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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 11:07

 




Bernard Tapie ne cache plus son envie de revenir aux affaires. Alors si l'histoire a montré qu'il savait dénicher les bons coups, que révèle son palmarès de repreneur d'entreprises en difficultés ? Face à deux belles opérations (Look et les piles Wonder), qui firent sa fortune, plusieurs se sont soldées par des échecs. Les raquettes de tennis Donnay ? Il n'en reste qu'un soupçon de marque. Manufrance ? Juste un nom. Testut ? Disparue. Que sont devenues les entreprises de Bernard Tapie une fois l'homme d'affaires parti ? Réponses.



Diguet-Denis, sa première société, vient de déposer à nouveau le bilan

 


C'est à partir de 1977 que Bernard Tapie exploite au mieux les dispositions de l'ancienne loi sur les faillites. Il rachète à bas prix les créances sur l'entreprise qu'il a reprise, devenant ainsi son propre créancier et se les fait rembourser. Il commence avec une petite imprimerie, Diguet-Denis dans l'Eure, qu'il revend moins de deux ans plus tard en empochant une plus-value conséquente.

 

Depuis, l'activité a continué à Breteuil-sur-Iton jusqu'à cette année. L'entreprise à même été intégrée au groupe Qualibris. Mais depuis trois ans, l'imprimeur a enchaîné les plans de licenciement pour finalement déposer le bilan en février dernier.


 

Manufrance n'est plus qu'une petite PME de province 

 



Numéro 1 français de la vente par correspondance au début des années 70, Manufrance fabriquait ses articles de chasse et de pêche à Saint Etienne. Mais tandis que la concurrence délocalisait, la "vieille dame" conservait ses ateliers. Incapable de faire face aux grandes surfaces, l'entreprise est en règlement judiciaire dès 1979.

 

Bernard Tapie signe là son premier gros coup, sans réussir à mettre la main sur les actifs de l'entreprise puisqu'il n'obtient que l'exploitation de la marque. Société nouvelle Manufrance en 1979, Société coopérative ouvrière en 1980, plan de relance en 1982... Rien n'y fait, c'est la liquidation en  1986. Depuis, Jacques Tavitian, un homme d'affaires local, a racheté les marques et les brevets, et relancé une petite production. En 1995, il a tenté sans succès de faire de Manufrance une grande enseigne de bricolage. Un seul magasin ouvrira.


 

La Vie Claire regagne des couleurs

 



Cette enseigne de produits diététiques est entrée en 1980 dans le giron du Groupe Bernard Tapie. La Vie Claire vivait alors ses heures de gloire, réalisait 200 millions de francs (30 millions d'euros) de ventes par via 250 magasins. Seize ans plus tard, elle ne pesait plus que 70 millions de francs, soit 10,6 millions d'euros, avec 120 points de vente.

 

Entre temps, Bernard Tapie a tenté de la vendre à deux reprise, impulsé un développement en franchises et tenté d'accroitre sa notoriété en sponsorisant Bernard Hinault. La Vie Claire est finalement récupérée par le Crédit Lyonnais via le consortium de réalisations (CDR), qui le vend à Distriborg pour 10 millions de francs. Quelques mois plus tard, son patron propriétaire n'hésitait pas à dire que Bernard Tapie a laissé une "situation pourrie". Un plan social suivra. Depuis la chaîne profite à plein du boom des produits bios et diététiques.





Sort mitigé pour les fixations et les pédales Look

 



Cédé pour un franc symbolique au Groupe Bernard Tapie en 1983, Look restera comme une des meilleures affaires de Bernard Tapie. L'homme d'affaires ouvre de nouveaux horizons à ce spécialiste des fixations de ski en lançant une activité autour de la fabrication de pédales automatiques pour vélo. Il en équipe Bernard Hinault qui gagne le Tour de France avec. Et ça personne ne l'a oublié chez Look chez qui il a laissé de bons souvenirs.

 

En 1998, il fait une de ses plus belles affaires en la revendant pour 260 millions de francs. Mise en difficulté en 1994, l'entreprise se scinde en deux. L'activité ski est reprise par Rossignol qui la détient toujours. L'entreprise traverse quelques turbulences avec la crise et un plan de réduction des effectifs est en cours. L'activité cycle elle a été reprise par des salariés et un homme d'affaires de la région de Nevers.






