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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 18:48













Collaboratrice dans un cabinet d'avocats d'affaires depuis janvier 2008, Aurore gagne beaucoup d'argent. Mais elle l'assure, elle « ne continuera sûrement pas longtemps comme ça ». Harassée par son travail, elle pourrait bien profiter de la crise financière pour aller voir ailleurs. Elle a accepté de passer ses revenus au rayon X.

 

A 27 ans, cette grande blonde est une « expat »  pur jus. Née à Tahiti (sa mère est prof de maths, son père est peintre), elle a grandi à Tokyo puis à Beyrouth. Rentrée en France pour faire ses études supérieures, elle décroche en 2006 un diplôme de droit international à la fac d'Assas, à Paris, qu'elle complète dans la foulée par un master -payant- à l'université de Boston aux Etats-Unis.

« Il y a deux ans, j'ai obtenu le barreau de New York. Après deux stages en France dans des cabinets d'avocats d'affaire, je suis repartie travailler aux Etats-Unis. Mon petit ami est Colombien, New York est plus pratique pour que l'on se voie. »

Rythme de travail jusqu'en septembre 2008 : 80 heures hebdomadaires en moyenne, avec des pics pouvant atteindre 120 heures les semaines où les dossiers s'entassent. Son cabinet, qui emploie près de 400 personnes, tourne à plein, le week-end comme la nuit. Et pas question de prendre plus de trois semaines de vacances par an : « A New York, c'est très mal vu de vouloir prendre des vacances. En moyenne, les Amércains ne partent pas plus de deux semaines, moi je m'en accorde trois : à Noël et pendant les grandes vacances, quand je reviens en France. »

Habituée à parler de ses revenus « avec pudeur », cette jeune « working girl » n'en fait pas des tonnes. Et souhaiterait même en faire de moins en moins.  « De toutes façons, dans un an maximum c'est fini. Soit je me serai fait virer, soit j'aurai trouvé un autre travail ailleurs, dans une structure plus petite ou carrément dans un autre pays. Travailler à New York, c'est vraiment l'enfer. »

   

Revenus : 122 300 euros net par an et un abonnement au Blackberry


A New York, les salaires donnent rapidement le vertige. Aurore gagne 180 000 dollars par an, soit environ 122 300 euros annuels. Les taxes et les impôts, qui représentent 40% du salaire de base, sont prélevés à la source. Chaque mois, elle perçoit donc au total près de 10 200 euros.

« Avant le krach boursier, le rythme était très rude. C'est pour cela que nos salaires étaient si hauts. Mais on a vraiment senti la crise passer, j'ai deux fois moins de travail que l'an dernier. Certains jours, je peux me permettre d'arriver à midi. Alors que l'an dernier, c'était 7h30 du matin, point. »

Si les salaires n'ont pas été affectés, les bonus ont en revanche disparu des fiches de salaire. « En compensation, on a été augmenté de 900 euros par mois environ. Le mois de janvier, où nous recevions nos primes, est redevenu normal. Ça arrange bien les responsables. Ça nous empêche de vouloir partir juste après les avoir reçues, et en même temps ça leur donne plus de marge pour licencier. »

Aurore vient d'obtenir un nouveau visa de travail pour trois ans. Elle est revenue cet été travailler au bureau parisien du cabinet. « En France, pour le même métier, les gens sont payés deux fois moins qu'à New York. Le rythme est certes un peu plus détendu, mais cela illustre la différence de mentalités qui existe entre les deux pays. »

Si la paie est grasse, les à-côtés sont en revanche quasi-inexistants.   « Mon employeur paie mon abonnement au Blackberry, soit 50 dollars, mais c'est moi qui paie les communications. Idem pour les transports : il ne les rembourse qu'à partir de 2heures. »

Autre symbole de la crise, les salaires de la boîte, « à peu près équivalents à n'importe quel autre cabinet de cette envergure », sont gelés jusqu'en juillet 2010.

 

Dépenses fixes : 7 180 euros par mois



Aurore loue un appartement de 50 mètres carrés dans East Village, un des quartiers bobos de Manhattan :
« Mais les prix des loyers à NY n'ont rien à voir avec ceux de Paris. »  

Elle ne possède aucun bien immobilier, n'a pas le permis donc pas de voiture et ne fume (presque) pas.

**  Loyer : 2400 euros

**  Nourriture : 300 euros de courses et 1800 euros de restaurants

**  Blackberry : 150 euros d'appels (elle n'a pas de téléphone fixe chez elle)

**  Internet / câble : 150 euros

**  Transports : 80 euros d'abonnement pour le métro, jusqu'à 500 euros de taxis

**  Avion : 1000 euros en moyenne (variable selon les tarifs)

**  Habillement / pressing : très aléatoire, mais sans trop chipoter sur le prix des chiffons, on tombe à peu près à 500 euros par mois : « Pour le travail, j'ai quatre tailleurs à 400 euros environ, une dizaine de chemises et deux paires de chaussures du même prix. Pour le reste, je dépense assez peu en fringues. Je vais surtout dans les grandes enseignes, comme Zara ou Uniqlo (une marque japonaise bientôt commercialisée en France, ndlr) ».

**  Beauté : 300 euros



Pas d'épargne, tous le reste en loisirs

 

Jusqu'au krach, Aurore n'avait pas vraiment le temps d'engloutir son salaire. L'argent partait surtout dans les « quelques week-ends qu'elle arrivait à s'accorder ». Depuis, elle profite un peu plus. Une soirée au théâtre avec restaurant et alcool peut vite grimper à 150 euros… Mais impossible pour la jeune femme, qui n'a pour l'instant mis que 5000 euros à gauche, de savoir précisément où part son argent, entre les billets d'avions, les notes de taxi et les plaisirs ponctuels.

Car si l'épargne est loin d'être une priorité, Aurore avoue « avoir besoin de sortir beaucoup » pour évacuer la pression du travail et profite des heures de libres en supplément pour se faire plaisir. Elle dépense ainsi près de 450 euros par mois en théâtre et cinéma. Quan au sport, il ne lui côute rien, son immeuble possède une salle de gym.

« Il faut bien voir qu'à New York, le train de vie n'a rien à voir avec celui d'une capitale européenne. On gagne beaucoup plus, tout est plus cher, mais surtout on y travaille beaucoup moins longtemps. Les jeunes Américains y passent leurs premières années de boulot, histoire de rembourser le crédit qu'ils avaient pris pour payer l'université. Mais après, la plupart quittent la ville pour reprendre une vie normale. »

 

 
Source : Eco89  octobre 2009

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