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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 08:00

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Les deux constructeurs General Motors et PSA Peugeot-Citroën ont officialisé leur "alliance stratégique mondiale" dans un communiqué commun publié mercredi 29 février dernier juste après la clôture de la Bourse de Paris. D’après ce communiqué, cette union "contribuera à la rentabilité des deux partenaires et améliorera fortement leur compétitivité en Europe", proclament triomphalement les deux groupes. Quel est exactement le contenu de cet accord ? Quelles sont les conséquences probables pour l’entreprise française et en particulier sur l’emploi ? Difficile de tout décrypter à l’heure actuelle mais certains objectifs semblent assez clairs

Quelle forme va prendre l'alliance?

L'accord prévoit que General Motors entre à hauteur de 7% dans le capital de PSA, devenant son deuxième actionnaire, (le premier étant toujours la famille Peugeot) à l'occasion d'une augmentation de capital d'un milliard d'euros. L'autre volet opérationnel de l'accord prévoit la création d'une coentreprise afin de mutualiser les achats de produits et de services des deux constructeurs, pour un montant de 125 milliards de dollars. Il n’est pas prévu par contre, comme cela avait été évoque, que PSA prenne une participation dans General Motors.

Pourquoi PSA doit-il recourir à une augmentation de capital?

Sans doute parce que la famille Peugeot n'était pas prête à céder ses actions, mais aussi probablement parce que PSA a besoin de cash pour affronter l'avenir, ce qui n'est rassurant, ni séduisant pour les investisseurs. De fait, une augmentation de capital entraînera une importante dilution pour les actionnaires, à une période où le prix de l'action est déjà bas (actuellement PSA vaut 3,6 milliards d'euros en Bourse). C'est d'ailleurs pour cette raison que le titre Peugeot a chuté en Bourse mardi 28 février dernier, après que le Wall Street Journal ait évoqué le scénario de l'augmentation de capital.

Quelles conséquences pour la famille Peugeot?

La famille Peugeot va souscrire à hauteur de 150 millions d'euros à l'augmentation de capital d'un milliard d'euros en utilisant la moitié de ses droits préférentiels de souscription, annonce dans un communiqué la FFP, la holding cotée de la famille. Elle ajoute qu'elle cédera ses droits de souscription non exercés à GM afin de faciliter son entrée au capital de PSA. Le communiqué précise que le groupe familial Peugeot, qui détient actuellement près du tiers du capital et de 46% des droits de vote de PSA, restera le premier actionnaire du groupe automobile à l'issue de l'opération. Le pourcentage définitif dépendra du nombre de nouvelles actions émises lors de cette opération. Jusqu'ici le clan de Montbéliard a toujours posé comme condition le maintien coûte que coûte de son indépendance. Propriétaire de 30,9 % du capital et de 48,3 % des droits de vote, il maîtrise pleinement le destin du constructeur.

Concrètement qu'est-ce qui va se passer?

Selon les termes de l'accord, PSA et GM "partageront certaines plates-formes, modules et composants, sur une base mondiale, pour réduire les coûts de développement et réaliser des économies d'échelle industrielles ". En clair les deux groupes vont partager les coûts de développement et de production de certains de leurs véhicules grâce à des plateformes communes. Dans le détail, ils vont commencer à travailler sur les véhicules petits et moyens, avant de développer ensemble une nouvelle plate-forme spécialement dédiée aux véhicules à faibles émissions de CO2. "Chacune des deux entreprises continuera à commercialiser ses voitures de façon indépendante et concurrentielle", précisent les groupes. On peut penser que rapidement (à échéance d’un an ou deux) il pourrait y avoir des échanges d’organes (moteurs, boites de vitesses, liaisons au sol,..) entre PSA et Opel qui est la marque européenne de Général Motors.  A plus long terme (3  à 4 ans) conception d’une plateforme commune à plusieurs véhicules Peugeot Citroën et Opel.

Est-ce une bonne nouvelle pour PSA Peugeot-Citroën ?

Sans aucun doute. Depuis des années, le groupe doit faire face à un problème de taille critique insuffisante, qui s'est accentué sous l'effet de la crise. Résultat, des partenariats ou alliances capitalistiques étaient très attendues par les investisseurs. D'autant plus que le groupe est encore trop faible à l'International, alors que General Motors est très présent en Asie et en Amérique du Sud. Grâce à l'augmentation de capital, la marque au lion va aussi obtenir une plus grande souplesse financière pour reprendre ses investissements notamment en Inde.

