces occidentales ont beaucoup soutenu les gens de Benghazi, de Brega, dans l'Est du pays. Le CNT est lui-même composé en majorité de rebelles venant de ces régions. Or, la bataille de Tripoli n'aurait pu avoir lieu sans la volonté d'une tribu qui contrôle les alentours de Tripoli [à l'ouest du pays, Ndlr]". Les rebelles de l'Est vont donc devoir composer avec les groupes tribaux qui ont donné les clés de la capitale libyenne.

Un fédéralisme inévitable

La reconstruction va également devoir passer par l'intégration de l'élite qui détenait le pouvoir ces dernières années. Des négociations se sont déroulées afin d'intégrer au futur système politique les anciens chefs militaires et de laisser à leur poste certains hauts fonctionnaires chargés de secteurs-clés tel celui des énergies. "Si ces responsables, soutenus par certains tribus, sont rejetées lors de l'après-Kadhafi, on ne peut exclure une dissidence et un retour au conflit civil", note Patrick Haimzadeh.

 

Une solution permettrait d'éviter l'éclatement du CNT et un soulèvement  d'anciens Kadhafistes : la création d'un système fédéral complètement décentralisé, tandis que le pouvoir central resterait en charge de la gestion de la rente pétrolière, qui fait vivre le pays. Autrement dit, reprendre les principes de la démocratie directe, théorisée par Mouammar Kadhafi via la Jamahiriya (l'institution de "l'Etat des masses") en 1975-1976. "Ce système permettait aux notables locaux de s'exprimer et ainsi d'assurer une certaine unité dans la Libye postcoloniale. C'est finalement ce qui a le moins mal marché sous Kadhafi", explique encore l'ancien diplomate.

La Libye, indépendante, n'a de toute façon jamais connu un pouvoir central fort et le CNT, par sa diversité, s'oriente de facto vers un système fédéral. "Il n'y a pas de culture politique, cette dernière ayant été détruite par Kadhafi avant même de pouvoir exister", conclut Patrick Haimzadeh

(*) Patrick Haimzadeh décrit comment a perduré pendant 42 ans le système Kadhafi dans un livre publié en avril aux éditions JC Lattès, Au cœur de la Libye de Kadhafi.

 

 

Source : lejdd.fr  23-08-2011

 

 

 

 

 

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