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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 08:00

Barthelemy-Aguerre-patron-de-Spanghero.jpg

 

 

Une société française, Spanghero, est soupçonnée d'avoir écoulé 750 tonnes de cheval via 4,5 millions de plats surgelés distribués dans 14 pays européens. Une affaire rondement menée pour éviter que la crise de confiance atteigne tous les consommateurs. Mais aujourd’hui beaucoup de questions restent encore sans réponse et il en est une qui taraude les esprits : qui paiera l'ardoise?

L'affaire prend des dimensions européennes. Le « horsegate » qui a éclaté en Grande-Bretagne mi-janvier s'étend désormais à 14 pays. Outre la France, l'Allemagne, la Suède, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, la Suisse, l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Autriche, la République tchèque, le Portugal, la Pologne et la Roumanie sont touchés. En fin de semaine, via le Quai d'Orsay, Paris a adressé un message diplomatique d'alerte à ces 13 pays européens les mettant en garde contre la mise en vente de produits préparés à base de cheval. Au total, 28 entreprises ont distribué 4,5 millions de plats surgelés qui sont progressivement retirés de la vente.

Erreur, tromperie ou magouille ?

C'est une enquête éclair de la répression des fraudes, sous la conduite de Benoît Hamon, ministre délégué chargé de la Consommation, qui a permis de mettre à plat le trafic portant sur 750 tonnes de viande de cheval. Principale accusée à ce jour, la PME Spanghero, basée à Castelnaudary (Aude). Cette filiale de la coopérative Lur Berri est soupçonnée d'avoir livré du cheval roumain à la société Comigel, sous-traitant de Findus, Picard et de 25 autres sociétés en Europe. D'après l'enquête des services français, durant ces six derniers mois, du cheval roumain entrait chez Spanghero avec le code douanier du cheval et en ressortait étiqueté bœuf… En amont, les enquêteurs s'interrogent sur le rôle de deux intermédiaires, Draap Trading à Chypre, et Windmeijer Meat Trading aux Pays-Bas. Jan Fasen, trader hollandais à la tête de Draap a déjà été condamné pour une magouille sur la qualité de la viande en 2012. Le procureur de la République de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "tromperie", supervisée par le pôle santé publique. Les investigations ont été confiées aux spécialistes de la répression des fraudes et aux gendarmes de l'OCLAEPS (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique).

Des inspecteurs chez  Spanghero et chez la PME Poujol

De son côté, Barthélémy Aguerre (photo), patron de Spanghero, se défend de toute tromperie. Il assure que "la marge nette du contrat signé avec Comigel n'est pas de 500.000 euros comme l'assure Benoît Hamon, mais moins de 200.000 euros. Un montant classique dans ce type de transaction." Pourtant, "la viande de cheval était achetée 2,68 euro le kg, et le bœuf revendu 3,75 euro", indique-t-on à Bercy… Samedi, plusieurs contrôleurs des services vétérinaires poursuivaient leur enquête dans l'usine de Castelnaudary dont l'agrément a été suspendu, mettant 300 salariés au chômage technique. Le maire de Castelnaudary, Patrick Maugard (PS), rencontrera mardi Benoît Hamon et Stéphane Le Foll (Agriculture), avec des parlementaires de l'Aude, dans l'espoir que les pouvoirs publics autorisent une reprise partielle du travail. "La filière agroalimentaire fait travailler 500.000 personnes en France. Il fallait prendre des mesures rapides pour restaurer la confiance", plaide-t-on chez Benoît Hamon.

Selon nos informations, d'autres industriels doivent ouvrir les portes des chambres froides aux inspecteurs. C'est le cas de la PME aveyronnaise Poujol, spécialiste du steak haché, dans le giron d'Arcadie, une société filiale de… la coopérative Lur Berri. Des vérifications sont en cours depuis la fin de semaine.

Une crise à 30 millions d'euros

"Pour l'heure, rien n'indique que cette affaire de fraude pose des problèmes de santé publique", pondère-t-on à Bercy. Néanmoins, depuis vendredi, l'Europe a préconisé d'effectuer des milliers de tests ADN pour vérifier la nature des viandes en circulation. Au Royaume-Uni, les autorités traquent la présence de phénylbutazone, antidouleur utilisé pour les chevaux, mais impropre à la consommation humaine. Jeudi, trois hommes ont été interpellés et Grande-Bretagne. Selon les médias britanniques, des carcasses contenant l'anti-inflammatoire auraient été exportées en France en 2012. « Pour l'instant, seules la France et la Grande-Bretagne ont des enquêtes pénales en cours », indique le directeur adjoint d'Europol, le français Michel Quillé. « Nous commençons à travailler sur les premiers éléments qui nous ont été communiqués. Nous verrons bien s'il s'agit de plusieurs filières. »

En attendant, la facture économique s'annonce lourde. "Cette affaire est l'illustration de la mondialisation de l'industrie. Les services de santé sont dépassés", dénonce Alain Lipietz. L'économiste et ancien eurodéputé Vert évalue le coût de cette crise à 30 millions d'euros. À eux seuls, les tests ADN coûtent 3 millions d'euros. Et Findus France devrait perdre 500.000 euros dans la tourmente. Pour la filière viande (200.000 producteurs, 50.000 salariés dans l'industrie et 20.000 boucheries artisanales en France), dont l'activité était en baisse de 2,5% en 2012, l'affaire tombe au plus mal. Un professionnel d'une grande enseigne anticipe déjà "une chute d'environ 5% des achats de lasagnes, moussaka et cannelloni surgelés".

 

Source : leJDD.fr  17-02-2013

 

 

 

 

 

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