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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 16:00





 

 




Officiellement nommé mercredi 25 novembre en Conseil des ministres, le nouveau PDG d'EDF Henri Proglio affirme qu'il veut redonner une ambition industrielle et humaine à l'entreprise publique.
Il s'en explique dans le Figaro.

 

Vous connaissez bien EDF, dont vous étiez administrateur. Quel est votre diagnostic ?

 

EDF est une entreprise de premier rang qui affiche de très fortes compétences, au delà de la seule activité nucléaire. Sa présence internationale est aujourd'hui bien engagée. Ses forces sont indiscutables. Au-delà de ce constat rapide, j'ai la conviction que cette maison a besoin de retrouver une grande ambition industrielle et humaine. Son identité s'est un peu diluée, il faut construire un grand projet d'avenir.

 

Quelles vont être vos priorités ?

 

Elles sont nombreuses mais j'ai la certitude que la condition de toute réussite repose sur la mobilisation de toutes les équipes. L'aventure humaine, c'est un pilier de notre réussite. Ce chantier est immense. Dans les cinq ans qui viennent, une grande partie de l'encadrement de l'entreprise va faire valoir ses droits à la retraite, or rien n'a été fait en termes de création et de renouvellement des compétences. L'ambition industrielle qui est au coeur de la mission qui m'a été confiée par le président de la République doit donc s'accompagner d'une véritable ambition sociale. Toutes les filières de l'entreprise, à commencer par l'ingénierie des opérations, reposent sur leurs qualités d'expertise. L'accès à ce savoir-faire, de même que sa transmission, doit devenir un élément clé. Sur le modèle que nous avons mis en place chez Veolia, nous allons très vite créer des centres de formation pour transmettre et accéder aux savoirs. C'est une priorité absolue.

 

Qu'en est-il de vos ambitions industrielles ?

 

EDF, c'est un industriel de l'énergie qui a vécu de grandes aventures dans l'hydraulique et dans le nucléaire. Nous ne devons pas perdre cette vision d'industriel puissant en France et à l'étranger. Or, le groupe axe aujourd'hui tout son développement sur un seul réacteur. Notre catalogue, cela ne peut être uniquement l'EPR. EDF doit donc diversifier son offre dans le nucléaire mais aussi reprendre son leadership en thermique et en hydraulique. C'est une nécessité. Il se construit chaque jour une centrale thermique dans le monde. On attend de nous de l'expertise dans la construction de centrales, l'exploitation et la gestion des réseaux.

 

Vous n'avez donc pas l'intention de vous séparer des réseaux…

 

RTE et ERDF font partie de notre cœur de métier et ont vocation à le rester.

 

Comment comptez-vous améliorer la disponibilité du parc de centrales nucléaires ?

 

Avant toute chose, le mode de fonctionnement du parc nucléaire d'EDF est particulier. En France, les centrales servent à produire de l'électricité de base, mais également de pointe ce qui est moins le cas dans les autres pays qui réservent leur parc nucléaire à l'électricité de base. De fait le taux de disponibilité de nos centrales ne pourra jamais atteindre les 90% affichés par certains de nos concurrents. En revanche, nous pouvons viser raisonnablement les 85%, un niveau dont nous étions proches voici quelques années. Pour cela, une triple approche, humaine - la mobilisation des équipes -, organisationnelle et financière sera mise en application. Ce dossier est d'autant plus important qu'un point de disponibilité pour les centrales se traduit par un impact de 300 millions d'euros sur le compte d'exploitation.

 

Le gouvernement veut avant l'été une réforme qui implique qu'EDF cède de l'électricité à ses concurrents à prix coûtant. Vous avez déjà affiché votre opposition…

 

Il semblerait dans les projets qui circulent qu'EDF doive subventionner les autres opérateurs en leur permettant d'acheter une partie de son électricité à son prix de revient. Cela suscite chez moi un certain malaise. Imaginez n'importe quel chef d'entreprise face à ce type de situation : il ne pourrait l'admettre. Peut-on raisonnablement demander à EDF, qui a investi pendant des années pour constituer son parc nucléaire, de faire profiter tous ses concurrents des efforts consentis en amont. Je suis bien décidé à m'opposer à une telle perspective qui conditionnerait toute la politique tarifaire future d'EDF.

 

Après la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, confirmerez-vous les grands axes de l'expansion internationale d'EDF ?

