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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 14:33

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Le FMI a recommandé lundi 5 août dernier à la France de réduire le rythme de réduction des déficits publics. "Le Fonds dit qu'il faut cesser d'augmenter les impôts", traduit l'économiste Jean-Paul Fitoussi. Le FMI considère en effet que trop de rigueur risque de casser la faible reprise qui semble poindre à l’horizon si l’on en croit les experts les plus avisés ?... Mais pour le FMI c’est un virage à 180° qui tend à prouver que tout cela est bien compliqué et que personne n’y voit très clair. Ce qui est très inquiétant !..

La rigueur? Oui, mais seulement pour l'Etat

Chaque année, pendant l'été, le Fonds monétaire international (FMI) rédige un point d'étape sur la situation financière de chaque pays, document conclu par une série de recommandations. La France a reçu le sien lundi 5 août dernier et les conseils de l'organisation internationale sont sévères : le FMI estime que la France devrait ralentir son rythme de réduction du déficit public afin de soutenir la reprise économique. Jean-Paul Fitoussi, membre du Conseil d'analyse économique qui a longtemps présidé l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) traduit ;  "le Fonds dit qu'il faut cesser d'augmenter les impôts et donc de réduire le revenu disponible des ménages". Autrement dit, "il faut ralentir l'effort de rigueur demandé aux Français, mais l'Etat, lui, doit continuer à faire des économies".

Les méfaits de l'austérité

Le FMI revient longuement sur les conséquences d'une politique de rigueur trop sévère, se traduisant de fait par une austérité budgétaire. Le Fonds rappelle d'abord ses prévisions : la France terminera l'année 2013 avec un déficit de 3,9% du PIB, contre 4,8% en 2012. Sur le plan social, le chômage poursuivra son ascension jusqu'à 11,6% en 2014. Ed Gardner, chef de la mission France du FMI, juge "difficile à atteindre" l'objectif du gouvernement français d'inverser la courbe d'ici fin 2013. "L'austérité ne mérite ni excès d'honneur ni d'indignité. Le problème est le moment dans lequel on la pratique", explique Jean-Paul Fitoussi. Avant de poursuivre : "Pratiquer une trop forte rigueur en période de récession ou de croissance nulle ne peut que développer le chômage de masse, retarder la sortie de crise. Puisque, par définition, on va détruire du capital qui va nous manquer quand on sera, à nouveau, en période de croissance."

Invité à réagir mardi, lors d'un déplacement de François Hollande en Vendée, l'entourage présidentiel a toutefois commenté : "Il ne faudrait pas non plus interpréter (le document du FMI) comme un relâchement de ce que nous avons à faire sur le plan des économies mais plutôt comme un encouragement à entretenir la croissance dès lors qu'elle est renaissante même si cela reste fragile, vulnérable."

La France en manque d'investissement

Réagissant mardi 6 août au rapport du FMI, Pierre Moscovici s'est félicité du fait que le gouvernement ait devancé les recommandations du Fonds. Selon le ministre de l'Economie, "la croissance reste l'objectif central des politiques économiques" et, pour ce faire, "des réformes ambitieuses ont été mises en œuvre pour l'emploi et la compétitivité". Mais le communiqué de Pierre Moscovici ne mentionne à aucun moment le mot "investissement", au grand dam de Jean-Paul Fitoussi. Ce dernier explique : "Seul l'investissement peut créer de la croissance, de l'emploi et, sur le long terme, réduire les déficits publics. Or, il n'y a pas de mesure concrète destinée à l'investissement." L'économiste rappelle que le Crédit impôt compétitivité (CICE) n'a pas encore porté ses fruits, tandis que la Banque publique d'investissement (BPI) n'a obtenu son financement que le 12 juillet dernier. Ce sont là deux des pièces maitresses de la « boite à outils » de François Hollande. Et Jean-Paul Fitoussi de constater que, selon les calculs du FMI, "la contribution de la politique budgétaire de la France à la croissance est négative".

