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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 11:16







Dans ces temps difficiles ou chacun se pose des questions sur son avenir ou sur l'avenir de ses enfants, d'autres n'ont même plus ce choix là; ils vivent au jour le jour, se débattent ,avec les difficultés et "improvisent" leur vie en fonction des circonstances. D'autres encore, aidés par la chance ou par leur travail ou bien parce qu'ils se trouvent encore dans le bon créneau, parviennent à maintenir leur pouvoir d'achat, souvent avec beaucoup de mal.
En choisissant des exemples représentatifs de notre société, le site "Eco89" a eu l'idée de passer "aux rayons X" les porte-monnaies de Français, que nous cotoyons tous les jours, sans bien savoir leurs problèmes





Lorsqu'il a été embauché comme technicien chez Cyclocity, filiale de JCDecaux, au moment du lancement des Vélib, il se voyait y faire carrière. Deux ans après, il déchante en mesurant la pénibilité du boulot et la désorganisation générale de la boîte. Boris a accepté de passer ses revenus au rayon X.
  

Boris a connu les affres du jeune indécis qui, après avoir tergiversé à la fac, a atterri dans l'intérim avec comme seul diplôme son bac STI (électro-technique). Sa plus longue mission, il la passe chez Décathlon, six mois comme préparateur vélos, payé au SMIC. Quand il entend que les vélos en libre-service se lancent à Paris, il tente sa chance et son CV est sélectionné. Mais seulement pour 25 heures. Il aurait préféré un temps plein mais on lui fait savoir qu'il n'y en a plus.

Cela ne lui rapporte alors que 760 euros nets par mois, sans compter tous les bugs qu'il découvre : les heures sup non payées, la formation où il n'apprend pas grand chose, les vélos à assistance électrique défectueux… Et surtout une politique de management « qui date d'il y a trente ans » où toute négociation sur les plannings est laborieuse… Résultat, chez Cyclocity le turn over est très élevé, les absences injustifiées nombreuses et le dialogue social mauvais. Comme l'ont montré les grèves à répétition.

Depuis un an et demi, Boris a pu passer à temps plein en devenant « technicien borne ». Sans qu'il comprenne pourquoi, son salaire est d'abord passé à 1280 euros bruts, 20 euros de moins que ses collègues. Le rattrapage s'est fait avec dix mois de retard, et sous forme de prime et pas de salaire. Entre temps, Boris a pris sa carte au syndicat SUD.

 

Revenus : 1522 euros en moyenne avec les primes et l'intéressement



Aujourd'hui, après avoir été augmenté en janvier dernier au titre de l'ancienneté, il touche 1406 euros bruts, soit 1120 euros nets.

Cette somme est une moyenne car les mois où il siège au comité d'entreprise et que cela induit des heures supplémentaires, il peut gagner un peu plus. Il lui arrive, environ une fois tous les deux mois de faire une « absence injustifiée pour motif personnel, parce que les chefs refusent qu'on pose un jour où on veut quand on en a besoin », et dans ce cas il perd un jour de paie.

Il bénéficie d'une mutuelle, à 14 euros par mois pour le plus petit niveau de remboursement prélevés sur son salaire brut.

Il touche aussi 12 euros de prime de repas versés à part pour chaque jour travaillé. « C'est vrai que c'est une belle somme, en mangeant au McDo, je mets de coté environ 6 euros par jour ». Sur 22 jours travaillés en moyenne, cela revient à 237 euros par mois car l'on ne compte pas les cinq semaines de congés payés.

JCDecaux verse aussi à ses salariés une prime trimestrielle dont le montant dépend d'une évaluation multicritères. Boris touche généralement 100 à 130 euros en fonction de la satisfaction qu'il donne à sa hiérarchie. En un an il a touché 460 euros, soit 38 euros par mois en moyenne : « Bizarrement depuis que je suis syndiqué, je ne touche plus jamais le maximum, 210 euros. »

 

Cette fiche d'évaluation trimestrielle, inclut par exemple des critères comme le « respect » (où Boris obtient un « B »), la « tenue de travail » (présentation correcte et soignée ») et la « qualité du travail » (notamment « respect des instructions données par les supérieurs hiérarchiques » où il est noté « B » également).

Boris veut garder son emploi pendant deux ans, le temps que sa copine fasse ses études d'infirmière : « Et puis je vais essayer de passer mon permis, indispensable pour trouver un nouveau boulot. »

La prime de participation et d'intéressement aux bénéfices se cumulent et lui rapportent environ 1200 euros par an, soit 100 euros par mois. Boris gagne trop peu pour être imposable et il a même reçu l'an dernier 300 euros de prime pour l'emploi.

Ultime petit « avantage », il dispose d'une carte Vélib salarié, qui ne lui permet pas d'en emprunter aussi longtemps qu'il veut, seulement pour 45 minutes gratuites au lieu de 30.

 

Dépenses fixes : 455 euros par mois



Ce n'est que récemment que Boris a pu quitter le nid familial. Il a emménagé dans le studio de 25 mètres carré que louait déjà sa copine à Aubervilliers. Le loyer est franchement raisonnable (255 euros charges comprises, en général payés par son amie) mais l'appartement « est à la limite de l'insalubrité et le propriétaire ne veut pas faire de travaux ». Du coup, les charges d'électricité sont élevées, en moyenne 80 euros par mois, que paie sa compagne tandis que Boris prend en charge les courses dans les grandes surfaces pour environ 350 euros par mois.

Il paie un abonnement pour son téléphone portable, 40 euros par mois, et un abonnement téléphone et internet pour 30 euros par mois.

Sa carte orange zone 3 (70 euros par mois) est remboursée pour moitié par son employeur.

 

Epargne et loisirs : des vacances en famille et le reste à gauche



L'assurance de la voiture (achetée par sa copine) et de la maison s'élève à 500 euros par an. Cette charge comme beaucoup d'autres est assurée par sa compagne afin que Boris épargne le maximum en vue des deux années difficiles qu'ils s'apprêtent à traverser. Il a mis de coté 3000 euros de coté pour l'instant.

Les loisirs sont limités au maximum : vacances chez la famille, et l'essentiel de leurs sorties consiste à aller au cinéma. Ils se sont offert une carte UGC illimité pour 20 euros par mois et l'amortissent à raison d'une séance par semaine. Ils dinent souvent an resto à la sortie, le Flunch où ils commandent le menu à 6,50 euros.

Au final, entre les trois heures quotidiennes dans les transports en commun, les horaires décalés (6h30-14h30 ou 14h-21h30) et l'absence de perspective de progression, il trouve que la grande boite où il est rentré n'est pas à la hauteur des espoirs qu'il y avait mis.

 


Source : Eco89   28-07-2009

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