 

La Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou la Chine ne sont pas les seuls chantiers internationaux engagés. En Italie également, nous avons des projets importants à travers la relance du nucléaire. Ces opérations où ces projets de coopération ne seront pas remises en cause. Il faudra toutefois tenir compter des contraintes qu'imposent les ressources humaines disponibles dans l'entreprise. Concernant les Etats-Unis, où EDF a récemment concrétisé l'acquisition de la moitié des actifs nucléaires de Constellation, ce qui est fait est fait, même s'il est trop tôt pour moi pour savoir si je l'aurais personnellement fait.

 

Avec le recul, ces acquisitions ont-elles été surpayées ?

 

Ces projets ont été conclus pour ce qu'ils doivent apporter. En Grande-Bretagne en particulier, ce ne sont pas les centrales vieillissantes de British Energy qui nous intéressent, mais l'opportunité de participer à la relance du nucléaire dans ce pays. Si vous voulez me faire dire que nous aurions pu débourser moins, nous étions effectivement le seul candidat en lice au Royaume-Uni. Mais notre équation industrielle ne doit pas seulement reposer sur des ratios financiers.

 

Vous militez pour qu'EDF soit le capitaine de l'équipe de France en matière de nucléaire. Comment cela peut-il se mettre en place ?

 

Je souhaite que cette filière se développe de manière harmonieuse et efficace. En l'occurrence, il faut une seule équipe de France.  

EDF, qui a construit les 58 réacteurs sur le sol français, est l'ensemblier, celui qui a naturellement vocation à être chef de file. Il s'appuie ensuite sur des spécialistes, dont tel ou tel segment pourrait être étoffé grâce à des partenariats.

 

A ce propos vous avez été très dur concernant Areva…

 

Soyons bien clairs : j'exclus toute prise de participation d'EDF dans quelque activité d'Areva que ce soit, qu'il s'agisse des mines, des réacteurs ou encore du retraitement. Areva est un spécialiste avec lequel nous travaillons depuis longtemps. Certaines de ses activités pourraient s'étoffer au gré de partenariats. C'est notre seule préconisation, sachant que seuls les actionnaires, en l'occurrence et pour l'essentiel les pouvoirs publics, décident. Je n'ai jamais déclaré qu'il fallait refondre la filière de fond en comble, ni que la création d'Areva était une erreur. Mes positions ont été faussement interprétées.

 

Que répondez-vous aux critiques sur votre double présidence, à la tête d'EDF et de Veolia ?

 

J'ai été à la fois PDG de Veolia et président du comité stratégique d'EDF. Personne n'y a jamais trouvé à redire. Je suis aujourd'hui PDG d'EDF et président non exécutif de Veolia. Où est la différence sinon que cela me prendra plutôt moins de temps ? Je connais parfaitement Veolia et mon rôle consiste à surveiller son cap et à veiller au maintien de ses valeurs. C'est loin d'être un job à plein temps. Il faut par ailleurs souligner un fait rare pour une entreprise du CAC 40 : chez Veolia, la relève était prête avec Antoine Frérot, qui travaille à mes côtés depuis vingt ans.

 

Pourquoi restez-vous chez Veolia ?

 

Parce qu'on me l'a demandé. Les administrateurs, des personnalités fortes et expérimentées, ont été unanimes. Il y avait aussi une attente des collaborateurs, qui adhèrent à un objectif commun. Enfin, les clients de Veolia, notamment dans les pays latins et en Asie se montrent attachés à la relation nouée avec moi, au-delà de leur lien avec le groupe.

 

Allez-vous conserver longtemps cette double casquette ?

 

Ce sera transitoire, pour une durée encore indéterminée, mais je n'en donnerai pas le terme, car ce serait le meilleur moyen de déclencher les spéculations. Je consacre d'ores et déjà 98 % de mon temps à EDF.

 

Quelle sera votre rémunération ?

 

Je ne sais pas. Je n'ai pas abordé le sujet avant d'accepter la mission qui m'a été confiée. Ce n'était pas déterminant, sinon je ne serais pas là aujourd'hui. Je n'ai pas de patrimoine personnel mais je gagne bien ma vie. Chez Veolia, j'avais le 28e salaire du CAC, j'ai eu des stock-options, aucune action gratuite et je bénéficie de ma retraite. J'ai seulement demandé à avoir un salaire équivalent.

 

Allez-vous rapidement renforcer les liens entre Veolia et EDF à l'avenir ?

 

Le numéro un mondial de l'environnement et le champion de l'énergie sont complémentaires. Prenez des sujets aussi variés que l'optimisation énergétique, les véhicules électriques ou encore les grands ensembles urbains : sur tous ces projets, nos compétences sont vouées à s'associer naturellement. Il y a des synergies à tous les niveaux. Il suffit de les mobiliser. Cela se fera progressivement.

 

Source : lefigaro.fr  25-11-2009

 

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