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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 12:00









La politique étrangère d’Obama est bloquée. Comme le dirait Hillary Clinton, il est temps de tout reprendre à zéro.
L'article qui suit a été a été publié sur le site de l'hebdomadaire américain Newsweek le 24 novembre

 

 

Voici encore dix mois, en matière de politique étrangère le plan de l’administration Obama était clair : on s’attaque aux problèmes les plus difficiles sans tarder, et pour ce faire, on appointe des envoyés de haut niveau — George Mitchell pour le Moyen Orient, Richard Holboooke pour l’Afghanistan et Dennis Ross pour l’Iran. Pour sa part, le Secrétaire d’État Hillary Clinton reste au-dessus de la mêlée afin de développer une grande stratégie à l’usage de la "smart power", la puissance intelligente.

Selon un ancien officiel du Département d’État, le raisonnement qui prévalait au sein de l’administration était le suivant : George W. Bush a tout bousillé, la nouvelle équipe guidée par l’approche pro-engagement d’Obama va tout réparer.
Pour l’instant, non seulement n’a-t-on pas réparé beaucoup de choses, mais il semble qu’elles se détériorent encore plus. Ce qu’on considérait à raison dans ces régions comme des dégâts imputables à Bush est rapidement en train de se transformer en dégâts personnellement signés Obama. Au Moyen-Orient, le Premier Ministre Benjamin Netanyahu semble avoir réussi à prendre l’avantage sur Obama, le forçant à revenir publiquement sur un appel au gel des implantations. De son côté, l’Iran a si totalement snobé Obama que les appels prudents et patients du président à user de diplomatie et éviter les sanctions passent de plus en plus pour du laxisme. Enfin, en Afghanistan, alors qu’on attend une décision imminente sur le déploiement des troupes, l’étalage ces derniers mois des divergences entre les responsables militaires et l’administration américaine a engendré une périlleuse vacance du pouvoir, sapant plus encore une crédibilité américaine déjà bien affaiblie.

 

"L’empire des envoyés spéciaux ne se porte pas très bien"



L’infatigable Mitchell n’a pas été en mesure d’amener à lui seul les Israéliens et les Palestiniens à la table des négociations. "Je ne pense pas qu’il ait prévu d’y retourner pour l’instant", a indiqué lundi le porte-parole du Département d’État Ian Kelly (la seule piste active de diplomatie au moyen orient, curieusement, tient dans les pourparlers entre Israël et le Hamas : Netanyahu pourrait bientôt signer un accord en vue de l’échange du captif Gilad Shalit contre 450 prisonniers palestiniens, avec la promesse d’en libérer encore 550 par la suite).

Holbroolke a quelque peu remis en cause sa mission en Afghanistan en offensant le président Hamid Karzai à peine réinvesti. Ross, transfuge du Département d’État à la Maison Blanche pour y tenir le rôle de conseiller stratégique du président, constate que l’Iran a reculé par rapport aux annonces positives du 1er octobre à Genève, aussi maigres qu’elles aient pu être.

En Corée du Nord, rien ne bouge : l’envoyé spécial Stephen Bosworth devrait se rendre bientôt à Pyongyang, mais sans initiative spectaculaire dans ses bagages : "Nous nous concentrons sur la reprise des pourparlers à six", déclare Kelly. "L’empire des envoyés spéciaux ne se porte pas très bien" indique Aaron David Miller, du Woodrow Wilson International Center for Scholars. L’une des conséquences de cette paralysie, c’est le rôle plus actif dévolu ces dernières semaines à Hillary Clinton, qui s’est embarquée dans une visite du Pakistan, puis de l’Afghanistan, avant de faire un crochet par le Moyen Orient pour conclure un accord partiel de gel des implantations avec Netanyahu. Clinton a également persuadé le sénateur John Kerry, président de la commission des relations étrangères, de négocier un rapprochement avec Karzai en l’absence d’Holbrooke. Les critiques pensent néanmoins que Clinton a manqué une marche, notamment en louant publiquement comme "historique" un accord provisionnel de limitation des nouvelles implantations en Cisjordanie signé avec les Israéliens. Les termes qu’elle a choisis n’ont fait que mettre en valeur la reculade de l’administration Obama, provoquant l’indignation des Palestiniens, qui ont rappelé que l’administration avait plus tôt cette année insistée sur un gel total de toutes constructions nouvelles.

