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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 18:00

 

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Il se dit « radin » au quotidien, mais n'hésite pas à casser sa tirelire pour de grands voyages. Edouard a accepté de voir éplucher ses comptes.

 

Edouard travaille dans le secteur de la banque depuis l'âge de 17 ans. Chez BNP d'abord, puis à la Caisse d'épargne Ile-de-France, qu'il a rejoint voici trois ans. Employé de banque par vocation ? Le conseiller financier évoque plutôt une soif d'autonomie et la « sécurité de l'emploi qu'on ne trouve pas dans les autres secteurs privés ». Quand on travaille dans la vente, en tout cas.

 

A 34 ans, ce Parisien pose aujourd'hui un regard désenchanté sur son métier. « C'est la vente avant tout, pas tellement la satisfaction des clients. Certains vendent des salades, nous, ce sont des produits financiers. Le boulot n'est pas très valorisant, à part quand on fait des crédits immobiliers : là, on doit vraiment connaître le client. »

Délégué du personnel, Edouard est en grève depuis quinze jours, date du début du mouvement social au sein de l'Ecureuil francilien. En jeu : le plan social, qui concerne surtout ses « collègues du siège ». Mais aussi la baisse du revenu annuel des employés, estimée par eux à environ 3 000 euros.

 

Edouard reconnaît néanmoins les avantages de sa profession : « Pour mon niveau d'études, à savoir Bac+2, je touche un salaire très correct, au-dessus de la moyenne. » Sans parler de l'aura qui accompagne sa profession, selon lui. « Quand j'ai commencé, dire que je travaillais à la banque, c'était mieux que d'être chef de rayon au supermarché, même si le salaire pouvait être le même », explique-t-il.

 

Revenus : 2 250 euros par mois

 

Dans son agence de Montmartre, Edouard travaille de 9 heures à 17h30, avec une demi-heure de pause déjeuner.

 

·         Salaire : 1 836 euros net par mois (31 000 euros annuels, 13e mois inclus).

 

L'entreprise paie également la moitié de :

·         Sa mutuelle, soit 27 euros par mois,

·         Sa carte orange : 28 euros par mois,

Ses tickets restaurants : 5 euros par ticket, soit 85 euros par mois pour 17 tickets.

 

Edouard gagne également 120 euros par mois, en moyenne, en faisant des heures supplémentaires. « Ce n'est pas négligeable », estime-t-il. Le banquier dispose de 42 jours de congés par an, dont 10 jours de RTT.

 

Grâce au comité d'entreprise de la Caisse d'épargne, Edouard reçoit en outre, chaque année :

 

·         60 euros de bons d'achats,

·         305 euros pour des activités « sports et loisirs ».

 

Depuis le 13 avril, des centaines d'employés de la Caisse d'épargne Ile-de-France contestent la baisse de rémunération liée à une prime d'intéressement et à une part variable inférieures à celles de 2009. Selon Edouard, « la Caisse d'épargne Ile-de-France a fait profiter de ses bénéfices à la maison-mère, la BPCE, avant d'en faire profiter ses salariés, contrairement aux autres Caisses d'épargne ».

Les grévistes mettent notamment en cause les difficultés financières du groupe suite à la fusion de la Banque populaire et des Caisses d'épargne et à la crise de Natixis. Cette année, Edouard a touché :

·         1 100 euros de part variable, contre 1 700 euros l'an dernier,

·         178 euros d'intéressement, contre 2 200 euros l'an dernier.

La part variable est calculée en fonction des résultats individuels et des résultats de chaque agence, tandis que l'intéressement dépend du résultat net d'exploitation de la Caisse d'épargne.

 

Enfin, Edouard reçoit 200 euros par an de bons si son agence réussit les « challenges » de l'entreprise. « Par exemple, il s'agit de vendre 200 plans épargne-logement ». Le banquier dépense ces bons d'achats en alimentation.