Des réformes structurelles déjà engagées

Dans ses conclusions, le FMI encourage la France à "renforcer la compétitivité", mais aussi "à poursuivre les réformes structurelles pour soutenir le rebond de la demande privée". Pierre Moscovici rappelle, dans son communiqué, que le système des retraites est en cours de refonte, tandis que le marché du travail sera considérablement transformé avec l'Accord national interprofessionnel (ANI), signé en début d'année et voté par le Parlement au printemps. "Cela fait partie de la rhétorique du FMI qui demande toujours, par principe, de faire des réformes structurelles", juge Jean-Paul Fitoussi pour qui cette recommandation "n'est que très formelle".

FMI contre Commission européenne

Le Fonds a également transmis lundi 5 août dernier sa copie à plusieurs pays européens, comme l'Italie ou l'Espagne. Et la recommandation faite à la France - limiter l'effort de rigueur pour éviter de casser la croissance - concerne aussi ces autres pays. A travers ces rapports, le FMI vise la Commission européenne qui ne cesse de demander des gages de bonne conduite budgétaire aux Etats membres. "Il n'y a pas de guerre entre le FMI et Bruxelles, mais une véritable opposition idéologique", juge Jean-Paul Fitoussi qui partage l'avis du Fonds : "La Commission européenne reste enfermée dans sa doctrine." Sur ce point, Pierre Moscovici soutient la position du FMI : "Depuis l'élection de François Hollande, la France n'a cessé de plaider pour une réorientation des politiques européennes contre l'austérité généralisée." Ce qui n'a pas empêché le gouvernement Ayrault d'augmenter en 2014 les impôts.

 

 

Source : leJDD.fr  07-08-2013

 

 

 

 

 

 

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Published by jp echavidre - dans FRANCE Economie
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facon 07/08/2013 21:57

J’ai beaucoup « pratiqué » le FMI lorsque j’étais Conseiller Technique en Afrique et j’ai donc vécu beaucoup de ses revirements. La doctrine historique du FMI qui repose sur l’ajustement structurel
accompagné de « prêts structurels » ( 1% sur 50 ans) a conduit le FMI a dicter en Afrique une politique libérale qui a fait des dégâts sociaux irréversibles. De la privatisation du secteur marchand
à la réduction du nombre de fonctionnaires conditionnant les aides de la Banque Mondiale et du FMI, j’ai pu mesurer les effets désastreux d’une politique de rigueur. Les peuples africains n’ont pas
supporté l’électrochoc, menaçant les régimes autocrates, et le FMI a décidé de relâcher la bride en préconisant «une réduction» de la vitesse des réformes.

J’ai l’impression de revenir 30 ans en arrière et, cette fois, non pas en Afrique, mais en France pays qui lui aussi exigeait de l’Afrique au nom de la stabilité du franc CFA des réformes
structurelles drastiques. Les peuples africains essorés par la corruption, assommés par un franc CFA divisé par deux (Balladur) au nom de la compétitivité se sont révoltés contre les pouvoirs en
place. Certes ils ont regagné de la compétitivité, mais à quel prix social !

En fait le FMI est tout aussi incapable de définir une politique claire et pérenne que nos gouvernants car les traditionnels schémas économiques ne résistent pas à l’instabilité croissante d’un
monde mondialisé.

Je ne suis d’accord avec le FMI que sur un point, réduire la dépense publique là où elle n’apporte aucune plus value. Le problème est qu’il s’agit d’un choix politique donc sensible …

Une autre solution existe, celle de devoir travailler plus longtemps, de retrouver notre compétitivité par un allègement des charges (donc de la dépense publique) ou bien de proposer aux français
de travailler 45 heures payées 35 …

Contrairement aux chimères qui circulent, le FMI comme la BIRD (Banque mondiale) ne font pas preuve du courage exigé d’un observateur neutre car technique économique et opportunisme politique
couchent dans le même lit.

Ce n’est certainement pas Madame Lagarde qui me prouvera le contraire, comme DSK elle a franchi le Rubicon …

La France ne retrouvera pas sa grandeur grâce au FMI elle ne peut le faire que seule en ne mentant pas aux français.

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