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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 18:11







Dans ces temps difficiles ou chacun se pose des questions sur son avenir ou sur l'avenir de ses enfants, d'autres n'ont même plus ce choix là; ils vivent au jour le jour, se débattent ,avec les difficultés et "improvisent" leur vie en fonction des circonstances. D'autres encore, aidés par la chance ou par leur travail ou bien parce qu'ils se trouvent encore dans le bon créneau, parviennent à maintenir leur pouvoir d'achat, souvent avec beaucoup de mal.
En choisissant des exemples représentatifs de notre société, le site "Eco89" a eu l'idée de passer "aux rayons X" les porte-monnaies de Français, que nous cotoyons tous les jours, sans bien savoir leurs problèmes





Installée depuis dix ans en Bretagne, élevant avec son mari 60 vaches laitières, Rachel désespère de gagner correctement sa vie. Elle a fait les comptes de son exploitation et accepte de passer son porte monnaie aux rayons x.

 

Son mari Bertrand avait racheté 30 hectares de terre à ses parents à Questembert, dans le sud du Morbihan, et Rachel, elle, diplômée en mécanique industrielle, ne se voyait pas faire les 2x8 en usine. Elle a donc passé son brevet professionnel d'exploitant agricole et racheté dans la foulée de quoi agrandir le troupeau initial. « Selon nos calculs, on devait dégager chacun un revenu de 1 500 euros par mois », se souvient-elle.

Seulement, c'était l'époque du lait à 3 francs (0,45 euros) le litre, bien loin du tarif pour lequel les éleveurs se battent (0,29 euros). Selon les chiffres de son bilan 2008, le couple ne dégage que 1 800 euros à deux chaque mois. Engagée au syndicat professionnel des Jeunes Agriculteurs, Rachel se demande comment elle va pouvoir continuer…  

« La dérégulation du marché au niveau européen est en train de nous étrangler. Certains industriels nous laissent dépasser les quotas et le prix n'en finit pas de chuter. Ainsi, avec un tarif qui passe de 38 à 21 centimes d'euros en un an, mon exploitation perd 52 020 euros de recettes et là, ça n'est plus possible. On va finir sous le seuil de pauvreté. »

 

Recettes : 14 586 euros

 

Le troupeau de race normande, soixante vaches, a l'avantage d'avoir un assez bon rendement et surtout de produire aussi de la viande, ce qui fait normalement un double revenu.

L'aide européenne au titre de la PAC pour cette exploitation est de 2 083 euros par mois. Mais « le but, c'est de vivre de ses revenus, pas des aides ».

L'exploitation des Guiquerro est autorisée par Bruxelles à produire 340 000 litres de lait par an. Elle ne remplit pas ce quota : « ça nécessiterait de pousser les vaches à manger beaucoup de nourriture concentrée, et ça nous ferait prendre des risques pour leur fertilité », explique l'agricultrice. Elle a donc vendu l'an dernier 306 000 litres de lait à 38 centimes d'euros (moyenne 2008), soit un chiffre d'affaires mensuel de 9 690 euros.

La viande ne paie pas lourd : les vaches sont vendues en moyenne 985 euros pièce pour 400 kilos de viande, soit un peu plus de 2 euros le kilo. En 2008, le couple d'éleveurs a envoyé à la réforme 12 vaches et 21 veaux (ces derniers à 140 euros pièce), ce qui fait un revenu total de 1 230 euros par mois.

Rachel et Bertrand ont aussi développé une activité de céréales sur une partie de l'exploitation. Le seigle et le blé produits par leurs terres sont vendus à une coopérative qui les transforme en produit fini, des aliments pour animaux, dont une partie repart chez les Guiquerro. Cela représente un revenu de 1 583 euros par mois.

Rachel est souvent à Paris ces temps-ci pour négocier au nom des Jeunes Agriculteurs, où elle siège au bureau. On lui rembourse ses frais et on lui finance un remplaçant.

 

Dépenses : 14 586 euros

 

Nourrir les vaches, cela coûte 4 919 euros par mois, une somme qui inclut la nourriture concentrée ainsi que les semences et engrais pour la terre. Le couple a emprunté pour acheter les terres et le matériel et rembourse 3 285 euros par mois, sans compter les intérêts d'emprunt qui s'élèvent à 583 euros par mois.

Pour ce qui est des semences et de la récolte des céréales, les Guiquerro ont fait le choix de la sous-traitance du matériel et de la main d'oeuvre à une coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA), ce qui coûte 2 166 euros par mois, mais leur permet de gagner beaucoup de temps : « Notre choix est de se consacrer uniquement à l'élevage, travailler la génétique… plutôt que d'être toujours dans les travaux des champs. »

La protection sociale coûte 1 333 euros par mois au couple, versés à la Mutualité sociale agricole pour la sécurité sociale, les assurances retraite et accident.

Ils laissent dans leur bilan 500 euros mensuels de marge de sécurité « en cas de gros pépin » et se prélèvent pour leur vie quotidienne 1 800 euros par mois.

 

1 800 euros par mois pour vivre à deux

 

Ces exploitants agricoles ont les mêmes charges que n'importe quelle famille. Certes, la viande est prélevée sur leur propre bétail, mais Rachel n'a pas le temps d'entretenir un potager, à peine celui de faire ses propres yaourts.

Leur maison, ils l'ont faite essentiellement de leurs mains, ce qui explique qu'ils ne remboursent que 800 euros par mois à la banque.

L'électricité du foyer coûte 75 euros par mois, l'eau seulement 9 euros par mois, « mais on vit sur notre puits ».

A cela s'ajoutent 30 euros d'école privée pour les enfants, 70 euros de cantine, 300 euros de remboursement pour l'emprunt de la voiture, 35 euros d'assurance-voiture et 150 euros d'assurance de la maison et de mutuelle santé. Il paient aussi 40 euros de taxe d'habitation par mois (mais n'ont pas d'impôt sur le revenu à acquitter).

Toutes ces charges s'élèvent à 1 379 euros par mois, il reste donc 421 euros pour vivre, à quoi il faut ajouter les 112 euros d'allocations familiales pour les deux enfants (6 et 11 ans). Autant dire que Rachel fait attention à ne pas remplir le caddie du supermarché au-delà de 60 euros par semaine, de limiter l'appétit de consommation de ses enfants et de veiller à ce que Noël et les anniversaires servent à des cadeaux utiles.

Le seul luxe qu'ils s'autorisent, c'est une semaine aux sports d'hiver, à 1 500 euros (sans compter les 150 euros par jour pour le remplaçant de l'exploitation), ce qui plombe le budget. Cet été, ce sera, comme d'habitude, une semaine sous la tente.

 




Source : Eco89   02-06-2009

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commentaires

E
Très intéressant! Merci!<br /> <br /> Toutefois, la baisse des quotas n’est qu’un subterfuge pour faire grimper artificiellement le prix du lait, lisez pour comprendre; http://www.unmondelibre.org/Bedard_Lait_060809
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