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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 18:00

 

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« Les rares articles qui parlent de mon métier sont stéréotypés. » Philippe, 28 ans, vit à New York et travaille comme analyste quantitatif dans une grande banque. Pour lui, « le plus de ce métier, c'est l'aspect créatif ». Il a accepté de décortiquer son porte-monnaie.

 

Les analystes quantitatifs -spécialistes des sciences dures, en particulier des mathématiques- font partie d'une caste à part dans le monde de la finance. Philippe précise d'ailleurs : « En dehors de ma vie professionnelle, je ne fréquente pas trop les banquiers. Diplômé de l'Ecole centrale de Lyon et titulaire d'un DEA de l'université de Paris-VI, il a surtout été attiré par l'aspect scientifique et mathématique du métier : « J'aime les études scientifiques. Après des stages dans le domaine de l'analyse quantitative, j'ai trouvé l'aspect mathématique de ce métier très intéressant. »

 

Il explique : « L'analyse quantitative, c'est de la gestion de risques. La banque est rémunérée par des investisseurs institutionnels pour prendre des risques. Nous, on crée des modèles pour gérer ces risques. Enormément d'études qui entrent en jeu dans ce métier proviennent de différents domaines. Par exemple, ces dernières années, j'ai appliqué des choses qui viennent de la robotique. »

 

Cette discipline méconnue du grand public attire de plus en plus d'ingénieurs du monde entier. Philippe raconte ainsi : « Dans mon équipe, le chef est indien et j'ai des collègues roumains, allemands, italiens et chinois. Tous ces gens viennent de milieux de recherche très différents. »

 

Si l'équipe est internationale, l'activité l'est tout autant. Après un stage de fin d'études à Amsterdam, Philippe a travaillé à Madrid, puis Londres pour finalement s'installer à New York pour travailler dans une banque dont il préfère taire le nom : « J'adorais Madrid mais j'ai détesté Londres. Ça n'était pas assez chaleureux. New York, c'est vraiment une belle ville. Au niveau culturel, c'est très intéressant. Les gens sont très chaleureux et la vie nocturne très sympa. »

 

La crise, « ça n'a pas été agréable du tout »

Même si Philippe a été épargné par la crise, il a été le témoin des bouleversements qu'a connus le monde de la finance ces dernières années : « Par chance, je me suis toujours trouvé dans des banques qui ont bien géré les risques. Mais c'était quand même stressant. Dans ma banque, 20% des effectifs ont été dégraissés. Donc c'est sûr, ça n'a pas été agréable du tout. »

 

Il raconte : « Durant la crise, beaucoup de banques en ont profité pour nettoyer les équipes. Ma banque a toujours été très correcte lors des licenciements : elle payait au moins six mois de salaire et cherchait toujours à replacer ceux qui avaient été licenciés. Ça n'a pas été le cas de toutes, certaines ont eu des comportements infects. »

Lorsqu'on aborde la responsabilité des analyses toxiques produites par les « quants » dans la crise des subprimes, Philippe précise : « Effectivement, il y a eu des analyses mathématiques toxiques -personne n'est infaillible-, mais ces analyses avaient été autorisées et même demandées par le management. »

 

Revenus : 19 300 euros par mois

 

« Il s'agit essentiellement de mon salaire fixe et de mon bonus, qui varie. » Depuis la crise des subprimes et les scandales soulevés par les bonus dans le monde de la finance, leur montant a quelque peu diminué. Philippe précise pourtant : « Pour pouvoir baisser les bonus on a augmenté les salaires de base et les bonus sont maintenant beaucoup plus délivrés en actions. »

  ·         Salaire de base : 12 765 euros par mois (toutes les sommes ont été converties du dollar à l'euro). Il travaille environ 60 heures par semaine.