Toutefois, cette alliance, ne réglera pas tous les problèmes de PSA, loin de là. Déjà parce qu'elle mettra longtemps à porter ses fruits: les premiers véhicules issus d'une plateforme commune devraient être commercialisés, au mieux, à partir de 2016. Et c'est seulement au bout de cinq ans que les deux groupes espèrent dégager des synergies, de l'ordre de 2 milliards de dollars par an. Ensuite parce que General Motors, en entrant à hauteur de 7% dans le capital de PSA, ne va pas nécessairement lui faire profiter de son ouverture à l'international. L'alliance en effet n'a rien à voir avec celle entre Renault et Nissan par exemple.

Est-ce une bonne nouvelle pour General Motors ?

C'est aussi une bonne nouvelle. D'autant que contrairement à PSA, General Motors va monter au capital de son partenaire, ce qui est un avantage financier considérable. Industriellement aussi l'opération a du sens puisque GM devrait pouvoir résoudre les problèmes de pertes structurelles de sa filiale germanique Opel en Europe, grâce à un partage des coûts. Trois ans après sa faillite, le groupe a beau avoir retrouvé sa superbe, l'Europe reste en effet son talon d'Achille. GM y a perdu près de 750 millions de dollars en 2011. Pour certains observateurs toutefois, l'américain aurait mieux fait de réduire ses capacités en Europe, solution la plus directe pour limiter ses pertes, plutôt que de s'engager dans un partenariat. Le problème a du être longuement débattu au sein de la Direction de GM. On se souvient en effet que, au plus profond de la crise, Opel avait été mis en vente avant que GM ne se ravise en partie d’ailleurs sous la pression du gouvernement allemand.

Quelles pourraient être les conséquences sociales de cette alliance?

Le communiqué n'apporte aucune précision sur ce point, ce qui n'est pas très rassurant. Car s'il y a bien un gros point noir dans cette alliance, c'est celui-ci. Que ce soit General Motors, avec Opel, ou PSA, les deux groupes font face à un gros problème de surcapacité en Europe, qu'il va falloir gérer par des restructurations massives. Ce que confirme le N°1 de PSA, Philippe Varin. "Nous avons des surcapacités en Europe qui sont claires pour tout le monde mais auxquelles doit s'atteler chaque partenaire" indépendamment. Selon les analystes, les deux groupes ne pourront passer à côté de plans sociaux drastiques, qui seront forcément délicats à mettre en place dans une période électorale d'un côté et de l'autre du Rhin. Pour PSA, tous les observateurs se tournent vers le site d’Aulnay où, malgré les démentis de la Direction, les effectifs sont en train de fondre annonçant une fin probable de la production à moyen terme.

Par ailleurs la « mutualisation des achats » qui semble être un des objectifs prioritaire de cette alliance ne peut pas être sans conséquence sur tous les sous-traitants de l’Automobile en Europe d’abord et aux Etats-Unis sans doute.

Quelle réaction du gouvernement français ?

Du côté du gouvernement, on préfère faire la politique de l'autruche: "cet accord est une bonne nouvelle pour notre industrie automobile et pour ses salariés", a ainsi déclaré Eric Besson, le ministre de l'industrie. Mais les syndicats ne sont pas rassurés. "Face à ce grand monopoly, les salariés s'interrogent sur les conséquences sociales d'un rapprochement entre PSA et GM et notamment avec sa branche européenne, Opel, qui produit des véhicules sur les mêmes gammes que PSA", écrit la CGT dans un communiqué. Mêmes inquiétudes du côté d'Opel. Si le comité d'entreprises européen voit "des effets positifs du fait du regroupement des achats" pour Opel et Vauxhall, il voit aussi "des risques, notamment du fait du degré croissant de complexité des multiples coopérations déjà en cours chez PSA". Jusqu'en 2014, Opel est protégé par un pacte excluant toute fermeture d'usine ou licenciement économique. Une bonne raison pour le comité d'entreprise d'insister mercredi sur la nécessiter "de respecter les conventions et accords en cours". Au-delà de 2014, tout reste donc possible pour un constructeur dont les usines ne tournent qu'à 80% de leurs capacités selon les analystes, lesquels fixent le seuil de rentabilité à 90%.

 

Source : L'Expension.com 20-02-2012

 

 

 

 

 

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