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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 11:34






Dans ces temps difficiles ou chacun se pose des questions sur son avenir ou sur l'avenir de ses enfants, d'autres n'ont même plus ce choix là; ils vivent au jour le jour, se débattent ,avec les difficultés et "improvisent" leur vie en fonction des circonstances. D'autres encore, aidés par la chance ou par leur travail ou bien parce qu'ils se trouvent encore dans le bon créneau, parviennent à maintenir leur pouvoir d'achat, souvent avec beaucoup de mal.
En choisissant des exemples représentatifs de notre société, le site "Eco89" a eu l'idée de passer "aux rayons X" les porte-monnaies de Français, que nous cotoyons tous les jours, sans bien savoir leurs problèmes





« Aujourd'hui, je serais sans doute à la RATP ou à la SNCF. Je vois bien la vie que j'aurais pu avoir », raconte Luc, lorsqu'il évoque ses études d'ingénieur à l'école Centrale de Lyon. Mais voilà, le sort en a décidé autrement : il est devenu « le père Luc » et il officie à Paris. Il a accepté de passer ses revenus au rayon X.

Elle lui aurait plu cette vie mais voilà, à 22 ans, sur un quai de gare, Luc Forestier annonce à ses parents qu'il va devenir prêtre. Vingt-et-un ans plus tard, son mandat de curé à Saint-Eustache, à Paris, arrive à son terme. Six années dans une belle église des beaux quartiers qui lui font dire qu'il ne regrette rien :  « De l'extérieur, on ne comprend pas toujours ce qu'on fait ni pourquoi on le fait. Ce qui est de l'ordre de la vie intérieure et intellectuelle n'apparaît pas toujours, il n'y a rien de spectaculaire en dehors des lithurgies du dimanche qui ne sont qu'une infime partie de notre travail. Peu de gens mesurent donc à quel point c'est intéressant.  Mais Saint-Eustache a été passionnant. On rencontre des gens très différents, du SDF au ministre. On ne s'en aperçoit pas mais Paris est une ville pleine de solitudes. C'est troublant. Dans ce quartier plutôt bling-bling, il y a des petites vieilles « loyer 48 » qui ne sortent plus de chez elles. Je me souviens d'obsèques où il n'y avait personne d'autre que le notaire et moi. »

 

Revenus : 1339 euros par mois

 

De sa jeunesse, il lui reste une passion pour les remontées mécaniques et le regret d'avoir renoncé à avoir un jour des enfants. En revanche, « se défaire de l'argent n'a pas été difficile ».  Comme tous les prêtres en ministère, quelle que soit leur fonction, Luc Forestier touche tous les mois un traitement net de 991 euros par mois. Il ne s'agit pas d'un salaire mais d'indemnités : « On estime que le lien avec l'Eglise ne peut pas reposer sur un contrat de travail. »

Le traitement reste le même à la retraite : « Avant, on rémunérait les prêtres différemment, selon la taille de la paroisse. Ça a été abandonné en 1905 avec la décision de rémunérer tout le monde de la même façon. Une révolution, cette institution de l'égalité entre tous les prêtres. Evidemment, si vous êtes dans le XVIe, les avantages en nature sont plus important qu'en étant Porte de Bagnolet. »

Une indemnité de nourriture (447 euros) est directement prélevée sur le salaire, ainsi qu'une part pour le logement (163 euros).

Luc Forestier est logé dans une chambre « modeste » d'un immeuble jouxtant l'église Saint-Eustache. Le bâtiment appartient au diocèse de Paris qui en retire des revenus locatifs (particuliers, commerces).

Le prêtre touche d'autres revenus. Des sommes variables d'abord, avec les enveloppes reçues lors des baptêmes et autres célébrations, et un revenu mensuel fixe tiré de son activité de professeur.

Comme beaucoup d'hommes d'église, il enseigne à l'Institut catholique et touche 348 euros par mois pour les cours de théologie qu'il y donne une fois par semaine (deux heures) :  « C'est mal payé mais ça me permet d'acheter des livres. »

 

Dépenses : des livres et des vacances au ski

 

Le père Luc Forestier n'a pas de dépenses mensuelles fixes mais estime que le gros de son salaire passe en livres et en vacances.

Amoureux de la montagne et des remontées mécaniques, il s'autorise régulièrement des vacances au ski. Une fois lancé sur ce sujet, il ne s'arrête plus :  « Ça coûte très cher, c'est de la folie, c'est totalement déraisonnable mais j'aime ça ! Je suis allé au ski trois fois cette année. J'aime beaucoup ça, c'est mon luxe. J'ai fait une semaine de ski de fond cet hiver dans le Jura. On se sent plus en interraction avec la montagne que dans le ski de piste… »

Un été en Arménie a allégé ses comptes il y a un an.

Il dispose également d'un abonnement à l'Opéra (1000 euros par an) et à la Comédie-Française : « Finalement, je ne m'achète pas grand-chose à part des livres et des DVD d'opéra. J'essaye aussi d'économiser pour pouvoir changer d'ordinateur. Sinon, je vais parfois au restaurant. J'ai une voiture que je n'utilise pas. Je me déplace à vélo. »

 

Les revenus de la paroisse



En 1923, après un intense combat pour qu'elles soient distinguée des associations loi 1901, l'Eglise catholique obtient la mise en place d'associations diocésaines dirigées par les évêques.

Les paroisses -qui ont un statut d'employeur- sont juridiquement représentées par l'association diocésaine (un diocèse par déparement).

Luc Forestier dévoile les comptes de sa paroisse : « Une grande partie des ressources provient des deniers de l'Eglise et des quêtes. Suivent les ventes de cierges, les produits locatifs et les concerts.
Nous avons trois salariés à plein temps : un régisseur et deux sacristains. A temps partiel, nous avons une personne à l'accueil, une cuisinière et une femme de ménage. Plus ponctuellement, des musiciens sont payés par la paroisse. »

Il reconnaît qu'il est difficile de parler d'argent à l'Eglise même si tous les ans, le temps d'un week-end, le budget est communiqué à l'ensemble des paroissiens : « C'est d'autant plus important d'en parler qu'il y a des soupçons. Nous ne sommes pas transparents -je ne transmets pas les salaires des employés de la paroisse- mais nous essayons d'être clairs. »

 


Il reconnaît aussi qu'il est difficile de demander de l'argent. Pour bien mener une quête, il faut relancer les fidèles, trouver la bonne formule, ne pas être trop présent sur le sujet -on le lui a reproché- alors il a ses trucs :
« Les catholiques ont l'habitude d'être généreux. Le don est un geste lié à ce que nous sommes. Il faut renoncer à une part de soi-même, c'est l'idée qu'il y a derrière. Pour en parler, il suffit d'être pédagogue. C'est pour cette raison que je veux que les comptes soient publiés. Les gens savent ce que ça coûte et à quoi sert l'argent. »

 


Bientôt, Luc Forestier va changer de vie. Il quitte Saint-Eustache pour consacrer une année à sa thèse sur H. Richard Niehbur, un théologien protestant américain. Un départ dont il se satisfait parce que, dit-il, citant Georges Marchais, « le bilan est globalement positif ».







Source : Eco89   16-06-2009 

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