  ·         Bonus : autour de 6 380 euros par mois

  ·         Intérêts de ses économies : environ 65 euros

  ·         Dividendes : environ 90 euros

En tout, Philippe touche donc 19 300 euros par mois. Il est d'accord : « Effectivement, c'est énorme. »

 

Dépenses fixes : environ 12 000 euros

 

  ·         Loyer : 4 021 euros. C'est de loin le plus gros foyer de dépense pour Philippe. Il loue un 90 m2 : « On est à New York, donc c'est très cher. Mais je vis dans un immeuble très sympa, avec un balcon privé et une vue magnifique sur la ville. »

  ·         Taxes : 5 860 euros

Philippe paye trois types de taxes aux Etats-Unis :

2 690 euros par mois pour la taxe IRS (impôt sur le revenu) sur son salaire de base ;

2 360 euros pour la même taxe sur son bonus ;

810 euros par mois à la ville de New York.

  ·         Cotisation pour Medicare : 183 euros. C'est sa participation obligatoire à Medicare, la couverture médicale pour les Américains les plus pauvres.

  ·         Couverture médicale : 122 euros

  ·         Couverture dentaire et optique : 15 euros

  ·         Cotisation retraites : environ 770 par mois. « C'est un compte que l'on alimente comme on veut. »

  ·         Assurance vie : 27 euros

  ·         Assurance habitation : 31 euros

  ·         Sport : 400 euros. Il a accès à la salle de gym de la banque où il travaille pour 55 euros par mois. La somme est directement prélevée sur son salaire.. En plus de sa cotisation professionnelle, Philippe est membre d'un club de gym privé et paye 345 euros par mois.

  ·         Femme de ménage : 306 euros par mois

  ·         Carte de métro : 68 euros

  ·         Forfait téléphone (avec connexion internet) : 77 euros

  ·         Internet et télévision : 77 euros

 

Dépenses aléatoires : autour de 3 400 euros

 

  ·         Alimentation (restaurants et courses) : environ 1 500 euros. C'est un poste important de dépense dans le quotidien de Philippe : « Je sors beaucoup au resto avec des amis. J'invite aussi souvent. C'est un des gros plus de ma profession : pouvoir être sympa avec les gens qu'on aime. ». Le mois dernier, il a ainsi dépensé 1 320 euros en restaurants et 220 euros pour le reste de son alimentation.

  ·         Taxi : 400 euros. « C'est beaucoup, mais à New York, c'est le principal moyen de transport. »

  ·         Pressing : environ 45 euros

  ·         Frais médicaux en tout genre : 15 euros. Les médicaments non-remboursés par exemple.

  ·         Loisirs : environ 1 500 euros. Si le coût de la vie à New York est très élevé, Philippe profite de certains loisirs gratuitement. C'est le cas des courts de tennis auxquels il a accès à Chinatown. Son employeur étant philanthrope, l'analyste quantitatif bénéficie également d'entrées gratuites pour lui et ses invités dans la plupart des musées new yorkais.

  ·         Sorties : un peu plus de 300 euros. Philippe sort souvent dans des bars et des clubs de jazz.

  ·         Cours de piano : 184 euros. « C'est mon gros hobby ! En ce moment, je travaille sur des improvisations en blues. »

  ·         Cinéma, livres, week-ends au spa et autres : autour de 450 euros

  ·         Vacances : 500 euros. Philippe rentre une à deux fois par an en France et profite de ses vacances d'hiver pour faire des séjours au ski. Cette année, il a donc dépensé 6 000 euros en voyages, soit une moyenne de 500 euros par mois.

 

Epargne : 4 000 euros

 

Il reste un peu moins de 4 000 euros par mois à Philippe, une somme qu'il épargne. Il lui arrive d'utiliser cet argent pour l'achat de meubles ou de tableaux. Il a aussi récemment investi 50 000 dollars (soit environ 36 000 euros) dans la production d'un film britannique, « SUS ».

 

 Il explique : « Je n'ai pas une grosse volonté d'investir dans un pactole. J'ai contribué à ce projet pour l'amour de la chose. C'était vraiment un beau projet, très intéressant. Je n'y avais aucun intérêt fiscal ou pécuniaire. »

 

 

 

 

Source : Eco89  octobre 2010

 

 

 

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