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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 07:00

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La loi Lagarde de 2010, qui luttait contre les arnaques des prêts aux particuliers, ne suffit pas. On nous avait expliqué (à l’époque !..) que le crédit « revolving » était un outil « indispensable » pour la grande distribution et pour les sociétés de vente par correspondance et que, par conséquent, il était impossible d’y toucher !.. Je m’étais élevé à plusieurs reprises dans ce Blog contre cette pratique scandaleuse utilisée largement par les grandes surfaces auprès des clients les plus faibles et souvent les plus pauvres. Une réforme plus radicale est en chantier pour éviter les dérapages et le surendettement.

C’est un pousse-au-crime qui se glisse dans le portefeuille sous l’aspect d’une carte de fidélité. Une tentation permanente à acheter toujours plus et sans compter. Le crédit « revolving » ou renouvelable, cette réserve d’argent disponible à volonté à un taux d’intérêt exorbitant, est en sursis. Benoît Hamon, le ministre délégué à la Consommation, relance le débat : supprimer ce crédit tentateur ou l’encadrer plus strictement. Le candidat Hollande avait fait la promesse de "fermer cette trappe à endettement". Prudent et pragmatique, l’ancien porte-parole du PS prépare le terrain de bataille pour la rentrée.

Il ne manque pas de munitions. En avril dernier, l’UFC-Que choisir a une nouvelle fois dénoncé les pratiques commerciales liées au crédit renouvelable. L’étude révèle que la loi Lagarde de juillet 2010, destinée à contrôler les établissements financiers et les grandes surfaces, est mal appliquée. L’association a même assigné en justice, pour non-respect de la loi, Cetelem, Cofidis, Sofinco, Financo et Cofinoga. Ainsi que les enseignes But, Fly, Carrefour et Cora.

"Lutter contre l’endettement"

Loin de réclamer la mort du crédit, l’UFC-Que choisir exige trois réformes. La première concerne le choix du crédit. Face aux clients, les vendeurs doivent  proposer une solution alternative (un prêt classique) au crédit renouvelable. Autre demande, le revolving ne doit pas être associé à une carte de fidélité : on accepte avec naïveté une carte en magasin pour découvrir ensuite la réserve d’argent prête à être dépensée. Enfin, la solvabilité de l’emprunteur doit être exigée lorsque le prêt atteint 1.000 euros. Ce sont des règles simples qu’il est très facile d’appliquer pour les surfaces de ventes. Il est également très facile de contrôler si elles sont vraiment appliquées et l’on se demande bien pourquoi, après plusieurs années de palabres, elles ne sont toujours pas en vigueur !..

En juin, un rapport du Sénat a lancé une nouvelle charge. Les signataires, l’ex-sénatrice PS Anne-Marie Escoffier devenue ministre de la Décentralisation et la centriste Muguette Dini, avancent une dizaine de propositions. Elles préconisent, entre autres mesures, de bannir toute prime qui incite les vendeurs à faire souscrire des crédits. Muguette Dini est déterminée : "Je prépare pour la rentrée une proposition de loi qui reprendra notre travail. Il faut lutter contre les sources d’endettement."

Une consommation atone

Un combat délicat, car le crédit est un accélérateur de consommation. Or celle-ci est atone, elle enregistre un recul de 0,2% au deuxième trimestre. Et les prévisions pour l’année 2012 ne sont pas encourageantes. Faut-il agir ou attendre des jours meilleurs? Les professionnels du crédit temporisent. « À trop brider le financement des ménages, on risque de pénaliser l’activité des commerçants et de mener la consommation 'dans le mur' », alerte Pascal Roussarie, directeur de l’Observatoire Cetelem. « Il faut cesser  de diaboliser le crédit en appliquant la loi Lagarde. » Les organismes brandissent la menace de plans sociaux. Leur secteur emploie des bataillons de salariés en agences ou dans les centres d’appels. Avec la crise, leur activité se contracte. Ils traquent les économies. Cofinoga (Galeries Lafayette et BNP Paribas) a annoncé plus de 400 suppressions en début d’année. Crédit agricole Consumer Finance, qui distribue les marques Sofinco et Finaref, a confirmé 213 départs. Entre consommation et emploi, Benoît Hamon devra choisir.

Le Lobby des prêteurs professionnels et des grandes surfaces est très puissant et le chantage à l’emploi est un argument maintes fois évoqué. On ne créé pas de l’activité en « piégeant » des ménages pour les conduire au surendettement. Remplacer le crédit renouvelable par un crédit classique ne devrait pas faire perdre d’activités dans les sociétés spécialisées mais par contre c’est surement pour elles un peu moins lucratif !...

 

 

 

 

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commentaires

facon 06/08/2012 20:01

Je viens par curiosité de consulter sur internet la proposition du CSF en matière de crédit renouvelable. Le TAEG (Taux annuel effectif global) ressort à 18%. Quand on sait que les banques adossent
ce type de prêt à un taux de 1% près de la BCE ou à moins de 2% sur le marché interbancaire la marge est grande et permet de couvrir sans risque les risques d’impayés.

En rachetant ces officines les banques ont tout intérêt à refuser les prêts traditionnels et à orienter leurs clients vers la solution de rechange qui passe par leur officine.

C’est simple, imaginons le cas de deux clients qui vont chez leur banquier la banque X.

Le premier dispose de revenus confortables (4 ou 5000 euros mensuels) il laisse sur son compte en permanence un encours indisponible (dépôts non rémunérés) et ne présente aucun risque : endettement
mini, revenus réguliers et sécurisés (retraite, fonctionnaire), actif connu. Il veut se faire plaisir et demande un prêt personnel. On lui propose un produit maison au taux de 5% par peur de le
faire fuir en lui proposant un taux prohibitif.

Le second «galère» il est toujours en rouge, il occupe un emploi précaire, débordé par les agios il cherche par tous les moyens à finir le mois en cours Il n’intéresse pas le banquier fatigué de le
«relancer» contraint parfois de lui accorder des remises de frais de banque prohibitifs. A lui, comme on n’a pas peur de le perdre (et parfois même envie de le voir fuir) on lui propose un crédit
très cher qui dégage la banque de tout risque. Trop heureux de reporter le problème il accepte … et se condamne automatiquement.

Moralité : plus vous êtes riche moins vous payez.

Le vieux dicton on ne prête qu’aux riches se vérifie.

facon 06/08/2012 19:31

Dans le même registre : si vous regardez la Chaîne Parlementaire vous constaterez que la pub y est entrée via le Crédit Social des Fonctionnaires … organisme qui, lui aussi, propose le crédit
revolving … Je me demande comment nos élus ont pu céder aux sirènes de cet établissement. En matière de Social on fait mieux, car le CSF prête à ses «membres privilégiés» à des taux absolument
prohibitifs, à la limite de l’usure. En notre qualité de fonctionnaires retraités nous recevons régulièrement, mon épouse et moi-même des offres de cette officine. J’imagine aisément que se cache
derrière le sigle CSF un bankster !

Que la Chaîne Parlementaire accepte ce partenariat est donc choquant …. Sauf pour les parlementaires eux-mêmes qui, c’est vrai, peuvent finir leurs fins de mois sans problème.

Quand je dis que tout fout le camp !

Un dernier conseil de l’homme du métier, si vous avez besoin de trésorerie allez voir votre banquier. S’il refuse de vous prêter il a de bonnes raisons qui doivent vous conduire à réfléchir.

Qu’on supprime ce type de crédit est une excellente chose mais je fais confiance aux grandes enseignes pour trouver la parade.

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