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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 06:00











Dans une conférence de presse très attendue, l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua a refait jeudi le procès de l'Angolagate. Il a publiquement accusé Jacques Chirac et Dominique de Villepin de ne pas avoir "assumé leurs responsabilités" dans cette affaire de ventes d'armes. "Tous deux ont manqué à leurs devoirs", a-t-il expliqué dans une intervention sans grandes révélations.

   

Ce devait être un grand déballage. Condamné en première instance mardi 27 octobre pour trafic d'influence à trois ans de prison dont un ferme et 100 000 euros d'amende dans le procès des ventes d'armes à l'Angola, Charles Pasqua voulait prendre sa revanche médiatique: dans une "conférence de presse-vérité" jeudi 12 novembre, il devait donner tous les éléments permettant de démontrer que les plus hautes autorités de l'Etat étaient au courant de ce trafic d'armes. Finalement, ces révélations ont fait "pschiit", le sénateur se contentant de répéter ce qu'il avait déjà dit au Journal du dimanche.

L'ancien ministre de l'Intérieur s'en est, comme convenu, pris à Jacques Chirac et à Dominique de Villepin, à l'époque secrétaire général de l'Elysée. "J'affirme que les plus hautes autorités de l'Etat étaient informées", a-t-il dit devant de très nombreux journalistes. "Tous deux ont manqué à leurs devoirs", a-t-il ajouté en regrettant qu'aucun d'entre eux n'ait été interrogé au cours de l'instruction judiciaire de l'affaire. Mais sa cible préférée reste l'ancien président de la République: "J'accuse Jacques Chirac de ne pas avoir assumé ses responsabilités", a-t-il ajouté, n'hésitant pas à le nommer.

 

Alors, comment Charles Pasqua peut-il affirmer cela? Sur quels éléments s'appuie-t-il? Il avait évoqué à de nombreuses reprises le secret-défense, suscitant la soif de révélations de nombreux journalistes. En fait, l'ancien ministre de l'Intérieur a repris une note de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 1995, informant "les plus hautes autorités de l'Etat" de la vente d'armes. Une note qui a été utilisée au cours du procès et qui n'a rien changé à son issue. "On ne va pas finasser, les plus hautes autorités de l'Etat savaient. Le bordereau de la note lui attribue 13 destinataires (...). Aucune de ces éminentes personnes n'ont été entendues par le magistrat instructeur", a ajouté Charles Pasqua, citant donc Jacques Chirac, Dominique de Villepin, mais aussi Charles Millon, ministre de la Défense, ou encore Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères.

 

"Est-ce que je me prostituerais pour une décoration?"


"Comment, puisque la justice a estimé que ces ventes d'armes sont illégales, ces autorités n'ont rien fait pour arrêter ces opérations et ne sont-elles pas poursuivies pour complicité ?", s'est interrogé Charles Pasqua. Il a également évoqué l'attribution de l'Ordre national du mérite le 14 juillet 1996 à Arcadi Gaydamak, un des trafiquants d'armes vers l'Angola. Pour le tribunal, cette décoration a été rétribuée contre 1,5 million de francs (228 673 euros) versés deux jours avant par ce dernier à France-Afrique-Orient, association dirigée par Charles Pasqua. Une accusation que ce dernier a balayé avec sa bonhommie habituelle: "Est-ce que ceux qui me connaissent s'imaginent que je me prostituerais pour une décoration?"

Alors, à défaut d'avoir de véritables arguments nouveaux à offrir, Charles Pasqua a annoncé qu'il avait déposé jeudi matin une plainte contre le magistrat Philippe Courroye, juge d'instruction dans l'affaire de l'Angolagate, car il a estimé qu'il a mené une "instruction uniquemment à charge". Le sénateur des Hauts-de-Seine a également fait part de son intention de lancer une pétition à l'adresse de l'ensemble des parlementaires et réclamant une "déclassification générale du secret-défense sur les ventes d'armes depuis 2002". Il a par ailleurs demandé la constitution d'une commission parlementaire sur ce sujet, suggérant le nom de Philippe Seguin, actuel président de la Cour des comptes, pour la présider. Rien qui ne pourrait renverser une république.

 

Source : lejDD.fr   12-11-2009

 

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