Terraillon appartient désormais à des Japonais

 


Pour Terraillon racheté un franc symbolique en 1981, de l'époque Tapie il ne reste que le siège social de Chatou. En 1999, c'est le fonds d'investissement irlandais Hibernia Capital Partners qui reprend l'entreprise de systèmes de pesage pour 33 millions de francs. Elle vivote à l'époque au sein du CDR, digérant les 293 millions de pertes cumulées entre 1990 et 1995. Terraillon se remet à gagner de l'argent grâce à leurs investissements publicitaires et industriels.

 

En deux ans l'entreprise est rétablie puis vendue à Measurement Specialities pour 125 millions de francs qui la cède ensuite au japonais Fukuda. Autres entreprise de pesée de Bernard Tapie, Testut a totalement disparu du paysage. Vendu 20 millions de dollars par le CDR au suisse Mettler Toledo, sa dernière usine, à Béthune, a fermé en 2003.

 

Les raquettes Donnay ont fait faillite deux ans après son départ





La marque belge de raquettes Donnay, rendue célèbre par le tennisman Björn Borg à la fin des années 70 a elle aussi connu sa période Tapie. Mis en faillite en 1998, elle renaît avec un actionnariat plutôt baroque réparti entre Bernard Tapie (51%), la région de Wallonie (29%) et Albert Frère (20%). Mais l'entreprise ne décolle pas et enchaine les pertes.

 

Obligé de trouver de l'argent frais pour racheter Adidas, Bernard Tapie cède ses parts en 1991 pour 100 millions de francs. La région wallonne en prend alors le contrôle et revend ses actifs à l'italien Carbon Valley. Mais Donnay fait faillite à nouveau en 1993, obligeant la Wallonie à reprendre intégralement la société. La production ne repartira plus. Un temps exploité par Le Coq sportif, la marque est désormais la propriété du britannique Sport Ski qui la décline en chaussures entre autres.

 



 

Les piles Wonder ne sont plus vendues qu'en Afrique

  




Numéro 1 français de la pile, Wonder est désarçonné par l'apparition des alcalines au début des années 70. Les Courtecuisse, famille fondatrice, sont divisés sur la stratégie à adopter. Et en 1984, elle cède une entreprise en totale perte de vitesse à Bernard Tapie. L'homme d'affaires tranche dans le vif, ferme 4 usines et licencie 600 salariés avant de s'associer à Francis Bouygues pour racheter SAFT-Mazda et créer un leader européen de la pile.

 

Ce sera finalement une grande vente par appartements des activités du nouveau groupe. Le futur acteur aura pourtant joué dans une publicité pour vanter les mérites de ses piles ! En 1988, il  revend SAFT-Mazda-Wonder à l'américain Ralston qui veut implanter sa marque Energizer en France. Depuis, Wonder a été rayé de la carte économique française. Il ne s'en vend plus que quelques milliers en Afrique noire.


 

Adidas est devenu un géant mondial

 



C'est l'entreprise qui provoquera sa chute, mais avec Adidas Bernard Tapie tient "l'affaire de sa vie" selon ses propres mots. Il vend des participations et contracte un prêt énorme pour s'offrir le géant allemand (1,6 milliard de francs). Un bon prix, mais un sacré boulot en perspective. La marque perd de l'argent et fabrique encore la plupart de ses articles en Europe, contrairement à ses concurrents.

 

Bernard Tapie généralise la sous-traitance et licencie à tour de bras. Mais en 1992, Adidas enregistre une perte historique de 500 millions de francs français. C'est trop pour le groupe de Bernard Tapie, obligé de vendre. Repris par son créancier, le Crédit Lyonnais, celui-ci cède ensuite l'entreprise à l'homme d'affaires Robert-Louis Dreyfus. Adidas redressée, il l'a fait entrer en bourse. C'est désormais un géant du sport qui pèse plus de 10 milliards d'euros.


 


Source : leparisien.fr   18-05-2009

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