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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 17:40






Dans ces temps difficiles ou chacun se pose des questions sur son avenir ou sur l'avenir de ses enfants, d'autres n'ont même plus ce choix là; ils vivent au jour le jour, se débattent ,avec les difficultés et "improvisent" leur vie en fonction des circonstances. D'autres encore, aidés par la chance ou par leur travail ou bien parce qu'ils se trouvent encore dans le bon créneau, parviennent à maintenir leur pouvoir d'achat, souvent avec beaucoup de mal.
En choisissant des exemples représentatifs de notre société, le site "Eco89" a eu l'idée de passer "aux rayons X" les porte-monnaies de Français, que nous cotoyons tous les jours, sans bien savoir leurs problèmes








"J'adore mon boulot, mais il est tuant. "
Marianne, conseillère principale d'éducation dans un lycée professionnel en ZEP, a tôt fait de se laisser envahir par son travail. Elle a accepté de passer ses revenus au rayon X.

 

 

D'abord, il y a un parcours qui la destinait à être prof de lettres : bac A, hypokhâgne, puis la fac, pour empocher une maîtrise en lettres modernes à 22 ans. « J'étais bonne en lettres, mais ce n'était pas ma passion au point de vouloir être prof. »

  

Mais avec une famille entière à l'Education nationale, Marianne a déjà le gène du scolaire : l'année de sa maîtrise, elle passe avec succès le concours de CPE.

 

Aujourd'hui, à 35 ans, elle travaille dans un lycée professionnel de la banlieue parisienne, en zone d'éducation prioritaire. Un métier pas facile, mais qu'elle apprécie toujours.

 

« Je ne m'ennuie jamais ; il se passe toujours des trucs. Il y a évidemment une part de routine : gérer les absences, les retards, enguirlander les élèves qui font les guignols… Mais on les suit aussi individuellement, parfois dans des situations très lourdes. Le boulot, on l'emmène chez soi. J'ai encore des histoires très présentes à l'esprit, assez perturbantes. Ça peut être minant ; parfois on craque… »

 

 

A recevoir et gérer des jeunes pénibles, dangereux ou maltraités, abusés, mal dans leur peau, Marianne est tombée dans la dépression. Elle s'y voyait prédisposée et son travail n'arrange rien. Mais elle s'empresse d'ajouter : « C'est parce que je le veux bien ; c'est un métier que j'ai choisi. » Hospitalisée pendant cinq mois il y a quelques années, elle est toujours suivie pour sa dépression « chronique ». Aujourd'hui, Marianne vit seule : « Je suis rentrée tôt dans la fonction et je m'y suis jetée à corps perdu. J'ai un peu oublié de vivre pendant les premières années. Il m'a fallu du temps pour comprendre qu'il faut faire des choses à côté du boulot. »

 

 

Ses revenus : 2 020 euros par mois



Marianne est payée à salaire fixe : 2 020,18 euros net chaque mois (2 516,20 euros bruts, dont 95,05 euros de complément ZEP). Pas d'heures supplémentaires réglées, même si elle en fait « à n'en plus finir » :
« Je ne peux pas faire tout mon boulot en 35 heures. Les heures sup, on peut parfois les récupérer ; mais ça ne vaut pas un complément de salaire. »

 

 

Il lui arrive néanmoins de toucher des crédits liés à son action et ses initiatives dans son lycée de ZEP. De l'ordre de 150 à 300 euros par an, pour son investissement dans l'organisation des examens par exemple.

 

Et puis il y a les avantages associés : la Mutuelle générale de l'éducation nationale qui la couvre, contre une cotisation mensuelle de 66,90 euros, prélevée sur le salaire brut ; et le logement de fonction.

 

Marianne est en effet logée par « nécessité absolue de service », au sein du lycée, à côté des salles de classe. Un forfait lui est attribué pour l'eau et l'électricité, qu'elle ne paie pas. Mais le fait d'habiter dans le lycée ne l'aide pas à arrêter le travail une fois la journée terminée. « Il se passe beaucoup de choses la nuit ou pendant les vacances… Je suis souvent à la fenêtre, parfois je sors gérer la situation. »

 

 

Ses dépenses fixes mensuelles : 1 440 euros par mois



Comme Marianne ne paie pas de loyer, son plus gros poste de dépenses, c'est la consommation courante : 520 euros par mois.

 

30 euros d'Internet et 40 euros de facture pour le mobile,

100 euros de cantine, où elle déjeune en semaine,

350 euros de courses environ, pour la nourriture et les produits ménagers.

Viennent ensuite les impôts : 372 euros au total.

 

186 euros d'impôt sur le revenu,

89 euros de taxe d'habitation,

14 euros pour les ordures ménagères,

83 euros de taxe foncière.

La taxe foncière, c'est pour l'appartement qu'elle a acheté il y a deux ans, désirant se préparer un avenir ailleurs qu'au lycée. Ce choix lui coûte 210 euros par mois.

 

Elle règle 130 euros de charges de copropriété.

Pour devenir propriétaire, elle a fait un emprunt sur quinze ans, dont l'assurance mensuelle se monte à 30 euros.

Les mensualités sont de 750 euros, mais elle loue l'appartement pour 700 euros. Restent 50 euros à sa charge.

Enfin, elle rembourse 200 euros tous les mois pour sa voiture achetée il y a un an, auxquels il faut ajouter 50 euros de carburant. 85 euros lui sont prélevés pour l'assurance habitation et la voiture.

 

Au total, cela fait 1 440 euros de dépenses mensuelles. Restent 580 euros.

 


L'épargne, les loisirs : 580 euros



Tous les mois, Marianne verse 100 euros sur son Plan épargne logement, et 300 euros sur son Livret A. Pour les imprévus ou les vacances, mais aussi pour piocher dedans régulièrement. Et le budget vacances reste réduit, parce que « ça coûte cher de partir quand on est tout seul ». C'est donc soit chez des amis, soit en camping.

 

Côté loisirs, elle met en moyenne 150 euros par mois dans les CD, livres ou DVD. « Je suis dépensière », estime-t-elle. 50 euros aussi pour des vêtements, des cosmétiques ou des bijoux.

 

Et puis il y a les concerts qu'elle va voir. Sa seule activité en dehors du boulot, à laquelle elle s'adonne à fond depuis cinq ans, avec un petit groupe d'amis. En gros, 70 euros de places par mois. « J'aime Vincent Delerm, Jeanne Cherhal, Franck Monnet, Albin de la Simone… Toute cette musique souvent associée aux bobos enseignants, de gauche… et dépressifs. »

 

 


Source : Eco89  29-08-2009

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