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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 05:03










Pékin a fait passer auprès des autorités locales du pays un mot d'ordre : "Achetez chinois." C'est une attitude à la fois inquiétante et hypocrite. Si le président Hu Jintao s'est joint aux dirigeants brésilien, russe et indien pour appeler à l'éradication du protectionnisme, plusieurs ministères chinois ont clairement fait comprendre que le fonds de 586 milliards de dollars (420 milliards d'euros) consacré à la relance par la dépense publique devait profiter en priorité à des fournisseurs nationaux.

La Chine prend des risques avec ce double langage. Pour un pays exportateur touché de plein fouet par la crise, mieux vaut éviter de donner dans la provocation.

Lorsque l'on choisit de privilégier ses compatriotes, dans un premier temps, ce sont les fournisseurs étrangers qui en font les frais. En 1998, date du dernier grand plan de relance chinois, les importations avaient crû respectivement de 18 % et 36 % au cours des deux années suivantes.  

Cette fois-ci, plus d'un tiers des projets d'investissement public concernent des voies ferroviaires, des routes, des aéroports et des réseaux de distribution électrique, c'est-à-dire des domaines fortement consommateurs de technologie et de matériels étrangers. Les entreprises étrangères ont déjà été écartées d'appels d'offres pour l'installation d'éoliennes ou de lignes ferroviaires à grande vitesse, des projets mettant en jeu plusieurs milliards de dollars.  

Mais la Chine aurait beaucoup à perdre d'un protectionnisme radical. Rappelons-nous ce qui s'est passé avec le Smoot-Hawley Act voté aux Etats-Unis en 1930. Le texte décrétait la hausse des taxes applicables aux importations pour protéger les filières nationales et favoriser l'emploi. A court terme, l'objectif a été atteint, mais lorsque les autres pays ont commencé à prendre des mesures de rétorsion, le chômage américain a plus que doublé. La Chine, qui ressemble beaucoup aux Etats-Unis de cette époque, connaîtrait les mêmes avatars. Quand on sait à quel point Pékin redoute les troubles sociaux, ce serait là prendre un trop grand risque.  

Heureusement, il n'est pas aussi facile que cela d'évincer les entreprises étrangères. La croissance des importations chinoises est liée à l'achat de biens et de ressources qu'elle ne peut pas produire en quantité suffisante, comme le pétrole, le fer, le cuivre et l'aluminium.  

En outre, il est impossible pour Pékin de surveiller tout le monde. Les ordres de commande sont donnés à l'échelon local. Les acteurs familiers des procédures d'appel d'offres indiquent qu'il n'existe aucune base de données centralisée pour recenser les fournisseurs sélectionnés pour chacun des chantiers. Chaque ville s'y prend comme elle l'entend et les méthodes sont différentes.

Ces appels à la préférence nationale ont peut-être pour but de rassurer les Chinois : cela ressemblerait bien au style de Pékin. Mais ils pourraient par ailleurs pousser les autres pays vers le protectionnisme. L'Inde et les Etats-Unis se préparent déjà à déposer des plaintes contre la Chine pour concurrence déloyale sur des secteurs sensibles comme l'acier et les pneumatiques. Dans le pire des cas, la Chine souffrirait du contrecoup dévastateur qu'avait provoqué le Smoot-Hawley Act, sans avoir pu profiter des avantages de cette politique.

 

 

Source : lemonde.fr  22-06-2009

 

 

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