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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 18:14




Dans ces temps difficiles ou chacun se pose des questions sur son avenir ou sur l'avenir de ses enfants, d'autres n'ont même plus ce choix là; ils vivent au jour le jour, se débattent ,avec les difficultés et "improvisent" leur vie en fonction des circonstances. D'autres encore, aidés par la chance ou par leur travail ou bien parce qu'ils se trouvent encore dans le bon créneau, parviennent à maintenir leur pouvoir d'achat, souvent avec beaucoup de mal.
En choisissant des exemples représentatifs de notre société, le site "Eco89" a eu l'idée de passer "aux rayons X" les porte-monnaies de Français, que nous cotoyons tous les jours, sans bien savoir leurs problèmes





« J'aimerais vraiment savoir combien gagnent les gens dans mon milieu », me dit Hélène lorsque je la rencontre. Assistante d'édition au sein d'une maison importante dans le milieu des lettres parisien (appartenant au groupe Hachette), la jeune femme s'est elle-même manifestée pour passer son porte-monnaie dans notre rayon X. C'est à signaler, dans un milieu qui, par tradition, considère la chose financière comme un tabou plus encore que comme une caractéristique relevant de la vie privée.

Le métier d'assister

Hélène, elle, ne va pas à l'imprimerie. Si elle parle de « petite main de l'édition » pour définir son métier, c'est parce qu'elle sait que les « assistants d'édition » sont la face cachée d'un livre une fois qu'il est paru. Peu reconnus, ils ne sont pas forcément invités aux cocktails -souvent, ils n'aiment pas ça, cela étant-, et on attribue souvent à l'éditeur ce qui, en fait, a été travaillé par eux.

L'assistant(e) d'édition a approximativement les mêmes fonctions dans toutes les maisons, avec quelques tâches et responsabilités en plus ou en moins selon l'importance de la maison. Par définition, cette personne a pour rôle de faire un travail d'éditing : elle travaille avec son auteur tout ce qui est intra-texte : style, rythme, personnages, scènes. Et « porte » le texte dans le milieu de Saint-Germain, en parle et en reparle, pour une reconnaissance et éventuellement pour des prix littéraires. Il faudra aussi, ensuite, le défendre auprès d'agents littéraires et d'éditeurs étrangers (l'attachée de presse le défendant, elle, auprès des journalistes).  

L'assistant(e) réalisant en général ce qui vient ensuite : corrections, mise en page, quatrième de couverture, vérifications des infos si besoin (quand il s'agit d'un document), voire les relations avec l'imprimerie dans certaines boites.

Comme beaucoup de ses confrères et consœurs, Hélène réécrit parfois des pans entiers d'un essai ou d'un document. Pas de fictions, l'auteur étant sensé avoir un rapport personnel à sa propre écriture.

Parcours

Une année d'histoire, trois ans de sciences-po. Puis bifurcation vers l'édition car « un jour, en amphi, un prof a demandé à ceux qui voulaient être journalistes de lever le doigt. Quand j'ai vu le nombre de doigts levés, je me suis dit que jamais je ne me ferais une place. »

Hélène commence par travailler sur des guides de voyages. Entre 2000 et 2003, entre stages et CDD, la jeune femme mettra les pieds dans pas moins de huit maisons d'édition. Puis vient le CDI chez son employeur actuel, un gros éditeur « généraliste ». Dans la maison d'édition qui l'emploie depuis cinq ans, Hélène travaille la fiction (« plutôt française »), les essais, et les « docs » (« en tout genre »).  

A trente-deux ans, Hélène est aujourd'hui pacsée, maman d'une petite fille d'un an et demi.


Revenus : un revenu mensuel de 1650 euros


« A mon arrivée il y a cinq ans, j'étais préparatrice de copies. Je gagnais 1450 euros ». Deux cent euros et une autre fonction de gagné en cinq ans, donc. Et, « depuis deux ou trois ans, pas d'intéressement au chiffre de ma boite, parce qu'on ne vend pas assez de livres ». Le chiffre d'affaires de la maison n'est pas assez important pour que les employés en profitent. Preuve par l'exemple de la crise non pas du livre, mais du secteur de l'édition.

Hélène a un treizième mois, se voit rembourser la moitié de ses titres de transport et dispose chaque mois d'une vingtaine de tickets restaurant à 8,50 euros -dont elle ne paye que la moitié.

Embauchant une assistante maternelle pour sa petite fille, le jeune couple bénéficie de 200 euros de crédit d'impôts par mois, ainsi que de 170 euros mensuels d'allocations familiales.

Hélène et son conjoint mettent tous les mois les deux tiers de leurs revenus respectifs sur un compte commun, qui servira aux dépenses quotidiennes pour la maisonnée. La part d'Hélène s'élève donc à 1100 euros. Ce compte, crédité de 3000 euros au début du mois, est vide à la fin. 
 

Dépenses fixes : 1281 euros

Loyer et assistante maternelle

Pour les 60 mètres carrés dans le XIXe arrondissement de Paris où le trio a récemment emménagé, le loyer s'élève à 1220 euros. 760 euros sont consacrés chaque mois à l'assistante maternelle.

Factures

Le trio n'a pas la télé, dispose d'un ordinateur et de l'électroménager de base : la facture EDF n'excède pas la trentaine d'euros par mois. Pour le gaz, ça va changer, car la famille vient d'emménager dans une surface plus grande, donc plus chère à chauffer (chauffage au gaz). Le forfait Internet est de 20 euros par mois.  

Courses  

Un forfait Internet qui lui sert à acheter en ligne tout ce qui est nourriture de base, couches, produits ménagers et l'usuel : entre 150 et 180 euros par mois. Hélène et la maisonnée mangent des légumes bio, le panier s'élevant à 8 euros par semaine. Les courses effectuées ailleurs représentent une dépense d'environ 150 euros par mois.

Train

Le trio rend visite aux familles et belle-familles. Des voyages en train qui représentent un budget de 200 euros mensuels (« car bien sûr on a la carte Enfant+ »).

Du compte commun du couple partent donc mensuellement 2562 euros de dépenses fixes. Que le rayon X, opéré sur le seul porte-monnaie d'Hélène, divisera par deux : 1281 euros.

 

Un secteur où la notion de fixe est floue

Si le secteur de l'édition compte beaucoup de CDI et d'emplois fixes, il convient de pondérer. Afin de comprendre pourquoi, en dehors du tabou de l'argent dans ce milieu, il est quasi impossible de chiffrer régulièrement ses propres revenus.

Ce qu'Hélène décrit comme « petite main de l'édition » est un poste fixe, à horaires réguliers. Hélène n'est à priori concernée par la précarité du secteur telle que la vivent tous ceux qui se reconnaissent dans la condition d »« intellos précaires ». D'autes éditeurs le sont avec un statut de free-lance, donc payés au pourcentage de ventes. Certains éditeurs, ou assistant d'édition sont aussi romanciers.  

Les « petites mains de l'édition » ne sont certes pas précaires, mais, contraintes de vivre à Paris où « ça se passe », elles ne sont pas pas riches du tout.

 


Source : Eco89  14-05-2009

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