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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 07:00

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Conséquence de la politique de rigueur que souhaite mettre en place le gouvernement, les collectivités locales et les ténors du BTP sont contraints de geler leurs projets. Des projets qui auraient pu faciliter la reprise de la croissance mais qui, mis à l’arrêt, risque de plomber encore un peu plus le chômage.

Adieu musées, TGV et tribunaux… La rigueur douche les rêves des élus locaux et des géants du BTP. Les grands travaux sont gelés en attendant des jours meilleurs. Seuls survivent quatre tronçons de lignes à grande vitesse dont les chantiers sont en cours ou signés. L’objectif du gouvernement est une économie globale de 10 milliards d’euros, les investissements et la défense représentent un tiers de cette enveloppe.

Il ne s’agit toutefois pas de coupes au sens strict : la plupart des sommes n’avaient pas été engagées. Aurélie Filippetti (Culture), Christiane Taubira (Justice) ou Frédéric Cuvillier (Transports) ont pointé les "promesses non financées" de leurs prédécesseurs. Les mauvaises nouvelles restent délicates à assumer. "Je ne veux pas être le ministre du renoncement", soupirait un membre du gouvernement parmi les plus touchés.

Le Grand Paris au point mort

Cela ne change pas le résultat. Partagé entre Duflot (Territoires) et Cuvillier, l’emblématique Grand Paris est au point mort. Une enveloppe d’un milliard d’euros de crédits était nécessaire pour accélérer les études. Elle ne viendra pas. Le métro de banlieue ou la liaison CDG Express reliant Paris à l’aéroport Charles-de-Gaulle attendront. Le ministère des Transports est l’une des principales victimes des temps mauvais. À 30 millions d’euros le kilomètre de TGV, l’arbitrage a été rapide. Exit les lignes PACA, Normandie, Limoges, etc. Le canal Seine-Nord est comme d’autres plans renvoyé aux cartons d’une commission d’évaluation. L’ensemble des projets issus du Grenelle devait s’élever à 245 milliards d’euros sur vingt-cinq ans. Or les moyens annuels sont limités à 2 milliards d’euros. Cuvillier se recentre sur "les chantiers de proximité". Il sauve des contournements routiers et des lignes ferroviaires comme le Paris-Belfort.

Justice et pénitentiaire revoient leurs objectifs

Taubira, elle, a tiré un trait sur le nouveau tribunal de Perpignan et sur celui de Lille, qui étaient financés en partenariat avec des investisseurs privés, un montage coûteux à long terme. "Martine Aubry comprend très bien", assure-t-on place Vendôme. Les élus devront trouver d’autres ressources. De même, les 80.000 places de prison promises par Sarkozy sont effacées. La ministre ramène l’objectif à 63.500 (contre 57.000 aujourd’hui), en cohérence avec sa politique de peines alternatives à l’incarcération. Du coup, de nombreux établissements pénitentiaires ne verront pas le jour. Le ministère privilégie le remplacement de prisons vétustes et la rénovation.

Réduction de l’armement

Le Drian (Défense) passe aussi au rabot. Son ministère accuse la plus forte baisse d’effectifs de l’État : 7.200 suppressions d’emploi. Hollande a certes tenu à maintenir les achats de matériels militaires pour ne pas pénaliser l’industrie. Mais cette stabilité conduit les gradés à renoncer à 4,5 milliards d’euros d’armements supplémentaires en 2012 et 2013. La loi de programmation est amputée en attendant un livre blanc qui fixera de nouvelles priorités.

Suite de la rigueur ce lundi 1er octobre. Ayrault invite tout le gouvernement à un séminaire sur la "modernisation de l’action de l’État". Plusieurs ministres devront d’ici l’an prochain proposer des coupes claires. Bercy a programmé pour 2015 des baisses de crédits à l’Emploi, la Culture, l’Écologie, aux Anciens Combattants, à l’Agriculture et aux Affaires étrangères.

 

 

 

 

 

 

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commentaires

facon 01/10/2012 16:49

Placé «dos au mur» le gouvernement de gauche ne pourra éviter la crise d’amaigrissement de nos dépenses publiques, et ce n’est qu’un début, nous sommes fort loin du compte. Rien que le projet du
Grand Paris a déjà coûté combien en études, en réunion, sans oublier les cigares du ministre ?

La référence à madame Aubry est bien de nature à fortifier la théorie Bayrou, qu’aurait elle dit si les mêmes mesures avaient été décidées par l’ancienne majorité ?

Cette réaction est également de nature à justifier le recul des aides de l’Etat en matière d’aides et de dotations aux collectivités locales. Contrairement à Sarko Hollande risque moins de «remous»
le PS étant largement majoritaire dans les collectivités territoriales, il peut donc s’attendre à moins d’agressivité des élus, d’autant qu’il aura passé à la trappe toute réduction du «mille
feuilles» par fusion de mandats. Le Sénat sera donc renouvelé à gauche et les élus continueront à bénéficier des prébendes d’un régime indemnitaire scandaleusement coûteux. Solution se bon sens
abandonnée, circulez, y a rien à voir …

Le tour de vis imposé aux collectivités territoriales était inévitable en raison du poids des dotations dans le budget de l’Etat. Comme la cigale, les élus ayant bien chanté vont se trouver fort
dépourvus quant la disette sera venue. Pour avoir estourbi le contribuable par une fiscalité irresponsable le plus souvent destinée à financer des charges «courantes» en constante augmentation, les
élus savent parfaitement que le «taquet fiscal » combiné à la réduction du pouvoir d’achat ne leur laisse plus aucune marge de manœuvre. On pourrait même aller jusqu’à faire de l’ironie douteuse en
donnant raison aux futurs élus de 2014 qui reprocheront l’héritage de leurs prédécesseurs (ça ne vous rappelle rien ?)

La pause de l’investissement local ne fait que débuter, car, comme l’Etat, les collectivités locales ont de très lourdes annuités d’emprunts à payer.

C’est effectivement la quadrature du cercle : réduire la dépense c’est prendre le risque d’une récession.

Mais, dès lors, la seule réponse serait de s’endetter plus encore ? Nouvelle quadrature …

Non, nous sommes allés si loin dans notre inconscience qu’aucune des vieilles recettes ne peut fonctionner. Retrouver notre richesse par l’exportation de notre production est la seule piste
sérieuse, mais comme il conviendra d’alléger le coût du travail il faudra non seulement de l’imagination mais beaucoup de courage politique.

L’Etat n’est pas en mesure de sauver la sidérurgie, l’automobile, la recherche… se contentant de créer des emplois publics il ne peut pratiquement plus intervenir financièrement dans la grande
compétition mondiale génératrice de vrais emplois.

Certes, les français commencent à ouvrir les yeux, mais à coup sûr pas assez grands pour voir la réalité en face.

Soyez sans crainte, le fameux Traité sera voté avec la plus grande hypocrisie, il ne sera jamais appliqué pour être trop flou, trop ambitieux et entaché d’entrisme. Nos gouvernants ne manqueront
pas d’invoquer la clause de la crise pour retourner à leurs mauvaises habitudes, dépenser l’argent que nous n’avons pas.

J’en fais le pari.

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