 

Les négociations israélo-palestiniennes : un "obstacle à surmonter"


Si l’on espère un progrès quelconque sur toutes ces questions, peut-être faudra-t-il tout reprendre à zéro — non seulement la stratégie, mais également les hommes. Il ne s’agit pas de remercier Holbrooke, Mitchell et les autres, mais de replacer leur démarche dans le cadre d’un engagement à plus haut niveau, et principalement celui de Clinton.
La Secrétaire d’État doit prendre un rôle beaucoup plus actif au jour le jour. Seule Clinton, hormis Obama lui-même, dispose de l’indispensable reconnaissance politique, de la vision, et du sérieux qui permettent de faire la différence. Il est clair qu’elle ne peut plus se permettre de conserver une distance stratégique, ou d’être distraite par les questions féministes, pour ne faire que des visites éclair et mal préparées, comme ce fut le cas au Moyen Orient.

Ensuite, les Obamaïtes devraient reconsidérer les fondements de leur action, sur tous les fronts : sur de nombreux points, il pourrait être sage de changer son fusil d’épaule. Par exemple, alors qu’on s’apprête à déployer de nouvelles troupes en Afghanistan, mieux vaut peut-être négocier avec les Taliban, chose que nous ne faisons pas. D’un autre côté, mieux vaut peut-être ne pas négocier avec Téhéran, chose que nous faisons. L’Occident doit imaginer de nouveaux moyens d’isoler un régime iranien discrédité, et trouver des méthodes inédites pour encourager les déçus du scrutin, qui sont encore debout.
Sur la question du Moyen-Orient, peut-être nous faut-il abandonner toute prétention quant au règlement des questions de statut final, clairement insolubles à cette heure, et chercher plutôt un arrangement intérimaire de long terme, comme le proposent cette semaine Hussein Agha et Robert Malley dans le New York Review of Books. "La longue histoire écrite en public des négociations israélo-palestiniennes n’est plus un héritage sur lequel on peut construire. C’est aujourd’hui un obstacle à surmonter", écrivent Agha et Malley. En plaçant la barre moins haut, pour négocier sur ce que les Palestiniens appellent la hudna, ou trêve, tout en mettant de côté la question des réfugiés palestiniens et du statut de Jérusalem, tout comme celle des frontières définitives, les deux camps pourront peut-être retrouver le chemin de la coexistence, avancent-ils. Une proposition non dénuée de logique, notamment à l’heure où le Hamas est absorbé à la reconstruction plutôt qu’au combat et que le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré que son peuple n’était pas en mesure de se permettre une nouvelle intifada.

 

Tout reprendre à zéro


"Choisissez une méthode et essayez-la" déclarait Franklin D. Roosevelt aux premiers jours de son administration, en pleine tourmente. "Si vous échouez, reconnaissez-le avec franchise, et essayez-en une autre. Mais quoi qu’il en soit, n’arrêtez jamais d’essayer". Un conseil qui s’applique parfaitement à la situation actuelle, toute aussi tourmentée. Hillary Clinton a un jour appelé à "reprendre à zéro" les relations entre les Etats-Unis et la Russie (ça n’a pas marché). Elle et son patron Barack Obama doivent aujourd’hui se regarder dans le fond des yeux, avant de tout reprendre à zéro, du côté de l’équipe comme de la stratégie politique.

 

Source :  le NouvelObs.com Michael Hirsh   26-11-2009

 

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