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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 19:00


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Cette fois, Angela Merkel a mis les points sur les "i". Devant les députés allemands, mercredi 17 mars, la chancelière a affirmé sans ambiguïté son opposition à un soutien financier à la Grèce. Elle a choisi la solennité du lieu et du moment, à l'occasion d'un de ses rares discours au Parlement, pour déclarer ce que jusqu'ici aucun chef de gouvernement n'avait osé. La zone euro, a-t-elle dit, devrait pouvoir exclure un de ses membres, en dernier recours, "lorsqu'il ne remplit pas les conditions, encore et encore", imposées par le pacte de stabilité.



Mme Merkel a levé un tabou : l'hypothèse de l'exclusion d'un pays de la zone euro envisagée comme sanction ultime. Cette sommation à respecter l'orthodoxie financière est le nouvel épisode du feuilleton de la crise grecque, dans lequel la France et l'Allemagne révèlent leurs divergences.

 

La première prône la solidarité, l'autre le respect des règles. Ce n'est pas un hasard si Mme Merkel a affiché sa fermeté deux jours après la réunion de l'eurogroupe où ont été débattues les modalités d'aide à la Grèce, aide dont elle ne veut pas.

 

Lundi, la ministre française de l'économie, Christine Lagarde, avait ouvert le feu dans le Financial Times. Elle avait accusé l'Allemagne, championne européenne des exportations, de tasser ses coûts de production pour favoriser son excédent commercial, au détriment de la consommation nationale, des exportations de ses voisins, de l'équilibre général.

 

Trois jours plus tôt, dans le Financial Times Deutschland, son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, s'était montré provocant en plaidant pour des sanctions plus sévères : une suspension "pour au moins un an" du droit de vote d'un Etat membre non coopératif, voire, en dernier recours, l'exclusion d'un Etat de la zone euro.

 


"ATTAQUER LE PROBLÈME PAR LA RACINE"

 


Au Bundestag, lundi, la chancelière a monté le ton d'un cran. Elle a creusé sa différence avec la France, qui appelle à la "solidarité de la zone euro". Elle a rappelé l'Europe à ses devoirs et prôné l'orthodoxie budgétaire. "Une manifestation de solidarité rapide [envers la Grèce] ne peut pas être la bonne réponse", a-t-elle dit aux députés. Il faut plutôt "attaquer le problème par la racine". La Grèce doit elle-même conduire ses réformes structurelles et la réduction de ses déficits : "Il ne faut pas apporter une aide prématurée, mais mettre de l'ordre dans tout cela. Toute autre chose serait fatale."

 

Cette leçon de rigueur irrite en Europe. On accuse l'Allemagne de faire cavalier seul et de céder à la pression des citoyens, qui voient d'un mauvais œil, après l'austérité qu'ils se sont imposée, de payer le laxisme des Grecs. Le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a qualifié d'"absurde" l'hypothèse d'une exclusion de la zone euro.

 

Mais pour les Allemands, l'orthodoxie est une nécessité. Politiquement, traumatisés par le souvenir de l'inflation, ils tiennent à une monnaie forte. Juridiquement, ils font valoir le respect du traité institutionnel européen qui interdit tout renflouement d'un pays de la zone euro. Déontologiquement, en prêtant à un seul, ils craignent de mal inspirer les autres.

 

"Que les gens acceptent que nous ayons des règles que nous avons écrites ensemble !", explique un conseiller de la chancelière. "Ce n'est pas être antieuropéen de les respecter." "L'Allemagne n'aidera pas la Grèce, sauf en cas d'extrême limite", répète Ulrich Wilhelm, le bras droit de la chancelière. Berlin veut envoyer un message clair aux pays de la zone euro : leurs partenaires ne sont pas là pour les renflouer à l'infini et se substituer à eux lorsqu'ils n'assument pas leurs responsabilités.

 

Mais la marge de manœuvre de Mme Merkel est étroite : il lui faut à la fois satisfaire son opinion publique, hostile à l'idée de subventionner les Grecs, montrer sa fermeté contre l'endettement dans un pays dont la Constitution limite le déficit fédéral à 0,35 % du produit intérieur brut (PIB) à partir de 2016, et ne pas bloquer une aide à la Grèce dont pourrait dépendre l'équilibre de la zone euro.

 

A Bruxelles, mercredi soir, le premier ministre grec a réagi aux propositions d'Angela Merkel. "La Grèce ne va pas quitter la zone euro", a affirmé Georges Papandréou. Il n'a pas exclu d'avoir recours au FMI, une option que certains considèrent comme un désaveu de la zone euro, mais à laquelle d'autres, comme la Finlande, les Pays-Bas ou l'Italie, ne sont pas hostiles : "Nous préférerions une solution européenne", mais "toutes les options sont ouvertes".

 



Source : lemonde.fr Marion Van Renterghem  18-03-2010




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