 

« Mes revenus sont dans la moyenne pour un conseiller financier », assure Edouard. « Tout le monde croit que les banquiers sont des nantis. C'est un peu vrai. Mais il y a une grande différence de revenu entre les banques de détail et les banques d'investissement. C'est un peu comme entre un médecin de campagne et un chirurgien. »

 

Dépenses : 1 888 euros par mois

 

Lorsqu'il compare sa situation avec celle de ses collègues, il se dit « privilégié ». « C'est aussi pour ça que je peux me permettre d'être en grève -et donc de ne pas être payé- pendant quinze jours : je n'ai pas de crédit immobilier sur les bras, ni trois enfants à charge. » Et surtout, Edouard ne paie pas de loyer. Son appartement de 60 m², dans « un des quartiers les plus chers de Paris », est une société civile immobilière (SCI) appartenant à sa famille. Il paie néanmoins « toutes les charges d'un propriétaire » :

·         la taxe foncière : 600 euros par an,

·         la taxe d'habitation : 800 euros par an,

·         les charges liées à la copropriété : 605 euros par trimestre,

·         des charges ponctuelles telles qu'un ravalement de façade : 1000 euros par an.

Soit 400 euros par mois. S'il devait payer le loyer de cet appartement, Edouard en aurait probablement pour 2000 euros.

·         L'assurance habitation lui coûte 158 euros par an.

·         Pour se rendre au travail, Edouard utilise son scooter auquel il consacre 125 euros par mois entre l'essence, l'assurance et les réparations.

 

Côté alimentation, en revanche, le budget d'Edouard est réduit. Il consacre 3 ou 4 euros à chaque déjeuner et 60 euros par semaine à ses courses alimentaires. « Je me prive beaucoup le midi », confie-t-il. Il économise le reste de son ticket restaurant. Ses achats, Edouard ne les fait jamais dans les commerces de proximité, bien qu'il habite dans le IVe arrondissement de Paris.

 

L'employé de banque enfourche son scooter tous les quinze jours pour se rendre dans les hypermarchés en-dehors de la capitale. Dernièrement, Edouard a privilégié le hard discount. « Il y a une vraie différence de prix », souligne-t-il. Néanmoins, il tente de manger sainement et consomme du poisson. Il complète avec le marché une ou deux fois par mois pour les légumes frais, « un petit luxe ».

 

Le budget loisirs de l'employé de banque est également limité. Compter 20 euros par semaine. Quand il mange au restaurant avec des amis, il veille à ne pas dépenser plus de 7,50 euros. Pour payer ses places de cinéma 5 euros au lieu de 10, Edouard se déplace à Ivry-sur-Seine.

 

Ses autres dépenses fixes mensuelles sont :

·         son abonnement internet, télé, téléphone : 30 euros,

·         son portable : 52 euros,

·         l'électricité : 60 euros,

·         la salle de sport : 50 euros par mois, financés en partie par le comité d'entreprise,

·         sa cotisation syndicale : 20 euros,

·         une femme de ménage : 40 euros.

 

Chaque jour, Edouard dépense par ailleurs 7 euros en cigarettes. Un budget conséquent sur un mois (210 euros), alors que le banquier ne dépense que 50 euros par an pour s'habiller : « Je récupère des vêtements chez des amis ou j'achète des vêtements pas chers lors de mes voyages. A Buenos Aires, j'ai acheté des chaussures par exemple. » Il guette également les « super promos ». Et pour travailler ? Edouard a trois costumes. « J'attends qu'ils soient usés jusqu'à la corde, voire troués, pour les remplacer. »

 

« A Paris, je suis radin, je fais attention à tout », assume Edouard. En revanche, le conseiller financier a un« gros budget vacances ». Trois semaines à Rio en février. Une semaine à Marrakech en mai. Quinze jours cet été à Barcelone. Chaque année, Edouard dépense plus de 5 000 euros en séjours et week-ends à l'étranger. Il se rend régulièrement à Londres et Berlin : pour lui, « c'est comme d'aller en Bretagne ».

Edouard, qui bénéficie de réductions d'impôts, déclare payer « par tiers » 1 000 euros d'impôts par an.

 

Placements financiers

 

Edouard évoque un « effort d'épargne de 1 000 euros par mois ». Il a en réalité contracté deux emprunts, dont il rembourse 1 000 euros par mois. Pour rembourser, il pioche parfois dans son épargne (4 000 euros). Il place la somme empruntée en bourse, « non pas pour avoir plus d'argent mais pour, un jour, pouvoir réduire mon temps de travail et compenser la perte de revenu ».

A l'année, les dividendes de ses placements dans des SCPI (sociétés civiles de placements immobiliers) lui rapportent 600 euros. Après avoir perdu 8 000 euros en bourse, il a compensé ses pertes et réalisé une plus-value de 5 000 euros. Des « gains éventuels » qu'il touchera quand il vendra ses titres.

 

 

Source : Eco89  mai 2010

 

 

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