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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 05:17





Dans ces temps difficiles ou chacun se pose des questions sur son avenir ou sur l'avenir de ses enfants, d'autres n'ont même plus ce choix là; ils vivent au jour le jour, se débattent ,avec les difficultés et "improvisent" leur vie en fonction des circonstances. D'autres encore, aidés par la chance ou par leur travail ou bien parce qu'ils se trouvent encore dans le bon créneau, parviennent à maintenir leur pouvoir d'achat, souvent avec beaucoup de mal.
En choisissant des exemples représentatifs de notre société, le site "Eco89" a eu l'idée de passer "aux rayons X" les porte-monnaies de Français, que nous cotoyons tous les jours, sans bien savoir leurs problèmes








Appelons-le Alfred. Alfred, 27 ans, contrôleur de gestion dans une société de gestion de fonds parisienne qui gère plus de 3 milliards d'euros d'encours. Depuis le « middle office », il vérifie et exécute les opérations des traders. il a accepté de passer ses revenus au rayon X.

 

Alfred est un pur produit de la méritocratie : élevé par sa mère, prof de maths, il fait une prestigieuse école de commerce, grâce à un prêt étudiant et en enchaînant les petits boulots. Puis est tout de suite été embauché dans une grosse PME indépendante qui gère des fonds : « J'ai toujours aimé les chiffres et je savais qu'en faisant ce choix de la gestion d'actifs, j'aurais des perspectives de carrière intéressantes. Et puis, mon travail n'est pas déconnecté de l'économie réelle. Les gérants de fonds s'informent en permanence, lisent tout le temps Les Echos, Le Monde… »

En tant que contrôleur de gestion du « middle office », il réalise des statistiques sur les fonds, des historiques sur les rendements, les risques pris, les performances des gestionnaires… Il ne roule pas en Porsche, mais en Vélib tout en reconnaissant « très bien gagner sa vie ».

 

Revenus : 3450 euros net par mois, plus l'intéressement

 

Son salaire net s'élève à 2700 euros par mois, plus un intéressement annuel de 3000 euros (soit 250 euros par mois bloqués pendant cinq ans, sinon la somme est imposable sur le revenu) et une prime personnelle de 9000 euros par an. Le fameux bonus. « Je ne sais pas avec certitude comment il est attribué. En général, c'est le principe des “ enveloppes descendantes ”, chaque échelon distribuant en part plus ou moins égale à l'échelon inférieur. Mais en fait, nous n'en parlons pas entre nous. Je trouve ça plutôt sain : je n'ai pas de jugement à porter sur le travail de mes collègues et c'est mieux. »

Visiblement, Alfred a les pieds sur terre : « C'est beaucoup d'argent, mais ce n'est pas indécent. Au “front office”, je pourrais sans doute ajouter un zéro. Mais je n'ai pas envie de rentrer dans le concours de celui qui a la plus grosse bistouquette avec mes collègues… »

Sur le débat actuel autour de la limitation des bonus, Alfred a un avis nuancé : « Les bonus, je trouve ça normal : l'argent que ma société distribue, c'est de l'argent qu'elle a gagné. Et nous avons des objectifs de maîtrise du risque, en plus de ceux liés à la performance. Donc chez nous, le “ Jérôme Kerviel ” est impossible… le problème se pose lorsque le bonus est calculé en fonction des gains et pas de la prise de risque : ça c'est anormal. Chez nous, le premier objectif est de préserver le capital de nos clients, puis de générer une performance. Le type qui appuie sur des boutons et gagne deux millions de dollars en bonus, il ne le mérite pas. »

Dans son entreprise, les salariés n'ont pas de ticket resto, pas de plan d'épargne entreprise. En revanche, ils peuvent investir dans leur propre fonds, avec une ristourne sur les frais de gestion. Sa femme, consultante, a des revenus équivalents.

Total : 7000 euros net par mois pour le couple.

 

Les dépenses fixes d'Alfred : 1795 euros par mois




Le couple est locataire (1100 euros par mois, eau et chauffage inclus)
de son appartement de 40 m2 dans les beaux quartiers de Paris.

Outre sa part du loyer (550 euros), Alfred répartit ainsi ses dépenses « obligatoires » :

**  Alimentation et produits ménagers : 180 euros

**  Restos midi et week-end : 300 euros

**  Vins et alcools (une visite par semaine de son caviste préféré) : 50 euros

**  Impôt sur le revenu : 220 euros (2 650 euros pour 2009)

**  Taxe d'habitation : 240 euros

**  Femme de ménage : 160 euros par mois, moins 80 euros de déduction fiscale

**  Abonnement portable, Internet et Canal+ : 115 euros

**  Transports (métro et Vélib, selon les saisons) : 65 euros

**  Vêtements (« costume/cravate pour aller travailler ») : 60 euros

**  Produits de beauté (« tout l'attirail du métrosexuel que je suis ») : 45 euros

**  Meubles : 100 euros

**  Cotisation associations (Ligue des droits de l'Homme et MSF) : 10 euros par mois



Epargne et loisirs : 700 euros de placements et 245 pour le fun

 

Cette année, le couple a décidé d'investir dans la pierre en achetant un logement sous le régime de la loi Scellier. Cela leur coutera 400 euros chacun, mais cela devrait permettre à Alfred, dès 2010, de diviser par deux son impôt sur le revenu : « J'ai une gestion de bon père de famille. Ma femme trouve que j'épargne trop. Je boursicote avec parcimonie. Je préfère investir dans l'immobilier, cela équilibre par rapport à mon métier. »  

Outre son intéressement bloqué pour cinq ans, Alfred verse 100 euros par mois sur un PEA. Il a investi 2 000 euros et ses actions sont valorisées à 2500 euros.  

« Je les garde assez longtemps. Et puis, j'ai des actions “ sentimentales ”, comme Le Monde ou EDF énergies nouvelles, que je ne vendrai pas. C'est une sorte d'investissement citoyen. »

Il alimente aussi un Livret A à hauteur de 200 euros par mois, pour « les dépenses imprévues ». Total : 700 euros par mois. A quoi s'ajoutent les dépenses de loisir :

**  Vacances : 150 euros

**  Abonnement club de gym : 50 euros

**  Livres : 25 euros

**  Carte cinéma : 20 euros

« Je ne fais pas vraiment les comptes, mais je ne dépense pas structurellement plus que ce que je gagne. J'estime très bien gagner ma vie, mais pas des fortunes non plus. Je pourrais payer plus d'impôt, c'est vrai… Car finalement, j'en paie peu par rapport à mes revenus. »

Enfin, la différence constatée entre revenus et dépenses (y compris l'épargne), de l'ordre de 730 euros par mois, correspond à la part variable de sa rémunération. Deux années de suite, Alfred s'est servi de son bonus pour rembourser un prêt d'étudiant. Le coût du mérite.

 

Source : Eco89  16-10-2009

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