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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 18:00

 

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Quand Laurent Wauquiez polémique sur le « cancer de l'assistanat », Morgane accepte de nous ouvrir son  porte-monnaie.

Elle vit du RSA et de quelques économies. Morgane, 27 ans, s'est lancée depuis près de deux ans avec Salomé, une amie, dans la création d'une entreprise de mode : « Pas facile financièrement. » Ouverte, elle n'a pas hésité quand on lui a demandé de détailler son porte-monnaie. « Je mets les mains dans les poches pour la photo, comme ça je correspondrai à l'image de la “Rsiste” qui ne fait rien », plaisante Salomé. Une allusion ironique à la polémique que le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Laurent Wauquiez tente de relancer sur l'assistanat. Sans le RSA, « on pourrait pas faire ce qu'on fait aujourd'hui », indiquent d'emblée les deux créatrices.

Affable, vêtue avec recherche, Morgane occupe avec Salomé un atelier de 22 m2 au quatrième étage du 6B, un espace accueillant des artistes à Saint-Denis. Deux ordinateurs font face à deux machines à coudre, les créations côtoient la paperasse. Bienvenue dans une petite entreprise complètement autonome.

« J'ai pris le premier truc qui venait » « Après un bac ES, j'ai fait un BTS design de mode puis un diplôme supérieur d'arts appliqués en conception créateur textile, à Roubaix. » C'est là qu'elle rencontre Salomé. Son bac +4 en poche, Morgane s'accorde une année Erasmus à Barcelone : « J'avais mon diplôme et pas grand-chose à apprendre au niveau des études, si ce n'est voir comment on étudie la mode dans un autre pays, et puis apprendre l'espagnol. »

A son retour à Paris, elle est embauchée par la société Vanitex, spécialisée dans le prêt-à-porter féminin. Elle avoue : « J'avais besoin d'un travail pour prendre un appartement et mon indépendance, donc j'ai pris le premier truc qui venait. »

Enrôlée comme styliste, elle s'occupe en fait de la production, suite au départ d'une personne : « C'était pas mon truc, et pas non plus mes compétences. Je subissais une forte pression sur la gestion des stocks qui me paraissait aberrante pour des choses que je ne considérais pas importantes. Et puis, ils faisaient plus du commerce que de la mode. »

Un peu écœurée par le travail dans le commerce, « morcelé et déconnecté de la réalité », elle commence à réaliser des projets personnels de création. « Un besoin de s'épanouir autrement. » «  A ce moment-là, on s'est dit avec Salomé que ça serait génial de réaliser des costumes, des accessoires, des vêtements. De monter notre propre entreprise. »

Morgane fait une rupture conventionnelle de CDI avec son employeur et se retrouve au chômage. Comme Salomé : « Ça nous laissait un an pour essayer de nous lancer. Avant qu'on se rende compte que toutes seules, c'était irréalisable. »

C'est grâce à l'aide d'une couveuse d'entreprise – un dispositif d'accompagnement qui leur permet de tester leur projet pendant plus d'un an, sans payer de charges – qu'elles se lancent. Naît alors Léon Rose Magma : « Trois mots comme trois ingrédients d'une formule magique comprenant tout ce qu'on met dans notre création : matière, couleur et parfum. »

Elles sortent en mars de la tutelle de la couveuse : « On n'est toujours pas rentables mais on atteint l'équilibre. » Enfin, l'équilibre… Façon de parler : la société ne verse toujours pas de rémunération à ses deux cofondatrices.

Elles sont en train de se renseigner pour voir si l'une des deux peut prendre le statut d'auto entrepreneuse.

Les deux jeunes filles se fixent l'objectif d'un an et demi pour parvenir à se rémunérer. Mais Morgane confie : « C'est plutôt : tant qu'on tient, on continue et quand on pourra plus, qu'on sera épuisées, si ça ne marche toujours pas, alors on arrêtera. »

Car après avoir éprouvé la mode version commerce à la chaîne, Morgane dessine, coud, assemble. Elle fait ce qu'elle aime.

 

Revenus : 613 euros

Une somme qui comprend le Revenu de solidarité active (RSA, 413 euros) et l'aide au logement (200 euros) : « Je trouve que c'est déjà bien et je suis reconnaissante de toucher cette aide. Mais c'est vrai que si ça pouvait être un peu plus, ce serait mieux. Après, je trouve logique qu'en ayant le RSA, je touche moins qu'un travailleur à mi-temps. »

 

Dépenses fixes : 454 euros par mois

·         Loyer : 218 euros (une fois l'APL déduite)

Morgane habite en colocation avec deux autres personnes dans un appartement du XVIIe arrondissement de Paris : « La surface est vraiment bien pour ce qu'on paie quand on connaît le prix des loyers à Paris. Et du coup, pour tout on divise nos dépenses par trois. Mais bon, le loyer représente 80% de ce que je touche ! »

·         Electricité et gaz : 42 euros

·         Taxe d'habitation : 10 euros par mois

·         Assurance habitation : 11 euros

·         Entretien de la chaudière : 3,50

·         Transports : gratuits

« Merci le RSA ! Je bénéficie de la gratuité solidarité transport. Je travaille en zone 3 [pour un forfait plein à 78,20 euros par mois, ndlr], c'est vraiment pas négligeable. »

·         Mutuelle : 20 euros

·         Forfait téléphone : 60 euros

« J'ai un forfait un peu moins cher normalement, mais je fais du hors forfait tous les mois »

·         Internet : 10 euros

·         Cantine du 6B : 80 euros

« Je mange à la cantine tous les jours. Pour 4 euros, on a un très bon repas, préparé sur place et puis ça nous permet de discuter tous ensemble avec les autres personnes qui travaillent dans le bâtiment. »

 

Dépenses aléatoires : environ 245 euros par mois

·         Nourriture : 100 euros

« C'est assez variable, mais globalement pour manger le soir, le week-end et le matin, je dépense 25 euros par semaine. »

·         Vêtement : 60 euros

« Je m'achète des fringues quand même, de temps en temps, mais rarement plus de deux par mois. » Quoi, tu ne fais pas tes fringues toi-même ? « Malheureusement, je n'ai pas le temps de me faire des vêtements. »

·         Loisirs : environ 60 euros par mois

Un resto et un ciné par mois, Morgane fait attention aux dépenses de loisirs : « Je m'accorde une sortie de ce type par mois. Et quand je vais dans les bars le week-end, je consomme une bière ou un verre de vin, rarement plus. »

·         Voyage : environ 25 euros par mois

« Je prends des petites vacances à droite, à gauche, sans compter les voyages qu'on fait pour l'entreprise. Ça me revient environ à 300 euros par an. »

 

Epargne : 0 euro

Au total, le solde est négatif d'un peu moins de 100 euros. Un découvert variable selon les mois : « Pourtant, je ne vois pas mon compte baisser de plus de 250 euros tous les mois. »

En fait, Morgane pioche dans les petites économies qu'elle s'est constituées lorsqu'elle travaillait ou qu'elle était au chômage : « A l'époque du chômage, je m'étais mis dans la tête que j'étais pauvre donc je dépensais pas beaucoup. »

Surtout, les dépenses sont variables d'un mois sur l'autre, avec de déplacements nombreux pour l'entreprise que Morgane et Salomé peuvent faire passer dans la comptabilité : « En tout cas, je fais super gaffe à ne jamais être trop à découvert. »

 

 

Source ECO89  mai 2011 

 

 

 

 

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