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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 11:00

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Vendredi 27 juin, Christiane Taubira a fait face à la colère  des avocats lors de l'assemblée générale de la conférence des bâtonniers. Le discours de la ministre de la Justice ne les a pas convaincus.

"Taubira-Valls-Hollande, vous m'aurez pas." En attendant l'arrivée de la ministre de la Justice, les avocats, tous en robe, répètent leurs slogans. La conférence des bâtonniers s'est réunie vendredi 27 juin après-midi en assemblée générale, dans le 15e arrondissement de Paris. La veille, une bonne partie d'entre eux faisait grève pour protester contre la réforme de l'aile juridictionnelle, qui permet aux justiciables les plus modestes de voir leurs frais de justice et leurs honoraires d'avocats pris en charge par l'Etat. Le gouvernement envisage de taxer les cabinets d'avocats pour financer cet instrument de solidarité.

« J’ai l’habitude de la civilité de votre profession »

Vingt-quatre heures plus tard, c'est la ministre de la Justice en personne qu'ils attendent de pied ferme. Lorsque Christiane Taubira arrive, elle est accueillie sous les cris de "avocats indignés, justice abandonnée". Le visage fermé, la garde des Sceaux avance et salue ces avocats qui lui montrent toute leur hostilité. Le flamboyant bâtonnier de Paris, Pierre-Olivier Sur, résume : "On l'aime mais on n'est pas heureux." Lorsqu'elle rentre dans la salle, les bâtonniers se lèvent dans un silence pesant. "J'ai bien senti l'ambiance lourde, je ne dirais pas hostile parce que je ne la prends pas personnellement", dit-elle lorsqu'elle monte à la tribune.

La ministre n'a pas vraiment aimé que certains d'entre eux ne lui aient pas dit bonjour lorsqu'elle les a salués. "J'ai l'habitude de la civilité de votre profession." L'un des membres de la conférence des bâtonniers ose : "Il est aimable à vous de venir nous rencontrer, ça évite peut-être à des milliers d'avocats de venir place Vendôme." La ministre apprécie peu. "Je ne suis pas ici sous menace, sous intimidation. (…) Vous auriez la liberté de venir manifester place Vendôme si à la suite de l'échange de cet après-midi vous vous considériez comme insatisfaits."

Un contexte de disette budgétaire

Quoi qu'il en soit, Christiane Taubira ne peut pas dire aux avocats ce qu'ils ont envie d'entendre : l'aide juridictionnelle ne sera pas doublée. "Je ne suis pas assez irresponsable pour vous dire que je peux trouver des ressources dans le budget de l'Etat", concède-t-elle. Elle raconte avoir eu quatre réunions budgétaires avec l'exécutif "qui ne l'ont pas satisfaites" et auxquelles elle n'a pu donner son "accord vu ce qu'il était demandé au ministère de la justice". Rappeler le contexte de disette budgétaire comme pour mieux faire comprendre aux avocats qu'ils doivent revoir leur exigence à la baisse. Christiane Taubira ne peut que leur proposer une "taxe pour financer l'aide juridictionnelle". "C'est un changement considérable par rapport à ces deux années où il n'était pas possible de faire entendre le principe d'une taxe par rapport à l'aide juridictionnelle", argue-t-elle.

Ce que reproche la ministre aux avocats, c'est de s'être opposé d'entrée de jeux à cette disposition. "Ça a été une fin de non-recevoir, même pas un début de discussion." "Pourquoi ne pas envisager une solidarité possible à l'intérieur de la profession? Je ne vous l'impose pas mais pourquoi ne pouvons-nous pas en discuter?", questionne la garde des Sceaux. Et "peu importe l'incompréhension" qu'elle ressent aujourd'hui, Christiane Taubira est déterminée à réformer l'aide juridictionnelle, "un instrument de solidarité à bout de souffle". Quitte à faire payer les cabinets d'avocats.

"J'accepte de venir devant vous dans un silence lourd"

Mais les bâtonniers ne peuvent s'y résoudre et Christiane Taubira en a conscience : "Je sais ce que je ressentirai en sortant d'ici, une hostilité encore plus palpable (...) Vous allez considérer que tout ce que j'ai pu vous dire est nul et non avenu. "J'accepte les risques comme j'ai accepté de venir devant vous (…) J'accepte de descendre devant vous dans un silence lourd, qui pèse, d'être confrontés à vos regards hostiles." Elle conclut en citant René Char, l'un de ses poètes fétiches.

Comme elle l'avait elle-même prédit, Christiane Taubira quitte la salle dans le même silence que celui qui l'avait accueilli, avec quelques commentaires en plus. "Elle nous refait le coup de René Char", "elle nous fait passer pour des malpropres qui ne veulent pas discuter". A peine la ministre a-t-elle claqué la porte de sa voiture que dehors, la suite de la contestation s'organise déjà. "Manifestation devant Matignon le 3 juillet?", lance un avocat. Une de ses consœurs, résume, dépitée : "Avec elle, c'est comme d'hab', c'est peanuts!"

 

 

Source : LeJDD.fr  27-06-2014

 

 

 

 

 

 

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